L’UE prête à intensifier ses relations avec Israël

AFP, lundi 8 décembre 2008

Les Euro­péens devaient décider lundi d’intensifier leurs rela­tions avec l’UE, même si cer­tains pays insistent pour pousser préa­la­blement Israël à contribuer au pro­cessus de paix et à faire des efforts pour faci­liter la vie quo­ti­dienne des Palestiniens.

Le ministre français des Affaires étran­gères Bernard Kouchner, dont le pays préside l’UE jusque fin décembre, devait pro­poser à ses par­te­naires euro­péens réunis à Bruxelles de mul­ti­plier les contacts de haut niveau avec Israël, dans le cadre d’un accord entre Israël et l’Union euro­péenne qui devrait être adopté en avril 2009, selon un projet de texte obtenu par l’AFP.

Un premier sommet UE-​​Israël pourrait ainsi se tenir dans les pro­chains mois, peut-​​être dès le premier semestre 2008 sous pré­si­dence tchèque de l’UE, a indiqué à quelques jour­na­listes le chef de la diplo­matie tchèque, Karel Schwarzenberg.

Cette coopé­ration ren­forcée pré­voirait trois réunions annuelles UE-​​Israël au niveau des ministres des Affaires étran­gères, et la pos­si­bilité pour chaque pré­si­dence tour­nante de l’UE d’inviter un res­pon­sable de la diplo­matie israé­lienne à une réunion des ambas­sa­deurs de l’UE sur les ques­tions de sécurité.

L’UE se dit prête aussi à envi­sager "la pos­si­bilité d’inviter Israël à par­ti­ciper aux mis­sions civiles" menées dans le cadre de sa poli­tique de défense et de sécurité, "au cas par cas et lorsque l’intérêt commun s’y prêtera", et à avoir avec Israël, "au moins une fois par an", un dia­logue informel sur les grandes ques­tions stratégiques.

Ce texte devait cependant faire l’objet d’une dis­cussion lors du déjeuner des ministres lundi -tou­jours en cours à 14H45 GMT-​​, cer­tains Etats membres étant "plus cri­tiques à l’égard d’Israël" que d’autres, selon M. Schwarzenberg.

Lui-​​même s’est dit très favo­rable à cette inten­si­fi­cation des contacts israélo-​​européens. Elle per­mettra selon lui à l’UE d’avoir "plus son mot à dire" sur le pro­cessus israélo-​​palestinien, sur lequel les Amé­ri­cains ont tou­jours pesé plus que les Européens.

Il a cependant reconnu que beaucoup dépen­drait du rôle que jouerait la future admi­nis­tration amé­ri­caine de Barack Obama.

L’adoption du texte lundi ne faisait cependant guère de doute, selon une porte-​​parole de la pré­si­dence fran­çaise, les pays de l’UE ayant adopté le principe d’un ren­for­cement des rela­tions avec Israël en juin.

"La question est de savoir comment cela va s’articuler dans le contexte général" du pro­cessus de paix au Proche-​​Orient, a sou­ligné la porte-​​parole. "Il faut for­cément tenir compte d’un certain équi­libre" dans les rela­tions entre l’UE et Israël d’une part, et l’UE et les pays arabes d’autre part, a-​​t-​​elle ajouté.

Témoin de ce souci d’"équilibre", les pays de l’UE devaient aussi saluer lundi le ren­for­cement récent de leurs rela­tions avec le Maroc, "les pers­pec­tives de ren­for­cement" avec la Tunisie et la Jor­danie, le lan­cement de négo­cia­tions avec la Libye sur un accord cadre, ou la demande de l’Egypte de ren­forcer ses rela­tions avec l’UE.