Israël reprend la construction du Mur illégal

Alja​zeera​.Net, mercredi 26 janvier 2005

Des bull­dozers israé­liens ont recom­mencé à tra­vailler sur l’une des sec­tions les plus contro­versées du Mur de Sépa­ration illégal qui pénètre pro­fon­dément dans la partie Nord de la Cisjordanie.

Le travail a recom­mencé lundi ( 24 janvier 2005) après une pause de huit mois qui faisait suite à une décision de la Cour Suprême israé­lienne d’arrêter la construction.

Les sources de la sécurité pales­ti­nienne de la ville de Salfit, ville qui se trouve juste au Sud de la colonie juive d’Ariel, rap­portent que trois bull­dozers ont com­mencé à tra­vailler en fin de matinée, net­toyant les terres appar­tenant à Salfit et au village voisin d’Iskaka.

Une porte-​​parole du ministère de la défense israélien a confirmé que le travail avait recom­mencé sur une section près de la colonie d’Ariel après auto­ri­sation du Pro­cureur Général, Menachem Mazuz.

« La décision de recom­mencer le travail sur le Mur de Sécurité (dans la zone d’Ariel) a été approuvé par le Pro­cureur Général » a-​​t-​​elle dit sans donner d’autres précisions.

Arrêt suite à la décision de la Cour Suprême israélienne

Une porte-​​parole du ministère de la justice a été inca­pable de donner quelque infor­mation que ce soit au sujet de la décision de Mazuz ou des raisons motivant cette décision.

Le travail sur la section d’Ariel de la vaste bar­rière a été arrêté le 25 juin par ordre de la Cour Suprême israé­lienne suite à un appel déposé un mois plus tôt par le maire de Salfit, Shaher Eshtieh.

Dans son recours, Eshtieh avait averti que la construction de la section d’Ariel allait confisquer quelques 17.000 hec­tares de terres appar­tenant à Salfit et à 19 autres vil­lages dans la région.

En octobre 2003, le gou­ver­nement israélien avait décidé d’inclure Ariel et plu­sieurs autres colonies dans la route du Mur en construisant une série de bar­rières en forme de fer à cheval qui serait par la suite reliée à la section principale.

La construction de la section d’Ariel, qui avait com­mencé en juin dernier, est par­ti­cu­liè­rement conten­tieuse étant donné qu’elle pénètre pro­fon­dément à l’intérieur de la Cisjordanie.

Environ 16.000 per­sonnes vivent à Ariel, une des plus grandes de toutes les colonies juives.

Opinions discordantes

Malgré le fait que la Cour Inter­na­tionale de Justice de la Haye ait décidé en juillet dernier que cer­taines parties de la Bar­rière construites sur des terres pales­ti­niennes étaient illé­gales, Israël a sou­ligné qu’elle allait com­pléter le projet qui est prévu de s’étendre sur environ 700 Km.

Par ailleurs, la ‘Palestine Society’ à l’école d’études orien­tales et afri­caines de l’Université de Londres a récemment organisé un sémi­naire et une expo­sition de photos sur l’impacte du Mur de Cis­jor­danie sur la vie des palestiniens.

Le sémi­naire a conclu que le Mur allait empêcher l’établissement d’un état pales­tinien viable, pro­voquer une véri­table crise huma­ni­taire et empêcher les musulmans et les chré­tiens d’avoir accès aux lieux saints.

Les par­ti­ci­pants ont estimé que l’avis consul­tatif de la Cour Inter­na­tionale de Justice de La Haye était très important malgré le fait qu’un recours de même nature n’avait pas été adopté par les Nations Unies à cause du veto des Etats-​​Unis.

Azmi Bishara, un membre arabe à la Knesset israé­lienne, a dit lors du sémi­naire, que la construction de la Bar­rière allait continuer mais, qu’un jour, elle serait enlevée.

Il a regretté qu’il n’y ait pas d’initiatives pales­ti­niennes ou arabes visant à ‘éclairer’ l’opinion inter­na­tionale sur les impli­ca­tions graves du Mur.