L’agression ne cesse pas avec le cessez-​​le-​​feu

Ittijah (Union des associations arabes civiles ), communiqué, samedi 24 janvier 2009

21 janvier 2009
La société civile pales­ti­nienne de l’intérieur (Ittijah-​​Union des asso­cia­tions arabes civiles )
Nous pour­suivons l’affrontement, le soutien à la popu­lation à Gaza et le partage du poids palestinien

Les orga­ni­sa­tions de l’action civile pales­ti­nienne saluent notre peuple à Gaza qui a résisté, par tous les moyens dis­po­nibles, à l’agression géno­ci­daire israé­lienne. Elles saluent la ténacité pales­ti­nienne comme elles saluent les masses de notre peuple de l’intérieur pour leur sou­lè­vement dès le début du mas­sacre et qui s’est pour­suivi pendant 23 jours, au cours duquel nos masses, ses ins­ti­tu­tions, ses forces et ses cadres poli­tiques, civiles, natio­nales, et par consé­quent, les indi­vidus de nos masses et tous ses sec­teurs, ont joué un rôle effectif pour faire cesser le mas­sacre et briser le siège.

La fermeté de Gaza, par son peuple et sa résis­tance, est une fermeté légen­daire qui a prouvé et qui prouve que la volonté de notre peuple, appuyée par le droit pales­tinien, est capable de briser la machine de l’agression israé­lienne et de déjouer tous ses plans, quelle que soit sa puissance.

L’équation réelle s’est de nouveau dévoilée, confirmant que, face à la plus puis­sante des formes de ter­ro­risme d’Etat dans le monde, et face à la guerre géno­ci­daire qu’il a lancée, a tenu debout un peuple dépourvu d’armées mais maître de ses capa­cités et de la plus grande volonté de justice et de résis­tance dans le monde, la volonté de notre peuple, sou­tenue par celle de tous les peuples du monde qui se sont sou­levés pour sou­tenir la fermeté à Gaza et empêcher Israël de réa­liser les buts de ses mas­sacres, mais aussi pour rejeter ses plans sou­tenus par l’administration amé­ri­caine, l’Union euro­péenne, avec une impli­cation offi­cielle arabe et palestinienne.

Il devient clair que le plan amé­ricain pour dominer la région arabe a subi un nouveau coup de la part de notre peuple et des peuples arabes, en infli­geant une défaite à ce que l’administration amé­ri­caine et Israël nomment le camp de la modé­ration, soit ceux qui sont impliqués dans le plan américano-​​israélien. Après l’échec du projet amé­ricain en Irak et en Afgha­nistan, et après sa défaite et la défaite d’Israël au Liban, notre peuple est venu confirmer à nouveau, comme il l’avait fait dans le passé, qu’il est plus fort que tout complot et la puis­sance de toute machine de guerre.

Les masses de notre peuple de l’intérieur ont considéré, dès les pre­miers ins­tants, que l’agression sur Gaza est une agression contre tout le peuple pales­tinien, là où il se trouve, dans la patrie ou en exil, et une agression visant nos droits en tant que peuple, visant à dominer et à diriger la région arabe dans son ensemble, par le biais des forces de l’agression et de ceux qui sont impliqués à ses côtés.

Le cessez-​​le-​​feu ne signifie pas la fin de l’agression, et comme le dernier mas­sacre n’est pas le début de l’agression, car l’occupation est une agression en soi, l’exil forcé est une agression et le blocus est une agression. Nous affirmons que briser le blocus demeure notre but, la réa­li­sation des droits de notre peuple est tou­jours notre objectif. Puisque nos masses de l’intérieur ont prouvé que nous sommes des acteurs cen­traux dans l’équation de la lutte pour le droit pales­tinien, nous affirmons que l’appui à la fermeté de notre peuple à Gaza et le soutien à cette partie, mora­lement et maté­riel­lement, en lui accordant les moyens d’une rapide relève de la mort et de la des­truction sont un appui aux capa­cités et à la volonté de tout notre peuple. C’est pourquoi nous appelons à la pour­suite du sou­lè­vement de la colère et de la pro­tes­tation, à ren­forcer la fermeté pales­ti­nienne, que ce soit par les mani­fes­ta­tions, les actes de pro­tes­tation contre le crime ou par le soutien matériel par des cam­pagnes de secours huma­ni­taire qui ont com­mencé de manière orga­nisée par le biais de l’action civile et au niveau des ins­ti­tu­tions de masse de notre peuple.

