Israël rejette l’appel des Nations unies à lever le blocus de Gaza

Ma’an news, Imemc, jeudi 20 novembre 2008

Ehud Barak, ministre de la Défense israélien a décidé de main­tenir fermées les fron­tières entre Israël et la bande de Gaza, pour­suivant ainsi le blocus total qui dure depuis deux semaines.

Le maintien du blocus est un rejet des appels émis par de hauts res­pon­sables des Nations unies, dont le Secré­taire général Ban Ki-​​Moon, à auto­riser l’entrée de l’aide huma­ni­taire à Gaza.

Ban a télé­phoné au Premier ministre Ehud Olmert mardi 18 novembre, pour le pousser à alléger le blocus. Selon les Nations unies, Olmert a promis " de s’occuper sérieu­sement de la question urgente" du blocus.

L’ordre donné mer­credi 19 signifie que l’armée israé­lienne va continuer à interdire l’accès aux camions qui trans­portent des médi­ca­ments, de la nour­riture, du car­burant et d’autres biens essen­tiels pour les quelque million cinq cent mille habi­tants de Gaza.

Le blocus a été décrété au pré­texte que des roquettes arti­sa­nales pales­ti­niennes avaient été tirées sur Israël. D’après la radio israé­lienne, la décision a suivi une réunion de Barak avec les repré­sen­tants des divers ser­vices de sécurité.

Lundi 17, Israël a autorisé l’entrée de 33 camions qui trans­por­taient des pro­duits d’absolue nécessité mais les Nations unies et les grandes orga­ni­sa­tions huma­ni­taires affirment que c’est insuf­fisant pour contrer la crise huma­ni­taire qui est en cours [1].

La petite bande côtière a subi des cou­pures de courant à répé­tition et des pénuries de nour­riture depuis l’intensification du blocus le 4 novembre.

Dans le même temps, les Bri­gades Al-​​Aqsa, l’aile mili­taire du Fatah, ont reven­diqué mardi soir le tir de mortier sur la localité israé­lienne de Kfar Aza, à l’est de Gaza ville.

Mardi aussi, la haute Com­mis­saire des Nations unies pour les Droits humains, Navi Pillay, a demandé à Israël de mettre fin au blocus immé­dia­tement affirmant que les habi­tants de Gaza étaient "privés par la force de leurs droits humains fon­da­mentaux depuis des mois."

Israël a rejeté ces accu­sa­tions avec colère, faisant porter sur le Hamas la res­pon­sa­bilité de la situation à Gaza.

Depuis le 4 novembre, l’UNRWA n’a pas pu pro­curer les ser­vices de base ser­vices au plus de 750.000 réfugiés de la bande de Gaza [qui ne sur­vivent que grâce à l’aide huma­ni­taire] à cause des res­tric­tions et du siège illégal imposés par Israël.

Ainsi (d’après Saed Ban­noura d’Imemc ce jeudi 20 novembre) à l’hôpital Al Shifa les ser­vices médicaux ont cessé de fonc­tionner selon le Dr. Hussein Ashour, res­pon­sable de l’hôpital, l’un des plus grands centres médicaux de la bande de Gaza.

Ashour a indiqué que les ser­vices d’Oxygène, de car­dio­logie, de thé­rapie phy­sique et la labo­ra­toire prin­cipal ont arrêté com­plè­tement de même que le géné­rateur prin­cipal, par manque de car­burant. Les habi­tants de Gaza sont privés d’électricité pendant 12-​​18 heures par jour.

Environ 270 patients, dont des femmes, des enfants et des per­sonnes âgées, sont morts dans la bande de Gaza à cause du siège, alors que les hôpitaux sont à court de médi­ca­ments et d’équipement médical et qu’Israël, interdit aux patients de quitter Gaza pour se faire soigner ailleurs.

[1] ainsi, selon l’AFP le 14 novembre 2008, "Amnesty inter­na­tional a demandé ven­dredi aux auto­rités israé­liennes de laisser entrer l’aide huma­ni­taire dans la bande de Gaza et de mettre fin à une véri­table "punition col­lective" pour la population.

"Le dernier ren­for­cement du blocus par Israël a fait empirer une situation huma­ni­taire déjà cri­tique. Ce n’est rien de moins qu’une punition col­lective de la popu­lation civile de Gaza et cela doit stopper immé­dia­tement", a déclaré Philip Luther, directeur adjoint du pro­gramme Proche-​​​​Orient et Afrique du nord d’Amnesty, cité dans un communiqué.

L’organisation de défense des droits de l’Homme, basée à Londres, a sou­ligné que "même le filet d’aide huma­ni­taire qui était autorisé à entrer à Gaza, dont dépend 80% de la popu­lation, est main­tenant inter­rompu depuis neuf jours par l’armée israélienne".

"La livraison des appro­vi­sion­ne­ments médicaux et de fioul offerts par l’Union euro­péenne pour l’alimentation des cen­trales élec­triques de Gaza a également été bloquée", a pour­suivi Amnesty, sou­li­gnant que les jour­na­listes étrangers et un convoi de diplo­mates euro­péens s’étaient vu refuser l’accès au territoire.

"Gaza est coupée du monde exté­rieur. Israël ne semble pas tenir à ce que le monde constate la souf­france que ce blocus cause au million et demi de Pales­ti­niens qui sont lit­té­ra­lement pri­son­niers là-​​​​bas", a pour­suivi M. Luther, qua­li­fiant la situation à Gaza de "rien moins que désastreuse".