L’ONG turque à l’initiative de la flottille de la paix menace de recommencer

Le Monde avec Reuters, dimanche 8 août 2010

Avec la Coa­lition inter­na­tionale de la Flot­tille de la Liberté, l’ONG turque IHH, dont le navire Marvi Marmara a été sau­va­gement attaqué par des com­mandos israé­liens le 31 mai, repartira vers Gaza si Israël ne lève pas le blocus [1] :

L’ONG turque IHH, qui par­rainait la flot­tille d’aide pour Gaza bru­ta­lement abordée en mai par la marine israé­lienne, a menacé samedi de réci­diver si l’Etat juif main­tenait son blocus du ter­ri­toire palestinien.

Israël a res­titué les trois bateaux turcs de la flot­tille saisis lors de l’incident, qui a coté la vie à neuf mili­tants pro-​​palestiniens de natio­nalité turque, sans obtenir que l’ONG IHH s’engage à ne pas réci­diver, comme il le sou­haitait. Mais les auto­rités israé­liennes, qui ont refusé à Ankara les excuses qu’il exi­geait, ont for­tement conseillé à la Turquie de pré­venir tout nou­velle ten­tative visant à briser le blocus du ter­ri­toire pales­tinien aux mains du Hamas.

Huseyin Oruc, membre du conseil de la Fon­dation pour les libertés et droits humains et pour l’aide huma­ni­taire (IHH), a prévenu que les bateaux de l’ONG pour­raient être uti­lisés pour une mission ana­logue. "Si le pro­blème n’est pas résolu, de nom­breuses flot­tilles vogueront vers Gaza. Si néces­saire, ces bateaux pourront être encore uti­lisés. Nous les avons achetés pour les besoins des Pales­ti­niens. Ce sont des bateaux huma­ni­taires", a-​​t-​​il fait valoir.

DES IMPACTS DE BALLES CAMOUFLES

La Turquie avait fait de la res­ti­tution des navires une des condi­tions de la nor­ma­li­sation de ses rela­tions avec Israël, qui se sont sen­si­blement dégradées à la suite de l’abordage san­glant en haute mer du Mavi Marmara, un ancien bâtiment de croi­sière recon­verti en ’navire amiral’ de la "flot­tille pour Gaza".

Les trois bateaux, dont les machines ont été mises hors d’usage, ont tou­tefois été repeints en Israël pour camoufler la vio­lence de l’attaque des fusiliers-​​marins israé­liens, qui ont tiré "des mil­liers de balles", a affirmé Oruc.

Des enquê­teurs turcs mon­teront à leur bord lundi pour tenter de recueillir des indices sur les cir­cons­tances de l’abordage, dont Israël a jus­tifié le bilan par la résis­tance inat­tendue à laquelle ses mili­taires se seraient heurtés de la part des mili­tants pro-​​palestiniens. Devant le tollé inter­na­tional pro­voqué par l’incident, Israël a ordonné une enquête mili­taire – récusée par la Turquie –, qui a dédouané les assaillants, tout en recon­naissant des erreurs d’appréciation et carences au niveau du commandement.

Une com­mission d’enquête inter­na­tionale dis­tincte a été mise sur pied lundi par le secré­taire général des Nations unies, Ban Ki-​​moon. Elle sera conduite par l’ancien Premier ministre néo-​​zélandais Geoffrey Palmer et comptera un repré­sentant turc et un repré­sentant israélien. [2]

[1] voir Une nou­velle flot­tille prévue vers Gaza (actua­li­sation le 9 août)

[2] et l’ancien pré­sident colombien, cri­minel de guerre et solide allié d’israël !