La presse internationale proteste contre son interdiction de séjour à Gaza

AP, jeudi 20 novembre 2008

Les patrons des prin­cipaux organes de presse de la planète, ainsi que l’organisation de défense de la liberté de la presse Reporters sans Fron­tières (RSF) ont pro­testé auprès du gou­ver­nement israélien contre sa décision d’interdire l’accès de la Bande de Gaza à tous les jour­na­listes depuis deux semaines.

"Nous sommes très inquiets de (cette) inter­diction d’accès pro­longée et sans pré­cédent", écrivent notamment les diri­geants des grandes agences de presse et des prin­ci­pales chaînes de télé­vision anglo-​​saxonnes, ainsi que du New York Times ou du Los Angeles Times, dans une lettre au Premier ministre.

Israël a bouclé le ter­ri­toire pales­tinien après une recru­des­cence des tirs de roquettes [1]. N’entrent plus que les biens d’urgence vitale, et ne peuvent cir­culer, pour ce qui est des per­sonnes, que les cas médicaux graves et une poignée d’humanitaires. Une situation qui a été dénoncée par l’ONU, qui craint une crise huma­ni­taire grave dans le ter­ri­toire où vivent 1,4 mil­lions de Palestiniens.

Selon Mark Regev, porte-​​parole de Ehoud Olmert, les jour­na­listes ne sont pas spé­ci­fi­quement visés, mais affectés par la décision générale de fermer les points de passage : "il n’y a pas de poli­tique des­tinée à empêcher la presse d’entrer à Gaza, et dès que la situation sécu­ri­taire per­mettra un fonc­tion­nement normal des points de passage, les jour­na­listes, comme tous ceux qui en ont subi les incon­vé­nients, pourront recom­mencer à uti­liser les points de passage", a-​​t-​​il déclaré.

Jusqu’ici, le gou­ver­nement israélien auto­risait la presse étrangère à entrer à Gaza, même en cas de vio­lents combats. Depuis deux semaines, seuls les jour­na­listes qui étaient sur place avant le bou­clage ou les cor­res­pon­dants locaux pales­ti­niens assurent la cou­verture de l’actualité dans le territoire.

L’association israé­lienne de la presse étrangère a également condamné cette inter­diction, le Hamas estimant quant à lui, selon son porte-​​parole Ghazi Hamad, qu’elle fait partie de la volonté israé­lienne d’isoler encore plus le ter­ri­toire. AP

[1] inexact : la recru­des­cence a SUIVI une énième invasion israé­lienne et la mort de plu­sieurs résistants