La démo­lition continue pour la com­mu­nauté bédouine des Arab Jahalin, à Jérusalem-​​Est

Stop the Wall, lundi 16 février 2009

Les forces d’occupation ont détruit des tentes appar­tenant à cinq familles de la com­mu­nauté bédouine Arab Al Jahalin, laissant 30 per­sonnes dont 15 enfants, sans abri.

Ces familles font partie de cette com­mu­nauté menacée d’expulsion depuis un certain temps, car leurs terres sont convoitées pour l’extension de la colonie israé­lienne voisine de Maalé Adumim.

La démo­lition a été entamée à 15 h le 3 février, lorsqu’un gros contingent de soldats (200 selon un témoin) est arrivé avec des équi­pe­ments mili­taires sur le site. Ils ont déclaré la zone "zone mili­taire fermée", détenu les familles qui étaient dans leurs tentes, et démoli les struc­tures des tentes comme leur contenu. Les tentes appar­te­naient à Kayed Salem et à ses quatre fils mariés, et étaient uti­lisées pour loger leurs familles res­pec­tives.

Le soir, les opé­ra­tions de démo­lition étaient ter­minées, laissant les familles sans abri pour la nuit. La Croix-​​Rouge a fourni deux tentes, qui sont insuf­fi­santes pour couvrir les besoins. Kayed Salem a indiqué : "Ils nous ont laissés dehors entre la soirée et la nuit, où pouvons-​​nous donc aller ? Il n’y a aucun endroit, car tout est confisqué et réservé aux colonies. Où donc allons-​​nous aller, qui va nous fournir un abri ?".

Cette partie de la com­mu­nauté Jahalin est loca­lisée à l’est de Izzariyé [1], à Bir al Maskub. La totalité de la com­mu­nauté est menacée d’expulsion. En sus de la famille Salem, 14 autres familles soit environ 100 per­sonnes, ont reçu ins­truc­tions d’empaqueter leurs affaires et de partir. Ceci aux fins de laisser le terrain libre pour l’extension de Maalé Adumim.

De fait, quelques jours après la démo­lition, il a été annoncé que le projet global d’infrastructure, dont la pre­mière phase recouvre ce plan d’extension de la colonie, avait été achevé. Ceci com­prend la construction de routes et de ponts, ainsi que la création d’un poste de police. Les travaux de la deuxième phase vont com­mencer, avec la construction de centres com­mer­ciaux, d’hôtels, de parcs et de centres récréatifs pour les enfants en sus de 3500 loge­ments sup­plé­men­taires.

La mise en oeuvre de cette extension entraîne le transfert forcé de dizaines de familles des tribus bédouines Jahalin et Al Kaabana. Tout d’abord expulsés de Tel Arad (Ndt : dans le Néguev) en 1948, les bédouins Jahalin ont ensuite été expulsés de leurs diverses terres d’accueil à plu­sieurs reprises. D’abord pour per­mettre la création du l’État juif, puis, à de nom­breuses et dif­fé­rentes reprises, pour per­mettre la construction de colonies en Cisjordanie.

[1] e Groupe Paris-​​​​Sud de l’Afps a pendant plu­sieurs années tenté d’aider cette com­mu­nauté bédouine Jahalin proche de Izzariyé à J’lem-Est, et ins­tallée là depuis les années 1950 à la suite de leur expulsion du Néguev, sur des terres privées appar­tenant prin­ci­pa­lement à des Pales­ti­niens de la ville d’Abu Dis toute proche. Leurs bidon­villes se retrouvent au pied de la gigan­tesque colonie de Maalé Adumim (environ 40.000 colons, en extension constante depuis 1981 avec la création du "Grand-​​​​Jérusalem" par les Israé­liens et annexion des terres cor­res­pon­dantes ; depuis cette date, plu­sieurs vagues d’expulsions de Jahalin de cette zone sont inter­venues, comme aussi du fait de la création d’une autre colonie, celle de Kidar — cf carte). Au voi­sinage des bidon­villes des Jahalin, les Israé­liens ont également créé une gigan­tesque décharge pour leurs déchets. Un rapport récent de la Paix Main­tenant a établi que Maalé Adumim était construite sur des terres privées pales­ti­niennes sur plus de 85 % de sa surface.