La malédiction de Sabra-​​Chatila

René Naba, dimanche 14 septembre 2008

Il y a 26 ans les forces pha­lan­gistes liba­naises mas­sa­craient des mil­liers de Pales­ti­niens à Bey­routh, sous la super­vision de l’armée israé­lienne (notamment le sinistre général Sharon) qui avait envahi le Liban.

" Avec une régu­larité de métronome, la malé­diction de Sabra-​​Chatila frappe ses pro­mo­teurs, souvent de manière vio­lente, n’épargnant pra­ti­quement aucun de ses pro­ta­go­nistes, comme l’expression d’une sorte de justice imma­nente, vingt six ans après ce mas­sacre de sang froid de près de trois mille civils des camps pales­ti­niens de Sabra-​​Chatila, dans la ban­lieue sud-​​est de Beyrouth.

Hormis le rapport Kahanna de la com­mission d’enquête israé­lienne sur ce mas­sacre et le bou­le­versant témoi­gnage de l’écrivain français Jean Genêt « quatre heures à Chatila » consigné à l’automne 1983 dans la Revue d’Etudes Pales­ti­niennes, aucune œuvre de l’esprit, pas plus un film, qu’un docu­men­taire, qu’un récit his­to­rique, encore moins un « roman-​​enquête », -la tech­nique de nar­ration pré­férée du phi­lo­sophe Bernard Henry Lévy pour tor­turer la vérité et titiller l’imagination et la curiosité de ses zélateurs-​​, n’est venu éclairer ne serait-​​ce que d’un simple faisceau lumineux cette effroyable bou­cherie commise, sans dis­cer­nement, par les milices chré­tiennes liba­naises, télé­guidée par la sol­da­tesque israé­lienne, ivre de colère devant l’échec de leur plan de mainmise sur le Liban.

Depuis 26 ans, une chape de plomb s’est abattue sur cet épisode peu glo­rieux de l’armée israé­lienne au Liban, ter­nissant sa répu­tation au point de mettre à mal le mot d’ordre jus­ti­fi­catif de ses excès, la « pureté des armes » israé­liennes, au point de bou­le­verser la per­ception de l’opinion inter­na­tionale à l’égard d’Israël. Près de trois mille civils pales­ti­niens seront mas­sacrés pendant deux jours, du 15 au 17 sep­tembre 1982, dans une opé­ration ordonnée pour venger l’assassinat de Bachir Gemayel, chef des Forces Liba­naises, fraî­chement élu à la pré­si­dence de la Répu­blique Liba­naise et assassiné à la veille de son entrée en fonction. Par la gra­tuité de sa vio­lence aveugle, cet acte fut comparé en son temps par le Pré­sident François Mit­terrand à Ouradour sur Glane, du nom d’une opé­ration ana­logue commise par l‘armée alle­mande à l’encontre des habi­tants de la bourgade fran­çaise en guise de repré­sailles à l’assassinat de soldats alle­mands en France.

Vingt six ans après que sont les protagonistes de ce drame devenus.

1-​​ Le clan Gemayel, le grand perdant de l’affaire malgré deux présidents.

Bachir Gemayel, qui rêvait de raser les camps pales­ti­niens en une loin­taine anti­ci­pation des épura­tions eth­niques des guerres post-​​communistes de la décennie 1990, pour faire de son pays un paradis sur terre aseptisé des petites misères des grandes for­tunes, ce chef mili­taire d’une com­mu­nauté chré­tienne mino­ri­taire d’un monde arabe majo­ri­tai­rement musulman, qui s’est allié au prin­cipal ennemi du Monde arabe pour par­venir à la magis­trature suprême, l’homme qui sou­tenait pour ce faire qu’il existait un « peuple de trop au Moyen-​​Orient », ignorant que ce peuple de trop pouvait être un jour le peuple des chré­tiens arabes, réalisa bien son rêve.

Il fut élu à l’ombre des blindés israé­liens, pré­sident du Liban, sans tou­tefois jamais savourer la jouis­sance du pouvoir suprême, pas même un court instant : Il sera pul­vérisé par une explosion dans son quartier général de Beyrouth-​​est, la veille de la pres­tation de son serment présidentiel.

