La Palestine était au Cabaret sauvage

Afps, lundi 24 mai 2010

L’Afps se félicite du succès de la soirée de soutien au Tri­bunal Russell qui s’est tenue le 20 mai au Cabaret sauvage à l’initiative du Comité français d’appui au Tri­bunal Russell sur la Palestine :

La soirée

Superbe ambiance au Cabaret Sauvage, lieu magnifique, en ce jeudi 20 mai.

Après une brève intro­duction de Brahim Senouci, qui pré­sente la genèse de l’instauration du Tri­bunal Russell sur la Palestine, Marcel-​​Francis Kahn établit un parallèle entre ce Tri­bunal et le Tri­bunal Russell sur le Vietnam, auquel il a contribué. Il maté­rialise ce parallèle en mon­trant une sous-​​munition, sou­venir d’une enquête menée au Vietnam, en expli­quant que ce même type d’engin a été déversé par l’armée israé­lienne au Liban Sud et à Gaza. David Bondia, pro­fesseur de droit à l’Université de Bar­celone, membre du Comité d’experts du Tri­bunal, membre du Comité Catalan de soutien au Tri­bunal, Comité qui a organisé la session de Bar­celone, fait une pré­sen­tation syn­thé­tique de cette session et des conclu­sions aux­quelles elle a abouti. Sté­phane Hessel a conclu cette pre­mière partie en insistant sur l’ardente obli­gation pour les opi­nions publiques de peser de tout leur poids sur les gou­ver­ne­ments pour les contraindre à res­pecter et faire res­pecter le droit.

Ces inter­ven­tions ont entre­coupées de paren­thèses musi­cales, des chants mys­tiques de Rachid Daci et des varia­tions autour de poèmes de Darwish dues au Baroque Théâtre. Il faut noter l’extrême attention du public pendant ces exposés, un public très jeune, qui n’a pas ménagé ses applaudissements.

La scène a été ensuite occupée par le Diwane de Béchar, for­mation qui réalise la fusion entre rythmes arabes et afri­cains et fait revivre la tra­dition soufie de l’échange.

Volo fait revivre la tra­dition d’une cer­taine chanson fran­çaise, poé­tique, drôle et contestataire.

Essi Moh met le blues-​​world à l’honneur et mêle des réfé­rences à Eric Clapton et à l’un des pères de la chanson popu­laire algé­rienne, El Anka.

HK et les Sal­tim­banks pro­posent une musique bon­dis­sante, éner­gique, faite pour chanter, danser et rire, mais aussi une musique pour "se lever, s’indigner et se révolter".

Amazigh Kateb, inclas­sable poète, chante l’Afrique, la Palestine, dénonce l’injustice, à travers des textes magni­fiques, notamment des poèmes de Kateb Yacine, son père.

Essi Moh chante "No woman, no cry" de Bob Marley. Amazigh le rejoint. Aïcha, la chan­teuse du Diwane se met à la per­cussion. Des spec­ta­teurs montent sur scène en faisant jouer leurs cro­tales. Les frères Laoufi sont là également. La scène s’est remplie des musi­ciens qui ont enflammé la foule. C’est par un bœuf magni­fique que se conclut la soirée…

Bilan financier provisoire de la soirée du 20 Mai 2010

Entrées payantes : 341

Invitations : 14

Recettes :

Total : 586732

Dont : entrées : 5430€ soit 315 € versés en plus du prix de base de 15€ Troncs cir­culant dans la salle : 43732

Dépenses déjà réglées : salle (tech­ni­ciens etc.) : 167849

Bilan : 4188

Les 4188 Euros seront donc versés inté­gra­lement au Comité Orga­ni­sateur Inter­na­tional du Tri­bunal Russell sur la Palestine.

Les suites

De l’avis général, la soirée a été une réussite. On a rarement vu une telle fusion entre le public et les artistes et entre les artistes eux-​​mêmes. Le bœuf, à la fin du spec­tacle, a été vraiment un grand moment.

Bien sûr, on aurait pu être plus nom­breux. La pro­chaine fois, nous ferons mieux, en matière de com­mu­ni­cation et d’organisation. Nous assu­rerons notamment une pré-​​vente.

Les inter­ven­tions poli­tiques de S. Hessel, M.F. Kahn et D. Bondia ont été una­ni­mement appré­ciées et elles ont permis de faire avancer la connais­sance du Tri­bunal Russell.

Le plus important est donc d’avoir contribué à popu­la­riser le Tri­bunal. Il y a eu des échos très favo­rables, rap­portés par des gens qui n’ont pas for­cément assisté au spec­tacle mais qui en ont entendu parler par des proches qui y étaient. Cer­tains ont ouvert des pers­pec­tives inté­res­santes, qui pour­raient se tra­duire par une réédition du concert en octobre pro­chain, dans un format plus ambitieux.

Remerciements

Le Cabaret Sauvage, haut lieu de la scène pari­sienne, a été mis à notre dis­po­sition à titre gra­cieux par son directeur, M. Meziane Azaïch. Sim­plement, merci…

Tous les artistes se sont produits gratuitement. Merci…

On se plaint beaucoup, souvent à juste titre, de la fai­blesse de la mobi­li­sation. Cette soirée a montré que le potentiel existe et que les capa­cités d’indignation et d’action restent entières.

En ce qui concerne l’organisation de la soirée, j’ai pu béné­ficier de l’aide de nom­breuses per­sonnes qui m’ont proposé spon­ta­nément leurs ser­vices et qui se déclarent dis­po­nibles pour des ini­tia­tives à venir. Qu’elles en soient remerciées.

Je garde pour la bonne bouche trois noms, Allalou, Karim et Essi Moh. Ils ne se sont pas contentés d’apporter une aide exté­rieure à l’organisation. Ils en ont fait leur affaire. Cette réussite est aussi la leur. Bravo ! J’espère qu’ils seront des pro­chaines aventures…

Brahim Senouci