Le 29 mars à Metz

lundi 7 avril 2008

A Metz, une cen­taine de per­sonnes se sont ras­sem­blées sur la Place Saint-​​Louis le samedi 29 mars, à 16h00, à l’appel des groupes AFPS de Metz et Thion­ville, d’Artisans du Monde, du CCFD, du CPJPO Luxem­bourg, de la LDH , du MRAP et de l’UJFP.

Après une belle prise de parole de Bri­gitte (voir ci-​​dessous), Karem, jeune Pales­tinien de l’AFPS et Adam, jeune Israélien de l’UJFP ont planté ensemble un olivier. Puis Malika, de l’AFPS et Elias de l’UJFP ont dit des poèmes.

La mani­fes­tation s’est par­fai­tement déroulée avec une belle assemblée attentive et calme, portant de nom­breux pan­neaux (voir photos à cette adresse , si vous sou­haitez leurs fichiers ori­ginaux dites-​​nous les­quelles vous inté­ressent) , et ceci malgré les pro­vo­ca­tions : en effet, le Répu­blicain Lorrain s’était dis­pensé d’annoncer notre mani­fes­tation dans les journaux de la semaine, mais avait publié un article ten­dan­cieux et men­songer de France/​Israël le matin même, article destiné à dis­suader tout honnête homme de se joindre à nous (voir PJ).

Par la suite, un petit compte rendu de notre ras­sem­blement, avec photo, est paru dans le journal du dimanche.

Nous avons demandé le len­demain au RL de cor­riger les erreurs contenues dans l’article du 29 mars (voir PJ droit de réponse),mais rien n’a été fait. Demande de RdV est transmise ; la réponse tarde à venir…

Lors de la manif. une dizaine de contre-​​manifestants de France/​Israël s’est groupée à quelques mètres de nous avec les dra­peaux israé­liens et français lar­gement déployés ; nous n’ avons pas bronché, et l’on peut

Par ailleurs, nous avons distribué 500 tracts.

A noter que la nou­velle muni­ci­palité de gauche ne s’est pas déplacée, mais elle a accepté le principe d’une plan­tation pérenne de notre olivier dans l’espace public muni­cipal, sans doute à l’université ; Nathalie Griesbeck, député européen du Modem a par­ticipé à une partie de la manifestation.

En terme de bilan :
- le positif : * une relance du col­lectif à Metz avec par­ti­ci­pation cor­recte des orga­ni­sa­tions de la plate-​​forme, (à l’exception du Secours catho­lique) et notamment une vraie impli­cation de la LDH. * une amé­lio­ration de l’image de l’AFPS auprès de ses par­te­naires . * une cou­verture média­tique cor­recte du Répu­blicain Lorrain comparé à des actions pré­cé­dentes mais on est encore loin du compte… * pré­sence d’une radio local.

- le négatif : pas de télé pré­sente : c’était un de nos objectifs de départ ; on avait soigné le visuel dans cette éventualité !


29 mars 2008 à Metz, Place Saint Louis

Paix comme Palestine : 60 ans après, la paix par le Droit.

Nous com­mençons le ras­sem­blement organisé par les asso­cia­tions sui­vantes : Artisans du monde, l’Association France Palestine Soli­darité, le Comité Catho­lique contre la Faim et pour le Déve­lop­pement, le Comité pour une Paix Juste au Proche Orient du Luxem­bourg, la Ligue des Droits de l’Homme, le Mou­vement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples et l’Union Juive Fran­çaise pour la Paix.

En guise d’introduction, il me plait de citer les propos de Daniel Barenboïm, ce pres­ti­gieux chef d’orchestre qui a 4 natio­na­lités : argentine, fran­çaise, israé­lienne et depuis peu, pales­ti­nienne. Un jour­na­liste du Nouvel Obser­vateur lui pose la question : « le 15 mai 2008, Israël va fêter les 60 ans de son indépendance…qu’allez-vous faire ? » Réponse de D.B. : « je vais orga­niser un concert à Tel-​​Aviv qui s’appellera Jour de l’indépendance-Al Nakba parce que c’est ainsi que les Pales­ti­niens nomment ce jour-​​là . On ne peut fêter l’un en oubliant l’autre. »

C’est la raison même de notre ras­sem­blement d’aujourd’hui qui s’inscrit dans la cam­pagne nationale initiée par la Plate-​​Forme des ONG pour la Palestine « Paix comme Palestine : 60 ans après, la paix par le Droit » Les 60ans d’Israël, certes. Mais aussi, pour les Pales­ti­niens, les 60 ans de la non-​​création de leur Etat, les 60 ans, comme le rap­pelle Barenboïm, de la Nakba, c’est le mot arabe pour dire « catas­trophe » ; pré­ci­sément, la Nakba, c’est l’expulsion de 800 000 Pales­ti­niens de leur terre en 1948, avant et après la création de l’Etat d’Israël.

