La trêve entre le Hamas et Israël a pris fin

Mai Yaghi, vendredi 19 décembre 2008

Jeudi 18 décembre, le Hamas avait indiqué que la trêve ne serait pas recon­duite, arguant qu’Israël n’avait pas res­pecté ses enga­ge­ments, en tête des­quels la levée du blocus de la bande de Gaza

Une trêve entre Israël et le mou­vement isla­miste pales­tinien Hamas a pris fin ven­dredi, ris­quant de mettre le feu aux poudres, après six mois de calme relatif dans et autour de la bande de Gaza.

La branche armée du Hamas, les Bri­gades Ezzedine Al-​​Qassam, a annoncé peu après 06H00 (04H00 GMT) la fin offi­cielle de la trêve des vio­lences, qui était entrée en vigueur le 19 juin, après une médiation égyptienne.

"La trêve a pris fin et ne sera pas renou­velée car l’ennemi sio­niste n’a pas res­pecté ses condi­tions. L’occupation porte la res­pon­sa­bilité des consé­quences", a affirmé le groupe armé sur son site internet.

"Nous lançons un aver­tis­sement à l’ennemi sio­niste : toute agression contre la bande de Gaza ou tout nouveau crime déclen­chera un affron­tement à grande échelle et nous ripos­terons très durement", a pour­suivi le groupe.

Peu après cette annonce, deux roquettes ont été tirées sans faire de victime par des Pales­ti­niens à partir de Gaza sur le sud d’Israël, et des agri­cul­teurs tra­vaillant près de la fron­tière ont essuyé des tirs qui ont endommagé un véhicule, selon une source mili­taire israélienne.

Le Jihad isla­mique a reven­diqué dans un com­mu­niqué le tir de trois roquettes, affirmant qu’elles étaient une réponse à la mort d’un de ses membres, tué mardi à Jénine (Cis­jor­danie) par l’armée israélienne.

Jeudi, le Hamas avait indiqué que la trêve ne serait pas recon­duite, arguant qu’Israël n’avait pas res­pecté ses enga­ge­ments, en tête des­quels la levée du blocus de la bande de Gaza, entiè­rement coupée du monde et appro­vi­sionnée par les tunnels sous-​​terrains avec l’Egypte.

Israël affirme avoir bouclé la bande de Gaza en raison des nom­breux tirs de roquettes, inter­venus après un regain de vio­lence début novembre à la suite d’une opé­ration mili­taire israé­lienne limitée pour détruire un tunnel.

Les deux parties ont tou­tefois affirmé qu’ils ne seraient pas les pre­miers à lancer des hos­ti­lités de grande envergure, laissant ouverte la pos­si­bilité d’une trêve officieuse.

Le Hamas agira "confor­mément à la situation sur le terrain", en allusion à une riposte à une opé­ration mili­taire israé­lienne, a affirmé jeudi un porte-​​parole du Hamas, Fawzi Barhoum.

Le ministre de la Défense israélien, Ehud Barak, n’a eu de cesse de répéter de son côté qu’Israël répon­drait "au calme par le calme". Mais, a-​​t-​​il ajouté, Israël n’a "pas peur de lancer une opé­ration mili­taire de grande envergure dans Gaza", ajoutant cependant qu’il était "inutile de se précipiter".

L’état-major a envisagé jeudi plu­sieurs ripostes pos­sibles à la reprise des tirs de roquettes, écartant pour l’heure une offensive géné­ra­lisée mais non des attaques ponc­tuelles, selon la radio publique israélienne.

Le gou­ver­nement doit dis­cuter lors de sa réunion heb­do­ma­daire dimanche des mesures à prendre, alors que des ministres et l’opposition de droite le pressent d’agir avec beaucoup plus de fermeté.

"Israël doit agir. Cela ne veut pas dire qu’il faille réoc­cuper la bande de Gaza. Mais on peut frapper le Hamas de façon beaucoup plus dure, pour l’obliger comme cela a été le cas en 2004 à accepter une trêve dans une position de fai­blesse", a déclaré à la radio mili­taire l’ancien chef d’état-major Moshe Yaalon, can­didat du Likoud (droite) aux légis­la­tives du 10 février.

Sur le plan diplo­ma­tique, l’envoyé spécial des Nations unies pour le Proche-​​Orient, Robert Serry, a mis en garde jeudi le Conseil de sécurité de l’ONU contre les risques d’"une escalade majeure de la vio­lence qui aurait des consé­quences graves" pour la popu­lation civile en Israël et dans la bande de Gaza.

A la veille de l’expiration de la trêve, onze roquettes et des obus de mortier avaient été tirés contre le sud d’Israël sans faire ni vic­times ni dégâts, selon une source mili­taire. En repré­sailles, Israël a mené plu­sieurs raids aériens.