La France complice de la colonisation de Jérusalem.

CCIPPP, jeudi 27 octobre 2005

La France qui depuis tou­jours condamne la colo­ni­sation en Cis­jor­danie et à Jérusalem-​​est a semble-​​t-​​il décidé le 17 juillet dernier d’enterrer ses principes.

Ce jour là, Gérard Araud, ambas­sadeur de France en Israël a supervisé en per­sonne dans le bureau du premier ministre Ariel Sharon ,la signature du contrat de construction du Tramway de Jéru­salem , rem­porté comme on le sait par le consortium français " City Pass " (Alstom et Connex.)

Ce projet, rap­pelons le, avait déjà reçu l’assentiment, lors de sa visite en Israël, du Ministre de l’Industrie Patrick Devedjian. Nous pouvons donc légi­ti­mement en conclure que le gou­ver­nement français ,qui dit n’avoir aucune prise sur ce contrat, non seulement savait mais a accom­pagné celui-​​ci jusqu’à son terme.

Ce tramway de Jéru­salem, rap­pelons le, reliera le centre-​​ville aux colonies construites à l’est de la ligne Verte, en Ter­ri­toires occupés. Sa mise en chantier constitue un pas de plus dans la volonté israé­lienne d’interdire toute sou­ve­raineté pales­ti­nienne sur cette partie de la ville par une poli­tique de faits accomplis savamment orchestrée et dénoncée maintes fois par des réso­lu­tions de l’Onu.

A ce niveau,le pro­blème n’est pas tant que des entre­prises fran­çaises peu sen­sibles par défi­nition à des argu­ments moraux soient par­te­naires de l’occupation mais il réside dans le fait que ce revi­rement des auto­rités fran­çaises, s’il se confirmait, consti­tuerait une gifle à 37 années d’une poli­tique sou­cieuse du droit international.

De plus, la France se met­trait dans l’illégalité en se rendant com­plice d’un crime de guerre (l’occupation ,selon les Conven­tions de Genève) et par­ti­ci­perait ainsi à enterrer encore davantage les espoirs d’une paix juste et durable en donnant raison à l’agresseur et occupant contre l’occupé.

La CCIPPP demande à être reçue au Ministère des Affaires Etran­gères afin d’obtenir les cla­ri­fi­ca­tions qui s’imposent sur ce qui semble être un reniement de la diplo­matie française.

La CCIPPP appelle les syn­dicats et employés de Connex et d’Alstom à être soli­daires du droit et de la justice en dénonçant le marché passé par leurs employeurs