Israël se cabre face aux pressions américaines

Delphine Matthieussent, lundi 1er juin 2009

Obama exige le gel total des colonisations.

La question de la colo­ni­sation dans les ter­ri­toires pales­ti­niens est en train de virer à la crise ouverte entre le gou­ver­nement israélien de droite de Benyamin Néta­nyahou et les Etats-​​Unis. L’intransigeance du pré­sident amé­ricain, Barack Obama, sur le sujet, qui appelle au gel total de la colo­ni­sation, pro­voque de vives réac­tions dans l’entourage du Premier ministre israélien. « Je veux dire de façon très claire que le gou­ver­nement israélien actuel n’acceptera en aucune façon que la colo­ni­sation légale soit gelée en Judée-​​Samarie (Cis­jor­danie) », a déclaré hier le ministre israélien des Trans­ports, Israël Katz, un proche de Nétanyahou.

« Légales ». Suite à sa ren­contre avec le pré­sident amé­ricain, le 18 mai, Néta­nyahou s’était engagé à évacuer une ving­taine de colonies sau­vages établies par des colons extré­mistes. II espérait tou­tefois béné­ficier de l’indulgence mani­festée par le pré­dé­cesseur d’Obama, George W. Bush, à l’égard des colonies consi­dérées comme « légales » par Israël.

L’Etat hébreu veut notamment pour­suivre les construc­tions, pour - dit-​​il - faire face à leur « crois­sance natu­relle », dans les gros blocs d’implantations qu’il entend conserver dans le cadre d’un accord de paix avec les Pales­ti­niens. Mais, comme l’envoyé spécial amé­ricain pour le Proche-​​Orient, George Mit­chell, et la secré­taire d’Etat, Hillary Clinton, l’ont signifié, de façon très claire, l’administration Obama exige le gel pur et simple de toute forme de colonisation.

Cette déter­mi­nation et la pers­pective du dis­cours du pré­sident amé­ricain, ce jeudi au Caire, pré­senté comme le dis­cours de « récon­ci­liation » des Etats-​​Unis avec le monde arabo-​​musulman, ont pro­voqué une vague d’inquiétude en Israël. Voire davantage. « Plus se rap­proche le dis­cours du Caire, plus la panique monte parmi les proches du Premier ministre », assure Ben Caspit, dans le quo­tidien Maariv. Et d’ajouter : « Néta­nyahou est le seul res­pon­sable de cette situation : l’amateurisme et l’arrogance dont il a fait preuve avec la nou­velle admi­nis­tration amé­ri­caine, le mépris avec lequel il a accueilli le vent nouveau qui souf­flait de Washington. Tout cela lui explose main­tenant à la figure. »

Formule. Reste que la marge de manœuvre de Néta­nyahou, dont la coa­lition repose sur des partis reli­gieux et de droite favo­rables à la colo­ni­sation, est étroite. S’il veut se main­tenir au pouvoir, le chef du Likoud devra trouver dans les pro­chaines semaines une formule qui satis­fasse les exi­gences d’Obama sans pro­voquer une énième crise gou­ver­ne­mentale en Israël.