Nous saluons le sou­lè­vement des nou­velles géné­ra­tions qui ont par­ticipé avec force et tout au long des trois semaines, à la lutte et au sou­lè­vement de la colère popu­laire, visant à stopper le crime et à briser le blocus. Nous avons affronté et affrontons tou­jours une cam­pagne poli­cière d’arrestations menée contre les jeunes arabes pales­ti­niens de l’intérieur, qui a touché des cen­taines, comme nous avons affronté l’agressivité de l’appareil judi­ciaire qui joue un rôle de cachet auprès de la police et des ser­vices de ren­sei­gne­ments de la Shabak, en convo­quant des diri­geants poli­tiques et asso­ciatifs en vue d’interrogatoires par la Shabak pour les inti­mider et casser la volonté de nos masses. Nous affirmons à ce propos que le ter­ro­risme de l’Etat ne nous intimide pas et ne nous empêche pas d’assumer notre devoir envers les masses de notre peuple à Gaza.

En tant qu’organisations de l’action civile pales­ti­nienne, nous exprimons notre consi­dé­ration pour le rôle héroïque joué par les mou­ve­ments de la soli­darité inter­na­tionale et tous les par­tisans du droit pales­tinien dans le monde et dans le pays, que ce soit ceux qui ont essayé de briser le blocus avant le dernier mas­sacre grâce aux navires ou ceux qui se sont sou­levés dans tout le monde pour sou­tenir et aider le droit pales­tinien, en appelant à sanc­tionner Israël, à l’isoler et le boy­cotter en tant que régime cri­minel ayant commis des mas­sacres sys­té­ma­tiques et des crimes contre l’humanité, en lui faisant porter la res­pon­sa­bilité de tous les crimes, les des­truc­tions et les dégâts, et en appelant la com­mu­nauté inter­na­tionale à cesser le complot du silence, la par­ti­ci­pation à l’agression et à assumer la res­pon­sa­bilité de sanc­tionner Israël et de sou­tenir le droit pales­tinien. Nous indi­quons par ailleurs que la majorité écra­sante de la société israé­lienne a soutenu l’agression, appuyée par l’institution média­tique offi­cielle et non offi­cielle, qui s’est consi­dérée comme une partie de la machine de guerre et qui a propagé l’agression et la culture du meurtre et jus­tifié le mas­sacre. Nous indi­quons également ces voix, même rares, qui ont refusé l’agression, s’y sont opposées et ont agi pour faire cesser le mas­sacre et briser le blocus.

Nous affirmons que la reven­di­cation de convoquer les diri­geants poli­tiques et mili­taires devant le tri­bunal pénal inter­na­tional en tant que cri­minels de guerre est un devoir envers tout martyr, toute victime et envers tout notre peuple comme envers toute l’humanité. A ce propos, nous dénonçons le silence inter­na­tional officiel, et notamment les atti­tudes des Etats-​​Unis, du Canada et de l’Union euro­péenne que nous consi­dérons com­plices du crime, ayant consacré leurs efforts à pro­téger Israël et à jus­tifier son agression san­gui­naire et à cri­mi­na­liser la victime. Nous mettons en garde contre leurs ten­ta­tives de sup­primer la légi­timité de la résis­tance pales­ti­nienne en offrant des acquis poli­tiques à Israël à travers ce qui s’appelle « la recons­truction », ou « le finan­cement » ou « les aides humanitaires ».

