Le Centre pales­tinien des Droits humains (PCHR) accueille favo­ra­blement la décision de la Cour de justice espa­gnole d’enquêter sur les crimes de guerre commis dans la bande de Gaza

Centre palestinien des Droits humains (PCHR), lundi 2 février 2009

Le PCHR accueille favo­ra­blement la décision de la Cour nationale de Justice d’Espagne d’examiner les cas de sept Auto­rités mili­taires israé­liennes sus­pectées d’avoir commis des crimes de guerre dans la bande de Gaza.

La décision prise le 29 janvier 2009 par la plus haute ins­tance judi­ciaire de la Cour de Justice espa­gnole consiste à ins­truire les dos­siers de 7 sus­pects : l’ancien ministre de la Défense Ben­jamin Ben-​​Eliezer (qui est actuel­lement ministre des infra­struc­tures natio­nales), son ancien conseiller mili­taire, Michael Herzog, son ancien Chef d’état major Moshe Ya’alon, Dan Halutz, ancien com­mandant des forces aériennes israé­liennes, Abraham Dichter, ancien resoon­sable des Ser­vices de ren­sei­gne­ments, Doron Almog, ancien res­pon­sable du Com­man­dement Sud des Forces israé­liennes et Giora Eiland, ancien res­pon­sable du Conseil de la Sécurité Nationale israé­lienne. Ils devront se pré­senter en per­sonne devant la Cour en Espagne dans les 30 jours. Si les sus­pects ne se conforment pas à la décision de la Cour, celle-​​ci lancera des mandats inter­na­tionaux pour leur arrestation.

De plus si cette décision ne devait pas être suivie d’effets, la Cour d’ Espagne a annoncé que –si l’intention d’exterminer la popu­lation pales­ti­nienne peut être prouvée – l’inculpation pourrait se muer en « génocide ».

Le PCHR accueille favo­ra­blement cette décision comme un pas de plus vers la Justice à rendre aux sur­vi­vants d’une exé­cution de masse per­pétrée en dehors de tout recours au droit, par les FOI dans la bande de gaza en juillet 2002.

Il était environ minuit le 22 juillet 2002 quand un avion à réaction israélien a lâché une bombe d’une tonne sur la maison de Salah Shehada, Com­mandant des bri­gades Izzedeen El-​​Qassam, le bras armé du hamas. Shehada habitait dans le quartier de Daraj à Gaza ville. La bombe a tué Salah Shehada et 17 civils dont sa femme, sa fille, son garde du corps, 8 enfants dont un bébé de 2 mois, 2 per­sonnes âgées et deux femmes. 77 autres civils ont été blessés et 11 maisons com­plè­tement détruites.

En Juin 2008 le PCHR a entrepris une pour­suite judi­ciaire via la Cour de Justice espa­gnole. Après de longues consul­ta­tions auprès d’experts inter­na­tionaux, ceux-​​ci ont déclaré pos­sible la pour­suite en justice dans le cadre d’une juri­diction uni­ver­selle, les cas relevant de crimes de guerre commis par les FOI. Le PCHR note que des cas sem­blables - sus­pectés crimes de guerre - ont déjà été ins­truits par des cours israé­liennes mais n’avaient entraîné aucune condam­nation. Par contre, l’Instance judi­ciaire israé­lienne a été uti­lisée pour couvrir de la légalité, la per­pé­tration de crimes de guerre contre la popu­lation pales­ti­nienne. Elle a également servi d’outil de dis­si­mu­lation déli­bérée auprès de la juri­diction inter­na­tionale au pré­texte d’être un système judi­ciaire « loyal » ayant autorité en Israël.

Cette pour­suite en justice entre­prise par le PCHR s’inscrit dans le cadre de ses efforts rigoureux pour faire com­pa­raître les cri­minels de guerre israé­liens relevant de la juri­diction uni­ver­selle, auprès de cours de Justice en Suisse, nou­velle Zélande, Angle­terre et Espagne. Les inter­lo­cu­teurs espa­gnols avec le PCHR sont Antonio Segura, Gonzalo Boye, Juan Moreno et Raul Maillo. Ils ont déjà tra­vaillé sur plu­sieurs cas fla­grants relevant des Droits de l’Homme en par­ti­culier la défense de vic­times de la torture au Gua­temala et plu­sieurs demandes de com­pa­rution du général Augusto Pinochet pour le meurtre de citoyens espa­gnols alors qu’il était pré­sident du Chili.

Le PCHR avait déjà entrepris au Royaume Uni une pour­suite contre Doron Almog, Chef du Com­man­dement Sud de l’armée israé­lienne. Il avait gra­vement trans­gressé la 4ème convention de Genève dans l’exercice de sa fonction – ce qui est considéré par le Royaume Uni comme un crime au regard de la convention de Genève de 1948 -. Ayant atterri le 10 sep­tembre 2005 au Royaume Uni après qu’un mandat d’arrêt ait été pro­noncé contre lui et en ayant été informé Almog resta dans l’avion qui reprit aus­sitôt son vol pour Tel Aviv.