« L’UE et les Etats-​​Unis doivent déployer d’intenses efforts pour un règlement au Proche-​​Orient en 2009 »

Aïcha Abdel-​​Ghaffar, mercredi 10 décembre 2008

Le ministre des Affaires étran­gères, Ahmad Aboul-​​Gheit, était présent à la réunion des chefs de la diplo­matie de l’Alliance atlan­tique qui s’est tenue la semaine der­nière à Bruxelles. Une occasion pour l’Egypte d’exposer ses points de vue concernant les dif­fé­rentes ques­tions régio­nales et internationales.

Al-​​Ahram Hebdo : En quoi a consisté la par­ti­ci­pation de l’Egypte à la réunion des ministres des Affaires étran­gères de l’Alliance atlantique ?

Ahmad Aboul-​​Gheith : La par­ti­ci­pation de l’Egypte est la troi­sième du genre dans le cadre du dia­logue entre l’Otan et les pays du sud de la Médi­ter­ranée. L’objectif cette fois-​​ci était d’aborder ensemble les ques­tions brû­lantes de l’actualité qui nous concernent. En premier lieu, nous avons abordé la question de la pira­terie dans la région de la Corne de l’Afrique et dans le Golfe d’Aden. Cette réunion nous a permis d’échanger des vues avec les pays occi­dentaux, les Euro­péens et les Etats-​​Unis. Il a aussi été question de la situation épineuse et de la crise actuelle entre le Pakistan et l’Inde et ses éven­tuels risques sur la région. Et bien sûr, des sujets chauds du Proche-​​Orient.

A ce sujet jus­tement, que peut-​​on attendre de la part des Occi­dentaux en ce qui concerne le dossier israélo-​​palestinien, alors que la situation sur place est désas­treuse et que l’espoir diminue de jour en jour ?

— Au cours de cette réunion, j’ai pré­senté aux membres de l’Otan et aux autres par­ti­ci­pants repré­sentant le pourtour médi­ter­ranéen la vision de l’Egypte sur cette question et les efforts déployés par Le Caire dans le pro­cessus de paix. C’était l’un des sujets qui ont été dis­cutés avec pro­fondeur, vu la situation qui prévaut actuel­lement. Il est clair que l’on attend des pas concrets de la réunion du Quar­tette inter­na­tional qui doit se tenir à la mi-​​décembre à New York, d’autant plus que quelques semaines plus tard, la nou­velle Admi­nis­tration amé­ri­caine prendra ses fonctions.

Qu’en est-​​il des rela­tions entre l’Alliance atlan­tique et les pays du sud de la Méditerranée ?

— Ces rela­tions sont bonnes et les résultats du dia­logue Atlantique-​​Méditerranée ont été excel­lents, puisque chaque partie a exprimé clai­rement ses vues concernant les pro­blèmes pres­sants et impor­tants. L’Egypte a rappelé à cet effet l’impasse du dossier israélo-​​palestinien alors que nous appro­chons de l’échéance de la fin 2008 et qu’aucune évolution notable n’a été enre­gistrée. J’ai aussi insisté sur le fait qu’il est néces­saire que l’Union euro­péenne et la nou­velle Admi­nis­tration amé­ri­caine déploient des efforts conjoints, paral­lè­lement aux efforts des pays arabes, afin qu’il devienne pos­sible d’aboutir à un règlement du conflit israélo-​​palestinien durant 2009. Il est important que la nou­velle Admi­nis­tration amé­ri­caine se penche sérieu­sement sur ce sujet dès sa prise de fonction.

Outre le dossier israélo-​​palestinien, quel espoir pour celui palestino-​​palestinien et des dif­fé­rends entre le Hamas et le Fatah ?

— Mal­heu­reu­sement, malgré nos intenses efforts, le blocage per­siste. Cependant, nous, ministres arabes des Affaires étran­gères, avons demandé au pré­sident pales­tinien Mahmoud Abbass de rester et d’assumer ses res­pon­sa­bi­lités, et ce, malgré la position du Hamas à ce sujet. D’autant plus qu’en vertu de la Consti­tution pales­ti­nienne, Abbass a le droit de rester au pouvoir jusqu’en 2010. C’est aussi dans l’intérêt national pales­tinien que Abbass reste à la pré­si­dence jusqu’à la fin de son mandat. (…)