Le droit de notre peuple à la résis­tance fait partie du droit des peuples à résister à l’occupation, c’est un droit humain naturel comme il est un droit protégé par le droit inter­na­tional. C’est pourquoi nous dénonçons le silence inter­na­tional officiel mais saluons ces régimes qui ont coupé leurs rela­tions diplo­ma­tiques, écono­miques ou poli­tiques avec Israël, et retiré leurs ambas­sa­deurs et repré­sen­tants. Nous dénonçons la par­ti­ci­pation de ce qui s’appelle « le camp des modérés » parmi les régimes arabes et affirmons notre dénon­ciation de l’attitude du pré­sident de l’OLP, Mahmoud Abbas (Abu Mazin) qui, malgré sa position juri­dique aujourd’hui, a refusé de sou­tenir et de léga­liser offi­ciel­lement les demandes de juger les diri­geants d’Israël devant le tri­bunal pénal inter­na­tional. Nous dénonçons les ten­ta­tives de faire porter à la résis­tance à Gaza la res­pon­sa­bilité de l’agression et de la guerre géno­ci­daire israé­lienne. Ces atti­tudes pour­suivent les accu­sa­tions contre les par­tisans de notre peuple et le mou­vement contre le blocus de Gaza et les navires contre le blocus comme « un jeu puéril ».

Le devoir de la société civile consiste à élever la voix morale et indé­pen­dante même si le prix devrait être payé. Nous saluons le rôle des orga­ni­sa­tions et des struc­tures de l’action civile pales­ti­nienne dans le pays et dans l’exil, et affirmons que le devoir de la société civile pales­ti­nienne, où qu’elle se trouve, consiste à s’opposer à toute ten­tative de toucher aux mou­ve­ments de la soli­darité et du soutien, et à toucher la résis­tance. Nous n’acceptons aucune jus­ti­fi­cation qui empê­cherait des parties de la société civile pales­ti­nienne de prendre clai­rement position en dénonçant l’implication de régimes arabes et les décla­ra­tions du pré­sident de l’autorité pales­ti­nienne, ni cer­tains de ses diri­geants qui ont lâché la volonté de notre peuple.

Nous saluons le mou­vement arabe de lutte contre la nor­ma­li­sation, le mou­vement de soli­darité et du boycott d’Israël dans le monde et les mou­ve­ments de la soli­darité inter­na­tionale, et nous nous consi­dérons comme partie pre­nante de tous. Nous saluons plus par­ti­cu­liè­rement les masses de notre peuple de l’intérieur qui sont sorties par mil­liers dans le plus massif et le plus long sou­lè­vement de la colère contre l’agression, pour sou­tenir et appuyer la volonté col­lective et com­bative de notre peuple.

Nous appelons tout notre peuple, en cet instant his­to­rique, à confirmer son atta­chement aux constantes natio­nales, le retour, la liberté, l’auto-détermination, le mou­vement de soli­darité et de soutien, et les hommes libres de ce monde étant l’appui de cette lutte, his­to­ri­quement victorieuse.

La fermeté de Gaza nous transmet la volonté, et notre ferme volonté transmet cet appui à Gaza, comme il le transmet à l’exil, à al-​​Quds et aux régions de la Cisjordanie.

Notre peuple porte l’une des plus grandes et des plus riches expé­riences de lutte, de résis­tance et de combat juste. Il porte une volonté inébranlable.

Les organisations signataires : 40 associations faisant partie de Ittijah.

(Traduction CIREPAL, Centre d’Information sur la résistance en Palestine)

Ameer Makhoul

General Director, Ittijah - Union of Arab Community Based Associations

Special UN-​​ECOSOC consultative Status

P.O.Box 9577 Haifa 31095

Tel : +972 4 8507110

Fax : +972 4 8507241

Mobile : +972 54 4862171

www​.ittijah​.org

—