La récolte des olives a commencé en Cisjordanie

En Cisjordanie, la récolte des olives a débuté il y tout juste une semaine. Une récolte qui tombe en pleines fêtes juives ce qui a poussé l’armée et la police israélienne à envoyer des renforts.

Nicolas Ropert et Alexis Morel, France Info, mardi 18 octobre 2016

La famille Besharyeh ramasse des olives dans le village d'Aboud, au Nord de Ramallah. (NICOLAS ROPERT)

Israel veut empêcher des attaques de Palestiniens mais veut aussi éviter des violences de la part des extrémistes juifs en Cisjordanie. La période de la récolte des olives est toujours un moment de tensions.

Nicolas Ropert, correspondant de franceinfo dans la région, a retrouvé la famille Besharyeh dans son champ d’oliviers dans le village d’Aboud, au Nord de Ramallah. Dès 7 heures du matin, une partie de la famille était déjà en plein travail. Comme tous les ans, Marina et son frère Mario ont pris une journée de congés pour venir aider le reste de la famille. Ils possèdent une cinquantaine d’oliviers sur leur terrain. Différentes techniques soit avec un peigne en plastique spécialement conçu qui permet de récupérer les olives, soit avec un bâton pour les faire tomber sur la bâche posée en amont. Nicolas et cette famille ont oeuvré du matin jusqu’à la tombée de la nuit. Au total, ils sont repartis avec sept sacs pleins d’olives, soit environ 40 litres d’huile d’olives.

Pourquoi est-ce que la récolte des olives est un moment si important pour les Palestiniens ?

En dehors de l’aspect convivial (tout le monde se retrouve dehors), les olives représentent la richesse des Palestiniens. En Cisjordanie, les oliviers recouvrent un champ sur deux. L’olive représente, rendez-vous compte, 14% du produit intérieur brut palestinien. C’est évidemment la première ressource agricole devant le raisin ou les dattes qui arrivent loin derrière. Les familles palestiniennes utilisent ces olives pour produire l’huile d’olive. L’huile est ensuite distribuée dans les familles. Le surplus est vendu.

C’est aussi un moyen pour les Palestiniens, de se reconnecter à leur terre. Ces terrains sont bien souvent convoités par les colons israéliens qui résident illégalement en Cisjordanie. Ils cherchent régulièrement à étendre leur colonie. Certains Palestiniens n’obtiennent l’accès à leur champ seulement quelques jours par an pour précisément cueillir leurs olives. Cela renforce l’importance de ce moment.

Un moment de tension avec les colons israéliens

Selon l’ONU, 221 cas de violences de colons contre des palestiniens ont été comptabilisés l’an dernier. Beaucoup de ces incidents ont lieu pendant la récolte des olives où des colons n’hésitent pas à pénétrer dans les champs des palestiniens à voler du matériel ou à dégrader les arbres. Le terrain de la famille Besharyeh est situé au pied de la colonie d’Ofarim. Ils racontent être régulièrement victimes d’intimidation ou de menaces. Le jour où Nicolas Ropert les a accompagnés, la situation était calme mais plusieurs cas de violence se sont produits ces derniers jours, non loin du village d’Aboud.

Récole des olives de la famille Besharyeh dans le village d'Aboud, au Nord de Ramallah. (NICOLAS ROPERT)