Depuis lors, la famille Gemayel accumule malheur sur malheur. De son propre fait et de ses méfaits. Son his­toire n’est pas une saga à la Kennedy comme se plaisent à la popu­la­riser des gazettes occi­den­tales com­plai­santes, mais une longue com­plainte de larmes et de sang, dont ils en sont les prin­cipaux responsables.

Bachir a été assassiné à 35 ans, en 1982, son neveu, Pierre Amine Gemayel, le sera à 34 ans, en 2006, dans son fief élec­toral de Jdeiddeh, dans le Metn, alors qu’une vio­lente offensive diplomatico-​​militaire israélo-​​américaine était à nouveau lancée en direction du Moyen orient en vue de mettre au pas les contes­ta­taires de la « Pax Ame­ricana ». Amine Gemayel, l’aîné du clan, qui succéda à la tête de l’Etat à son frère cadet à la suite de son assas­sinat, et qui ambi­tionnait de suc­céder au poste de député à son fils assassiné, a vécu une sorte d’assassinat poli­tique lors de sa défaite élec­torale en 2007 dans son propre fief du Metn, battu par un inconnu, en dépit de la sym­pathie vil­la­geoise sus­citée par la tra­gédie fami­liale. Sa mise en cause du patrio­tisme des Libanais de souche armé­nienne qui lui ont fait défaut durant cette élection a démontré l’ampleur de son dépit face à cette cui­sante défaite inat­tendue en même temps qu’elle a révélé une xéno­phobie pri­maire et rance dans les cercles diri­geants libanais dès lors que leurs intérêts cla­niques sont en cause.

Si la famille Gemayel a réussi à placer deux pré­si­dents à la tête de l’Etat libanais, des membres d’une même fratrie qui plus est, elle passe pour être le grand perdant de la vie poli­tique liba­naise, avec deux assas­sinats au sein de cette famille, sans aucune visi­bilité par­le­men­taire ou minis­té­rielle, son traité de paix avec Israël pul­vérisé par ses contes­ta­taires, et, suprême humi­liation pour ce sei­gneur du terroir, le chef du clan pré­si­dentiel, Amine, contraint à l’exil en France, pendant quinze ans dix (19852000), au terme d’une man­dature peu glo­rieuse, le lea­dership chrétien âprement contesté désormais entre deux diri­geants, -le général Michel Aoun, chef du Courant Patrio­tique Libanais (CPL) et Samir Geagea, d’anciens subor­donnés de la famille Gemayel du temps de la pré­si­dence familiale.

2-​​Menahem Begin et son « cheval fou » Ariel Sharon

Sur le plan israélien, l’opération « Paix en Galilée » a pré­cipité la réclusion poli­tique de Menahem Begin, chef his­to­rique de la droite mes­sia­nique israé­lienne et premier ministre au moment de l’invasion du Liban, victime direct des embardées incon­trôlées de son « cheval fou », le général Ariel Sharon, ministre de la défense, et des visions bibliques propres à la droite radicale israé­lienne qu’il a encou­ragées dans cette voie pendant le demi siècle qu’il a présidé ce mouvement.

Ariel Sharon : plus qu’un long dis­cours, une simple séquence du film « Valse avec Bachir » résume mieux que tout le per­sonnage, ses ambi­tions et ses contra­dic­tions. Par une fiction nar­rative, le cinéaste israélien, réa­li­sateur du film, Ari Folman, pro­jette une conver­sation télé­pho­nique entre Menahem Begin et Ariel Sharon, au len­demain des mas­sacres de Sabra-​​Chatila.

