Jérusalem arabe

Morsi Attalla, jeudi 4 juin 2009

Aujourd’hui, la question porte sur le destin et l’avenir de Jéru­salem, alors que la pour­suite des vio­la­tions israé­liennes ne peut que mener à des résultats dangereux.

Je pense que les pro­cé­dures israé­liennes et les direc­tives annoncées concernant la ville de Jéru­salem menacent clai­rement et direc­tement tous les efforts et les ten­ta­tives d’instaurer la paix au Proche-​​Orient. En effet, le com­por­tement raciste et inhumain de la part d’Israël a remis en cause toutes les données de la situation actuelle. Aujourd’hui, toutes les ques­tions qui se posent ne se concentrent plus sur le destin ou l’avenir du pro­cessus de paix, à la lumière de pro­po­si­tions et d’initiatives qui ont perdu leur cré­di­bilité. Aujourd’hui, la question porte sur le destin et l’avenir de Jéru­salem, alors que la pour­suite des vio­la­tions israé­liennes ne peut que mener à des résultats dangereux.

Les forces extré­mistes en Israël négligent le fait que la ville de Jéru­salem diffère de toutes les autres villes du monde par sa par­ti­cu­larité spi­ri­tuelle en tant que centre patri­monial qui ren­ferme tous les sou­venirs des musulmans, chré­tiens et juifs.

C’est dans cette ville que sont nées les valeurs éthiques et reli­gieuses pour devenir une ville sacrée, riche par son his­toire alors qu’un grand nombre de saints, de martyrs, de héros et de savants y sont enterrés. C’est dans cette ville que le Christ a passé une partie de sa vie dif­fusant son message, alors que dans chaque recoin de la ville il y a un sou­venir de lui. Et pour les musulmans, cette ville qui ren­ferme l’Esplanade des mos­quées, est la pre­mière qibla et le troi­sième lieu saint. Et pour ce qui est des juifs, ils voient dans cette ville le symbole de l’unique période de l’histoire, durant laquelle ils ont réalisé leur union nationale pendant 70 années consé­cu­tives et où ils ont fondé un Etat juif depuis le roi David en 1011 avant J.-C. jusqu’en 972 avant J.-C., puis son fils Salomon a pris le pouvoir de 972 à 933 avant J.-C. La domi­nation de la ville de Jéru­salem par les Israé­liens, 15 siècles après sa fon­dation, n’était qu’une période d’occupation, de tuerie et de dévastation.

Jéru­salem est donc la terre des miracles reli­gieux pour les chré­tiens et les musulmans et pour les Arabes et les Pales­ti­niens, elle a une grande impor­tance géo­gra­phique. Or, aujourd’hui les extré­mistes juifs tentent d’en faire un miracle reli­gieux seulement. Jéru­salem res­semble à un musée éternel visité par les fidèles des 3 reli­gions célestes. C’est le noyau de la Palestine dont les Israé­liens veulent s’accaparer. Or, tout au long de 4 000 ans et jusqu’à la fin de la pre­mière guerre mon­diale, cette ville n’a jamais été une entité poli­tique et régionale indi­vi­duelle, alors qu’elle faisait partie des pays du Levant. C’est donc après la décla­ratio Balfour qu’a com­mencé le déman­tè­lement du monde arabe avec l’effondrement de l’Etat ottoman, et cette partie de la terre a été appelée la Palestine sous le mandat britannique.

Si nous nous basons sur les écrits de l’historien Hérodote puis des his­to­riens euro­péens qui ont enre­gistré les croi­sades, la Palestine est une terre arabe, au sein de laquelle se trouve la ville de Jéru­salem dont l’arabisme est prouvé par des docu­ments, par l’architecture des maisons et des magasins, et par la langue arabe que parlent ses habi­tants. L’arabité de Jéru­salem ne doit donc faire l’objet d’aucun mar­chandage de la part des Israé­liens qui pensent que l’excès de force et la supré­matie mili­taire peuvent leur per­mettre de s’accaparer de la ville sainte.