La date de notre ras­sem­blement n’a pas été choisie au hasard : nous sommes à la veille du 30 mars « journée de la terre » pour les Pales­ti­niens. Quelques mots d’histoire : le 30 mars 1976, pour pro­tester contre des expul­sions en Galilée –les expul­sions n’ont jamais cessé – les Pales­ti­niens d’Israël ont organisé une mani­fes­tation durement réprimée par l’armée israé­lienne : 8 morts. Depuis, chaque 30 mars, « la journée de la terre » est devenue un symbole de la lutte des Pales­ti­niens pour leur terre, une journée de mémoire contre l’absence et l’oubli et un moment fort de la soli­darité internationale.

Mais notre ras­sem­blement va au-​​delà d’une simple com­mé­mo­ration. Nous voulons aussi inter­peller nos conci­toyens et nos poli­tiques sur la dan­ge­reuse logique de guerre qui s’installe au Proche et au Moyen Orient ; pour nous en tenir au seul conflit israélo-​​palestinien, cette der­nière année a vu la reprise d’une dan­ge­reuse spirale de vio­lence : blocus de Gaza, lan­cement de roquettes sur la popu­lation civile de Sdérot en Israël, incur­sions mili­taires israé­liennes meur­trières à Gaza, attentat à Jérusalem…Face à l’escalade de la vio­lence des deux côtés, il est urgent de com­prendre que l’absence de solution poli­tique conduit à une radi­ca­li­sation des extrêmes, tant israé­liens que pales­ti­niens. Il est ugent de com­prendre que c’est l’occupation qui génère la vio­lence et non l’inverse. Nos res­pon­sables poli­tiques, en France et dans le cadre de l’Union euro­péenne, doivent imposer une logique de paix dans le respect du droit international.

Pour garder l’espoir, nous avons choisi de planter un olivier, ici, à Metz comme partout en France ; en effet, en même temps que nous, dans plus de qua­rante villes fran­çaises, il y a d’autres plan­teurs d’oliviers.

L’olivier, symbole de paix, commun à tout l’espace médi­ter­ranéen. Mais au-​​delà du symbole, il nous faut réfléchir sur le mot « paix ». C’est un mot magni­fique mais tel­lement manipulé, tel­lement ins­tru­men­talisé. Nous voulons la paix, Bush et Olmert veulent aussi la paix. Alors de quelle paix parle-​​t-​​on ?

Il ne peut y avoir de paix avec l’occupation : cela fait main­tenant 40 ans qu’Israël occupe la Cis­jor­danie, Jérusalem-​​Est et Gaza en contra­diction avec la réso­lution 242 de l’ONU de 1967. 40 ans d’occupation, ça suffit.

Il ne peut y avoir de paix avec la colo­ni­sation qui avance à Jérusalem-​​Est et à Bethléem avec la construction de nou­veaux loge­ments pour les colons, en contra­diction avec les enga­ge­ments signés par les Israé­liens à la confé­rence d’Annapolis.

Il ne peut y avoir de paix avec les 572 check­points réper­toriés par l’ONU en Octobre 2007 qui, sous pré­texte de sécurité, détruisent la vie écono­mique, sociale et même fami­liale des Pales­ti­niens de Cisjordanie.

Il ne peut y avoir de paix avec l’apartheid imposé de fait par les Israé­liens en Cis­jor­danie et à Jérusalem-​​Est : il y a des routes pour les colons israé­liens inter­dites aux Pales­ti­niens sur leur propre terre ; il y a des quar­tiers pales­ti­niens de Jérusalem-​​Est qui res­semblent de plus en plus à des ghettos : Shufat, Abu Dis.

Il ne peut y avoir de paix avec le Mur qui avance jour après jour, en dépit de l’avis de la Cour Inter­na­tionale de Justice (la plus haute juri­diction de l’ONU) du 9 juillet 2004 : le Mur vole de nou­velles terres pales­ti­niennes, vole de l’eau pales­ti­nienne, détruit des oli­ve­raies (depuis 2000, ce sont plus de 400 000 arbres qui ont été arrachés pour la construction du Mur)

Entre l’olivier et le mur, il faut choisir.

La paix, la vraie, a ses exi­gences et en premier lieu, le respect du droit inter­na­tional. Le droit protège le plus faible ; l’absence de droit, c’est la loi du plus fort, en l’occurrence les Etats-​​Unis et son allié israélien. Mais tous les obser­va­teurs savent qu’aucune solution basée sur la force ne peut aboutir ; seule une solution poli­tique négociée avec toutes les parties dans le respect du droit inter­na­tional, peut donner ses chances à la paix, à condition de res­pecter cer­taines étapes.