Nul­lement incommodé par cette effroyable bou­cherie, tenant d’une main son combiné, opinant régu­liè­rement du chef en direction de son supé­rieur hié­rar­chique, l’homme à l’embonpoint légen­daire, gardait les yeux rivés sur dix œufs aux plats qu’il s’était com­mandé pour son petit déjeuner, …….comme indif­férent aux mal­heurs des autres, se pré­oc­cupant surtout durant cette conver­sation de satis­faire, au propre comme au figuré, son féroce appétit du pouvoir en même temps que sa bou­limie ali­men­taire. L’appétit du pouvoir, il la satisfera en devenant premier ministre 18 ans après Sabra Chatila, sa bou­limie ali­men­taire, elle le ter­rassera ainsi que sa car­rière poli­tique, en le plon­geant dans un coma cinq ans plus tard….en état de conti­guïté passive avec ses anciennes vic­times. Une séquence qui passera dans l’histoire comme un morceau d’anthologie poli­tique et illustre plus que tout l’autisme de la classe poli­tique israé­lienne à son envi­ron­nement arabe, par­ti­cu­liè­rement palestinien.

Le rêve d’un Liban fort havre des Chré­tiens d’Orient est tombé en lam­beaux. L’équipée de Bachir, par­ti­cu­liè­rement son alliance avec l’ennemi officiel du monde arabe, a entraîné un déclas­sement des pré­ro­ga­tives consti­tu­tion­nelles des Chré­tiens libanais, prin­ci­pa­lement les Maro­nites, dans le nouvel arran­gement inter­li­banais conclu à Taëf, sous l’égide de l’Arabie saoudite, pour mettre fin à la guerre en 1989. Les camps pales­ti­niens sont demeurés à la péri­phérie de Bey­routh, avec une popu­lation plus nom­breuse et rajeunie, comme un pied de nez à la famille Gemayel, désormais comme mar­gi­na­lisée dans l’échiquier poli­tique par l’avènement de l’ancien lieu­tenant de Bachir, Samir Geagea, un ambi­tieux à la férocité redou­table, au premier plan de la scène chrétienne.

Bey­routh qui fut la res­pi­ration du monde arabe et sa conscience cri­tique pendant un demi siècle, assume désormais de sur­croît une fonction trau­ma­tique dans la conscience col­lective israé­lienne puisqu’elle reven­dique le pri­vilège unique au Monde d’avoir sym­bolisé, à deux reprises dans l’histoire contem­po­raine, la résis­tance arabe à l’hégémonie israélo-​​américaine :

La pre­mière fois, en 1982, lors du siège de la capitale liba­naise par le général Ariel Sharon, du temps où le sun­nisme s’identifiait au combat natio­na­liste, depuis le fief du sun­nisme libanais à Beyrouth-​​Ouest,

La deuxième fois, en 2006, depuis Beyrouth-​​sud, cette fois, (ad dahyah), lit­té­ra­lement la ban­lieue sud de la capitale, le fief chiite de la capitale, du temps du coma du général Ariel Sharon, où le chiisme libanais sup­pléant la vas­sa­li­sation du sun­nisme arabe à l’axe israélo-​​américain prenait sa relève en vue de péren­niser le combat natio­na­liste arabe.

Le soutien des com­man­dants en chef suc­cessifs de l’armée liba­naise –le Général Emile Lahoud, le général Michel Aoun et la sym­pathie mani­festée par le nouveau Pré­sident de la Répu­blique, le général Michel Sleimane, ancien com­mandant en chef de l’armée, à la Résis­tance nationale Liba­naise agglo­mérée autour de son noyau dur, le Hez­bollah chiite, témoigne, par contrecoup, du souci de la hié­rarchie mili­taire chré­tienne de brider les pul­sions mor­ti­fères des « têtes brûlées » de l’ordre milicien, si pré­ju­di­ciables au camp chrétien

3 - Elie Hobeika et Samir Geagea, les deux lieu­te­nants de Bachir, des pré­da­teurs insatiables.

En sa qualité de res­pon­sable du service de ren­sei­gnement de la for­mation para­mi­li­taire liba­naise, Elie Hobeika, un des deux lieu­te­nants de Bachir Gemayel, est considéré comme l’un des prin­cipaux res­pon­sables des mas­sacres de Sabra-​​Chatila, au même titre que Samir Geagea, res­pon­sable opé­ra­tionnel des « Forces Liba­naises », qu’une impi­toyable guerre de suc­cession va épuiser au point de mar­gi­na­liser la prin­cipale for­mation para­mi­li­taire du camp chrétien du temps de la guerre.

