L’appel d’Amman

Conseil oecuménique des Eglises - Pour la Palestine n°54, vendredi 21 septembre 2007

Rencontre en Jordanie /

Une confé­rence inter­na­tionale pour la paix sur le thème « les Eglises ensemble pour la paix et la Justice au Moyen Orient », s’est tenue à Amman, en Jor­danie, du 18 au 20 juin 2007 et lancé un Forum oecu­mé­nique Palestine Israël.

Le Conseil oecu­mé­nique des Eglises (World Council of Churches) qui a son siège à Genève, regroupe 350 églises pro­tes­tantes et ortho­doxes de tous les conti­nents. Il condamne depuis qua­rante ans l’occupation des terres pales­ti­niennes et l’annexion de Jérusalem-​​Est. Après l’offensive israé­lienne « Rempart » du prin­temps 2002 dans les ter­ri­toires occupés, le COE a lancé le pro­gramme EAPPI (Ecu­me­nical Accom­pa­niment Pro­gramme in Palestine and Israel - Accom­pa­gnement oecu­mé­nique en Palestine et Israël) : 450 per­sonnes de quinze natio­na­lités ont à ce jour séjourné trois mois au moins auprès des vil­la­geois pales­ti­niens qui se battent contre le mur et sont menacés par les colons et les soldats israéliens.

Le COE a saisi l’occasion du qua­ran­tième anni­ver­saire de la guerre des Six­jours pour réunir ses membres à Amman et les appeler à redoubler d’efforts contre l’occupation. Des six conti­nents, cent trente per­sonnes (ecclé­siastes comme laïcs) étaient venues repré­senter leurs églises et leurs ONG, pro­tes­tantes, ortho­doxes, catho­liques et entourer les res­pon­sables des églises de Palestine et d’Israël. Ils ont lancé un Forum pour la paix en Palestine et Israël. Le Forum oecu­mé­nique « repré­sentera un espace où seront déve­loppées des stra­tégies glo­bales visant le double objectif du réta­blis­sement et de la construction de la paix. » L’initiative entend être un ins­trument propre à « cata­lyser et coor­donner les efforts exis­tants et nou­veaux entrepris par les Eglises en faveur de la paix ». Elle vise à « mettre fin à l’occupation illégale confor­mément aux réso­lu­tions des Nations unies », et se veut une expression de l’engagement des Eglises « en faveur d’une cam­pagne inter­re­li­gieuse pour la paix et la justice servant tous les peuples de la région ».

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Rev. Samuel Kobia, de l’Eglise métho­diste au Kenya, est, depuis août 2003, le secré­taire général du Conseil oecu­mé­nique des Eglises.

Secré­taire général du COE, le pasteur Samuel Kobia a affirmé que le forum serait « un groupe par­ti­ci­patif d’Eglises et d’organisations qui sou­haitent se ren­contrer, agir de manière inter­dé­pen­dante et coopérer au service d’une cause commune ». L’évêque Munib Younan, repré­sentant de l’Eglise évan­gé­lique luthé­rienne de Jor­danie et de Terre Sainte, a déclaré : « Nous attendons des Eglises du monde entier qu’elles prennent clai­rement position et qu’elles soient à nos côtés en mani­festant une soli­darité active face à ce conflit tra­gique qui main­tient les Pales­ti­niens dans la souf­france et les Israé­liens dans la crainte et qui ne pourra être réglé que par une paix juste. »

Document fon­dateur, l’Appel d’Amman évoque « le piège d’un cycle tou­jours plus menaçant de vio­lence, d’humiliation et de désespoir » et met en exergue le rôle des Eglises pour la récon­ci­liation. A l’appel des chré­tiens de Palestine, qui affirment : « Nous ne voulons plus de dis­cours sans enga­ge­ments. Il est grand temps d’agir », les par­ti­ci­pants ont répondu que « les Eglises font partie du conflit. Elles ne peuvent rester silen­cieuses tant qu’il y a de la souffrance (…) »

Le Forum oecu­mé­nique Palestine-​​Israël sera guidé par trois impé­ratifs fon­da­mentaux : l’impératif éthique et théo­lo­gique d’une paix juste, l’impératif oecu­mé­nique de l’unité dans l’action et l’impératif évan­gé­lique de la soli­darité réelle. L’action du Forum se fonde sur des pos­tulats qui ren­voient notamment à la per­ti­nence des réso­lu­tions des Nations unies et des conven­tions de Genève, à une solution fondée sur la coexis­tence de deux Etats, le droit de retour pour les réfugiés pales­ti­niens, avec la ville de Jéru­salem ouverte et commune et le rejet de toute violence.

Appel urgent à solidarité financière pour les habitants de Nahr el-​​Bared

Depuis plus de deux mois, des combats vio­lents se déroulent dans le camp de réfugiés pales­ti­niens de Nahr al-​​Bared au nord du Liban. L’armée liba­naise, qui cherche à éliminer des com­bat­tants extré­mistes ins­tallés depuis quelques mois dans le camp, bom­barde les quar­tiers d’habitations. Le camp n’est plus qu’un champ de ruines. Des mil­liers de réfugiés ont dû fuir vers d’autres camps -à Bed­daoui notamment-​​ et, ayant tout perdu, se trouvent dans le dénuement le plus total.

Les ONG pales­ti­niennes qui tra­vaillent dans ces camps n’arrivent plus à faire face aux demandes de base des familles à nouveau chassées de chez elles, et elles appellent à la soli­darité financière.

- Adressez vos dons à l’association, mention SOS camps du Liban (AFPS, 21 ter rue Vol­taire, 75011 Paris). Par chèque ou par virement AFPS CCP - La Source - n° 34 521 83 N 033

Sara Kana’an, 4 ans : « On dormait quand ils ont com­mencé à bom­barder, j’ai com­mencé à pleurer avec ma maman mais papa il pleurait pas. Maman elle a dit qu’ils ont bom­bardé mon école et tous les jouets sont brûlés, beaucoup de gens sont venus dans la maison de ma grand-​​mère mais après on est tous partis à Bed­daoui. Tous les jours il y a une voiture qui vient pour nous apporter du pain et à manger, je veux pas retourner à mon école parce qu’elle a explosé. »