La centrale électrique de Gaza va fermer.

Boston Globe, dimanche 20 janvier 2008

La seule cen­trale élec­trique de Gaza annonce qu’elle fermera dimanche 20 janvier, à la suite du blocus israélien de la bande de Gaza qui empêche toute entrée du car­burant qui permet à la cen­trale de fonctionner.

Cette décision va rendre encore plus dif­ficile la vie des 1.5 mil­lions d’habitants du ter­ri­toire déjà gra­vement appauvri.

Shlomo Dror, un porte-​​parole du ministère de la défense israélien a affirmé que Gaza a suf­fi­samment de car­burant et accusé les Pales­ti­niens de vouloir donner l’impression d’une crise qui n’existe pas.

Israël a fermé tous les points de passage de Gaza la semaine der­nière à cause d’une série de tirs de roquettes sur le sud d’Israël à partir de Gaza. Cela fait des mois que les Gazaouis vivent au rythme des cou­pures d’électricité et du manque de car­burant , mais la fer­meture de la cen­trale signi­fierait la perte d’un tiers de l’électricité pour les habi­tants de Gaza. Cela tou­cherait consi­dé­ra­blement les 400,000 per­sonnes qui vivent à Gaza ville, le plus grand centre de popu­lation du territoire.

"Nous allons fermer com­plè­tement d’ici quelques heures” a dit Rafik Maliha, le directeur de la cen­trale. L’approvisionnement maritime régulier en pro­ve­nance d’Israël n’est pas arrivé dimanche parce que le ter­minal pour le car­burant, Nahal Oz, était fermé, or la cen­trale n’a pra­ti­quement aucune réserve, a-​​t-​​il dit.

L’ orga­ni­sation des Nations unies en charge des réfugiés pales­ti­niens, l’ UNRWA, a prévenu que cette décision serait dra­ma­tique pour les hôpitaux, les usines de trai­tement des eaux usées et l’approvisionnement en eau.

"La logique de cet acte défie tous les cri­tères huma­ni­taires de base," a déclaré Chris­topher Gunness, porte-​​parole de l’UNWRA.

En plus du car­burant qu’il reçoit d’Israël pour faire fonc­tionner sa cen­trale, Gaza reçoit environ deux tiers de son élec­tricité direc­tement d’Israël. Selon des res­pon­sables israé­liens, cet appro­vi­sion­nement ne serait pas touché.

Israël, avec la coopé­ration de l’ Egypte, impose un blocus à Gaza depuis juin, quand le mou­vement isla­miste Hamas a pris le pouvoir par la force. Sous le Hamas, les mili­tants ont pu tirer des bar­rages de roquettes quasi quo­ti­diens sur les villes israé­liennes proches de Gaza, créant la peur dans le sud d’Israël. Ces roquettes ont tué 12 Israé­liens en 6 ans.

Même après avoir imposé ce blocus, Israël avait autorisé l’entrée des pro­duits ali­men­taires de base et de l’approvisionnement huma­ni­taire à Gaza. Cela a changé jeudi 17 janvier, quand le ministre de la Défense israélien, Ehud Barak, a ordonné la fer­meture com­plète de tous les points de passage après une journée de tirs de roquettes par­ti­cu­liè­rement intenses. (…)

"S’ils ferment, ce n’est pas à cause du manque de car­burant, mais parce qu’ils veulent donner l’impression qu’il y a une crise," a dit Dror. La fer­meture de la cen­trale « ne serait pas confor­table, mais ce n’est pas une crise huma­ni­taire”, a-​​t-​​il déclaré.

Les res­pon­sables israé­liens n’ont pas de défi­nition précise de ce qu’est une crise humanitaire.

Par ailleurs, selon des infor­ma­tions ce dimanche, Barak a répété qu’Israël se pré­parait à une opé­ration de grande envergure contre les lan­ceurs de roquettes à Gaza.

L’armée israé­lienne mène de façon régu­lière des frappes aériennes et des incur­sions ter­restres à Gaza, opé­ra­tions qui ont tué des dizaines de mili­tants mais n’ont pas arrêté les tirs de roquettes. Le gou­ver­nement israélien semble réticent à lancer une offensive ter­restre à Gaza, car il est pos­sible qu’il souffre de lourdes pertes et que des opé­ra­tions sem­blables dans le passé n’ont pas fait cesser les tirs de roquettes.