Le premier qui va dégainer et déclencher les hos­ti­lités sera Elie Hobeika : Par dévotion à l’égard de Bachir, il fomentera 24 mois après son assas­sinat un coup de force contre le pré­sident Amine Gemayel pour s’emparer du parti et de son trésor de guerre. Allié d’Israël, il tournera casaque en 1985 pour rallier la Syrie avant d’être évincé à son tour par Samir Geagea. Piètre per­for­mance pour un homme en charge du ren­sei­gnement. Exilé du Liban, il reviendra par la grande porte à la fin de la guerre inter­fac­tion­nelle et l’instauration d’une « pax syriana ». Suprême consé­cration, il siègera même au sein des gou­ver­ne­ments libanais suc­cessifs y compris, en 1992, celui de Rafic Hariri, le mil­liar­daire libano-​​saoudien et prin­cipal bailleur de fonds des milices liba­naises, assassiné en 2005.

Peu avant sa mort vio­lente, il s’était retourné contre Israël et se pro­posait de témoigner contre Ariel Sharon dans le procès intenté contre lui en Bel­gique pour « crime contre l’humanité ». Il aurait voulu mettre en cause des unités com­mando de l’armée israé­lienne (les Sayeret Matkal) qui auraient œuvré sans uni­forme dans le dérou­lement du mas­sacre. Comme aupa­ravant Bachir et ulté­rieu­rement le neveu du chef pha­lan­giste, Pierre Amine Gemayel, Elie Hobeika est mort par suite d’un attentat à la voiture piégée devant son domicile le 24 janvier 2002, à l’âge de 46 ans.

Son élimi­nation n’a suscité aucune demande d’enquête de la com­mu­nauté inter­na­tionale. Les pré­pa­ratifs de l’invasion amé­ri­caine de l’Irak, il est vrai, allaient bon train, de même que la mise à l‘index de la Syrie, via la « Syria Accoun­ta­bility Act », adoptée en 2003. Il importait de ne pas se laisser dévier de cet objectif majeur de la stra­tégie israélo-​​américaine par la mort d’une per­sonne, dont l’élimination arran­geait beaucoup de monde : le premier ministre israélien Ariel Sharon, direc­tement visé par son pos­sible témoi­gnage à Bruxelles, Samir Geagea, son rival per­manent, Amine Gemayel, son ancien chef à qui il a ravi le parti pha­lan­giste, des époux contrariés et iras­cibles à en juger par les conquêtes fémi­nines qui lui sont attri­buées, enfin pour être complet, la Syrie, tant l’implication de ce pays dans toutes les affaires du Moyen orient est un exercice de style obligé pour tous les chro­ni­queurs occidentaux.

Samir Geagea

Son pseu­donyme ne doit pas faire illusion : il emprunte à l’amphibologie, tout comme son per­sonnage à l’ambivalence. « Al Hakim », son non de guerre, qui signifie le sage ou le médecin, n’a jamais été sage dans son com­por­tement bel­li­queux, au delà de toute mesure et démesure, ni docte, ni médecin, dont il ne détient pas non plus le grade uni­ver­si­taire. C’est là sa pre­mière usur­pation. Celui que sa for­mation uni­ver­si­taire aurait dû des­tiner à un com­por­tement d’humanité, s’est révélé être l’un des plus inhu­mains chefs de guerre, l’implacable fos­soyeur du camp chrétien, res­pon­sable de la déca­pi­tation de la famille Frangieh, en 1978, n’épargnant rien ni per­sonne de cette grande famille du nord du Liban, pourtant ses voisins, pas plus une petite fillette de trois ans que le chien de garde devant la maison.

