L’aveu d’Obama

Massoud Al-​​Hennawi, samedi 6 février 2010

Le fait que le pré­sident amé­ricain Barak Obama a avoué être inca­pable de résoudre le pro­blème du Moyen-​​Orient a été en soi cho­quant. Cela a suscité de nom­breux doutes, sus­pi­cions et décep­tions dans les milieux poli­tiques et média­tiques. Cependant, cela n’a abso­lument rien changé dans la diplo­matie arabe.

Deux mois après avoir reçu le prix Nobel de la paix pour ses pro­messes illu­soires concernant la cause pales­ti­nienne, Obama a reconnu avec courage et fran­chise avoir sur­estimé ses capa­cités de convaincre les Israé­liens et les Pales­ti­niens de reprendre le pro­cessus de paix et sous-​​estimé la dif­fi­culté de résoudre le conflit dans la région. Le plus étonnant est que cet aveu est survenu alors que son envoyé spécial pour la paix au Moyen-​​Orient effectue une tournée, pro­ba­blement la 10e, dans la région sans réa­liser un quel­conque résultat. Cet aveu a été accom­pagné d’une confir­mation que cet échec ne l’empêcherait pas de pour­suivre ses efforts pour réa­liser l’objectif suprême d’instaurer les deux Etats.

Cependant, les efforts qu’Obama fait et l’intention de pour­suivre n’aboutiront à rien s’il continue à se plier aux ter­gi­ver­sa­tions d’Israël et aux pres­sions du lobby sio­niste et si son admi­nis­tration continue à chercher le conten­tement de Tel-​​Aviv à chaque fois qu’est pro­noncée une décla­ration sug­gérant des pres­sions sur Israël.

La position amé­ri­caine est peut-​​être jus­tifiée. Cependant, je ne vois aucune jus­ti­fi­cation à ce silence arabe honteux face à cet aveu d’Obama. Aucune action diplo­ma­tique n’a été prise, aucun com­men­taire arabe n’a été pro­noncé comme si la question ne nous concernait pas.

La question ne nécessite ni miracle ni génie. Elle a plutôt besoin d’une fran­chise et d’une volonté après l’aveu amé­ricain. Les alter­na­tives sont claires devant nous et pourtant, nous ne voulons pas les voir. A mon avis, elles se résument en deux points :

— Ou Washington change sa poli­tique actuelle et sort ses griffes pour imposer la paix, ou qu’elle laisse ce dossier épineux après son échec fla­grant tout au long des der­nières années.

— Ou les Arabes cherchent une autre alter­native que cette paix qu’ils ont adoptée comme choix stra­té­gique depuis dix ans. Ils ont aussi le choix d’accepter de continuer à vivre cette comédie absurde appelée les efforts de paix et qu’ils s’arrêtent alors de tromper leurs peuples.