La Turquie va récupérer trois bateaux de la flottille pour Gaza

AFP, vendredi 6 août 2010

Les trois bateaux turcs faisant partie d’une flot­tille huma­ni­taire pour Gaza prise d’assaut le 31 mai par la marine israé­lienne, devaient être auto­risés jeudi à quitter les ports israé­liens, a annoncé le ministère de la Défense.

Cette opé­ration avait coûté la vie à neuf pas­sagers turcs et pro­voqué une crise aiguë des rela­tions entre les deux pays."Le ministère israélien de la Défense va remettre aujourd’hui (jeudi) à des repré­sen­tants turcs, les navires turcs ancrés en Israël, qui avaient tenté de forcer le blocus naval imposé au régime du Hamas dans la bande de Gaza", a indiqué un com­mu­niqué de la Défense.

La décision de res­tituer ces bateaux, en par­ti­cu­liers le Mavi Marmara qui a été le théâtre de l’abordage le plus violent, a été prise "au niveau poli­tique", a ajouté le communiqué."Trois remor­queurs turcs vont arriver en Israël jeudi" pour prendre en charge ces bateaux, a-​​t-​​on pour­suivi de même source sans pré­ciser à quel moment ces opé­ra­tions auraient lieu.

Le Mavi Marmara est actuel­lement ancré à Haïfa, un port du nord d’Israël, tandis que deux autres bateaux se trouvent à Ashdod dans le sud du pays [1]. Israël a accepté lundi pour la pre­mière fois de par­ti­ciper à une enquête sur l’abordage que doit mener un panel d’experts composé de quatre membres, dont un Israélien et un Turc, constitué par le secré­taire général de l’ONU Ban Ki-​​moon.

L’Etat hébreu a ainsi accepté pour la pre­mière fois de coopérer avec les Nations Unies pour une enquête sur une de ses opé­ra­tions mili­taires sous la pression de la com­mu­nauté inter­na­tionale [2].

[1] les autres navires kid­nappés sont tou­jours illé­ga­lement détenus en Israël. Les membres de la Coa­lition de la Flot­tille pour la Liberté entendent faire res­pecter le droit et exigent que les kid­nap­peurs les leur rendent au plus vite (tout comme tous les objets per­sonnels qui étaient à bord et ont été volés par les soldats israé­liens, y compris des cartes ban­caires qu’ils ont osé uti­liser). Ils sont prêts pour cela à se rendre rapi­dement en Israël -le pays kidnappeur.

[2] Il n’est pas étonnant qu’Israël accepte puisque l’occasion lui est ainsi donnée de par­ti­ciper à une com­mission de l’ONU ! Com­mission dont on peut douter d’emblée de la validité puisque le per­pé­trateur du crime sur lequel on enquête en est membre et que l’un de ses plus fidèles alliés -le cri­minel de guerre Uribe, ancien pré­sident de Colombie-​​​​ en est vice-​​​​président. Notons qu’Israël a refusé la com­mission d’enquête de la Com­mission des Droits de l’Homme, beaucoup plus indépendante.