Réci­di­viste en 1980, il donnera l’assaut contre le fief de l’autre allié des pha­lan­gistes, les milices du PNL (Parti National libéral) du pré­sident Camille Chamoun, à Faqra, dans la région mon­ta­gneuse du Liban, noyant dans le sang des forces chré­tiennes pourtant alliées au sein d’une même coa­lition. En juillet 1983, il engagera le combat de la mon­tagne du Chouf contre la milice druze conduite par Walid, le fils et suc­cesseur de Kamal Joum­blatt, le chef du parti socia­liste pro­gres­siste et chef de la com­mu­nauté druze. Son offensive s’était soldée par la des­truction de 60 vil­lages et de l’exode d’une popu­lation chré­tienne de plus de 250.000 habi­tants du Chouf, mettant un terme à un siècle de convi­vialité druzo-​​chrétienne dans le Chouf. Il en sera de même avec des résultats iden­tiques à Saida, chef lieu du sud-​​Liban et à Zahlé, dans le centre du Liban, en 1985, Piètre bilan pour le défenseur des mino­rités chré­tiennes opprimées, que son bel­li­cisme opprimera plus dura­blement que l’hostilité de leurs adversaires.

La liste n’est pas limi­tative. En 1988, à la fin du mandat du pré­sident Amine Gemayel, Samir Geagea se trouvait à la tête d’une entre­prise prospère sou­tenue par une machine de guerre bien rodée. L’épreuve de force qu’il engagera contre le général Michel Aoun, com­mandant en chef et premier ministre inté­ri­maire, achèvera d’épuiser le camp chrétien, le général Aoun prenant le chemin de l’exil vers Paris où il demeurera quinze ans et Samir Geagea, le chemin de la prison où il croupira pendant près de dix ans.

L’assassinat de l’ancien premier ministre Rafic Hariri, en février 2005, donnera lieu à un invrai­sem­blable retour­nement d’alliance coa­lisant les anciens chefs de guerre anta­go­nistes et leur bailleur de fonds : Walid Joum­blatt, Samir Geagea, Amine Gemayel et Saad Hariri. Si elle débouche sur la libé­ration de Samir Geagea à la faveur du vote d’une loi d’amnistie amné­siante, cette coa­lition hété­ro­clite et sans crédit consti­tuera le point faible du dis­po­sitif occi­dental en vue de pré­server le pouvoir libanais dans son giron.

Samir Geagea est l’unique rescapé de prin­cipaux pro­ta­go­nistes de l’affaire de Sabra-​​Chatila, dont le grand vain­queur moral pourrait être, a pos­te­riori et para­doxa­lement, Soleimane Frangieh, le rescapé du mas­sacre fon­dateur de son autorité.

Dans un pays trans­formé depuis long­temps en un gigan­tesque cime­tière, Soleimane Frangieh, dont la famille a servi de banc d’essai à la bou­cherie de Sabra-​​Chatila, bridera ses ins­tincts guer­riers pour accorder le pardon des offenses, seul diri­geant libanais à avoir accompli ce geste de grandeur morale, ren­voyant à sa vilénie le bourreau de sa propre famille.

Des ana­lystes de la scène liba­naise sou­tiennent qu’une percée poli­tique de Nadim Gemayel, fils du Pré­sident assassiné Bachir et son véri­table héritier poli­tique, à tout le moins de son cousin germain Sami, fils d’Amine, tour­nerait au cau­chemar pour Samir Geagea, en le privant de toute légi­timité popu­laire et poli­tique, le ren­voyant du même coup à ses fan­tasmes. A moins qu’ « Al-​​Hakim », cou­tumier de telles manœuvres de contour­nement, n’anticipe cet événement en un mou­vement de confi­nement en vue de museler les héri­tiers Gemayel, une mesure d’autant plus impé­rative que l’absence d’héritiers bio­lo­giques le fra­gilise en même temps qu’elle frappe de pré­carité la péren­ni­sation de son projet poli­tique, le mettant à la merci d‘un mauvais coup du sort.

Samir Geagea a ainsi donc pro­vi­soi­rement échappé à la justice des hommes. Per­sonnage funeste sans pro­gé­niture, sans remords, seul face à ses méfaits, seul face à ses fan­tômes, entravé de ses for­faits, tâches indé­lé­biles, il pourrait dif­fi­ci­lement se sous­traire au châ­timent de l’Histoire…. . A n’en pas douter, l’œil sera dans la tombe et regardera Caïn.

Paix à l’âme des vic­times des camps pales­ti­niens de Sabra-​​Chatila et que la terre des hommes leur soit légère."