La 1ère étape, c’est le respect par Israël de ses obli­ga­tions définies par la 4ème Convention de Genève de 1949 : en tant que puis­sance occu­pante, Israël est tenu de res­pecter les droits de l’homme élémen­taires : le droit à la vie, le droit à l’éducation, le droit à la santé. La poli­tique de blocus imposée à Gaza est un crime de guerre selon cette 4ème Convention de Genève. La 1ère étape, ce sont aussi des gestes forts pour arrêter la colo­ni­sation : arrêt de toute nou­velle construction de colonie, arrêt de la construction du mur, sup­pression des checkpoints…

La 2ème étape vers la paix, c’est l’ouverture de négo­cia­tions entre Israé­liens et Pales­ti­niens. Des textes existent déjà qui vont dans le bon sens, que ce soit ce qui a été écrit à Taba en janvier 2001 ou dans le cadre dit de « l’accord de Genève » du 1er décembre 2003. Il est important d’en rap­peler les grandes lignes : réso­lution 181 de 1947 : le partage de la Palestine his­to­rique entre Israé­liens et Pales­ti­niens. Une terre pour deux peuples, deux peuples/​deux états : à côté de l’Etat israélien, un Etat pales­tinien, enfin. Il faudra aussi par­tager Jéru­salem. Réso­lution 194 de 1948 : le droit au retour des réfugiés pales­ti­niens ; le principe doit en être reconnu pas Israël, quitte à dis­cuter des moda­lités d’application. Réso­lution 242 de 1967 : la res­ti­tution par Israël des Ter­ri­toires occupés, à savoir Cis­jor­danie, Gaza et Jérusalem-​​Est, ces 3 ter­ri­toires devant former l’Etat pales­tinien avec Jérusalem-​​est comme capitale. Un Etat pales­tinien sur 22% de la Palestine his­to­rique, dans les fron­tières de 1967 : c’est ce que demandent les Pales­ti­niens depuis 1988 ; c’est ce qu’acceptent tous les états de la Ligue arabe depuis 2002. S’agit-il de cela dans les projets élaborés à Anna­polis par les Etats-​​Unis qui pro­mettent un Etat pales­tinien en 2008 ? on peut en douter…L’Etat pales­tinien voulu à Anna­polis est un Etat éclaté en ban­toustans par le jeu du maintien des grands blocs de colonies israé­liennes, avec une conti­nuité ter­ri­to­riale fictive par le jeu de tunnels et/​ou de ponts, ce qui fait dire à Michel War­schawski, un Israélien cou­rageux qui défend les droits des Pales­ti­niens, que son gou­ver­nement est en train d’inventer un Etat en 2D ! au-​​dessus, Israël ; en-​​dessous, la Palestine !

Nous tous, citoyens, ras­semblés aujourd’hui à Metz, nous voulons la paix pour tous les peuples de la région : paix pour les peuples israélien et pales­tinien : le meilleur avenir pour les Pales­ti­niens, c’est de faire la paix avec les Israé­liens ; le meilleur avenir pour le peuple israélien, c’est de faire la paix avec les Pales­ti­niens. L’avenir des deux peuples est indis­so­lu­blement lié.

Paix pour le peuple libanais, paix pour le peuple syrien, paix pour le peuple irakien, paix pour le peuple iranien.

Paix pour les peuples du monde entier, par­ti­cu­liè­rement aujourd’hui pour le peuple tibétain.

C’est au nom de cette exi­gence de paix que Karem, le pales­tinien et Adam, l’israélien vont main­tenant planter un olivier.

Artisans du monde ; AFPS ; CCFD ; CPJPO ; LDH ; MRAP ; UJFP.


Droit de réponse envoyé le 30/​3 à la rédaction du Répu­blicain Lorrain par l’AFPS

L’article du 29/​3 concernant les inter­ro­ga­tions de « France/​Israël » au sujet de la plan­tation d’un olivier de la Paix à Metz amène cette mise au point des organisateurs

1) L’AFPS n’est pas l’Association des Pales­ti­niens de France, mais l’Association France Palestine Soli­darité, asso­ciation de réfé­rence pour défendre l’application du Droit Inter­na­tional en Palestine

2) L’initiative de la mani­fes­tation n’était pas limitée à l’AFPS et à l’UJFP ( Union Juive Fran­çaise pour la Paix) mais revenait à un col­lectif d’associations, toutes reconnues pour leur éthique et leur défense des Droits uni­versels, à savoir Artisans du Monde, le Comité Catho­lique contre la Faim et pour le Déve­lop­pement (CCFD), Le Comité pour une Paix Juste au Proche-​​Orient-​​Luxembourg (CPJPO), la Ligue des Droits de l’Homme (LDH), le Mou­vement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP)

3) La manifestation était naturellement autorisée

Pour le reste, la tenue irré­pro­chable de notre mani­fes­tation était la meilleure réponse que nous pou­vions apporter à nos détrac­teurs et nous laissons au « citoyen de bonne foi » le soin de se faire son opinion.

Documents joints