La police israélienne recommande l’inculpation d’Ehoud Olmert

Le Monde et dépêches, lundi 8 septembre 2008

La police israé­lienne a déclaré qu’elle recom­mandait l’inculpation de l’actuel premier ministre Ehoud Olmert dans deux affaires de cor­ruption et de fraude, dimanche 7 septembre.

Les auto­rités assurent avoir recueilli assez de preuves pour pour­suivre M. Olmert pour "cor­ruption" et "abus de confiance" dans deux des six dos­siers l’impliquant, et demandent un nouvel entretien avec le premier ministre avant de rendre leurs conclu­sions dans une troi­sième affaire, concernant cette fois-​​ci des nomi­na­tions abusives.

M. Olmert, qui a d’ores et déjà annoncé qu’il démis­sion­nerait le 17 sep­tembre après l’élection de son suc­cesseur à la tête du parti cen­triste Kadima, n’a pas offi­ciel­lement réagi. Ses avocats ont en revanche estimé qu’"il aurait été pré­fé­rable pour la police de s’abstenir tota­lement d’exprimer ses opi­nions sur une question qui ne relève ni de sa juri­diction ni de son autorité". "La seule per­sonne auto­risée par la loi à décider de l’inculpation d’un Premier ministre est le pro­cureur général", ont-​​ils rappelé dans un com­mu­niqué. La police et le ministère public peuvent en effet recom­mander des pour­suites, mais seul le pro­cureur, Menahem Mazuz, peut offi­ciel­lement mettre en examen un premier ministre. M. Mazuz devrait s’exprimer au cours des semaines à venir.

Les enquê­teurs ont précisé qu’ils dis­po­saient d’éléments prouvant que M. Olmert avait reçu illé­ga­lement de l’argent de l’homme d’affaires amé­ricain Morris Talansky. "L’enquête a montré que Talansky avait versé d’importantes sommes d’argent en liquide et de façon illégale à Olmert pendant des années, au moins à partir de 1997" alors qu’il était maire de Jéru­salem, ministre de l’industrie et du com­merce, explique le com­mu­niqué de la police. Le premier ministre a déjà admis avoir reçu de l’argent de M. Talansky, mais a clamé son inno­cence. Morris Talansky a quant à lui reconnu avoir versé à M. Olmert, pendant quinze ans, des enve­loppes d’argent liquide d’un montant global de 150 000 dollars. En échange, l’homme poli­tique aurait favorisé ses activités.