Israël rejette des accusations suédoises sur des exécutions extrajudiciaires

L’Orient le Jour avec AFP, lundi 7 décembre 2015

Israël a qualifié de "scandaleux" des propos de la chef de la diplomatie suédoise qui, selon l’Etat hébreu, l’accuse de procéder à des "exécutions extrajudiciaires" contre les auteurs palestiniens d’attaques au couteau.

En réponse à des questions de députés lors d’une session du Parlement suédois vendredi, Margot Wallström a condamné les attaques au couteau contre des Israéliens mais a estimé que "la réponse" devait éviter d’être "disproportionnée" ou de comprendre des "exécutions extrajudiciaires".

"C’est une déclaration scandaleuse, fallacieuse, impertinente et détachée de la réalité", a réagi dans la nuit de vendredi à samedi le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, Emmanuel Nahshon.

Mme Wallström "propose que les citoyens israéliens présentent leurs cous aux meurtriers qui cherchent à les poignarder", a-t-il soutenu. "En Israël, toute personne qui commet un crime comparaît devant un tribunal, y compris les terroristes", selon lui. "Les citoyens israéliens doivent vivre confrontés au terrorisme, qui est soutenu par les déclarations fausses et irresponsables de ce genre".

"Je dénonce les attaques au couteau. Je dis qu’elles sont horribles, qu’elles ne devraient pas arriver et qu’Israël a le droit de se défendre", a dit la ministre suédoise. "Mais je dis aussi que la réponse ne doit pas être telle - et c’est ce que je dis dans d’autres situations où la réponse se traduit par des exécutions extrajudiciaires ou qu’elle est disproportionnée (...)".

Depuis le début octobre une vague d’attaques anti-israéliennes par des Palestiniens isolés, la plupart armés de couteau, a fait 17 morts israéliens, ainsi qu’un Américain et un Erythréen, selon un décompte de l’AFP.

Côté palestinien, 109 personnes ont été tuées, la plupart en commettant ou tentant de commettre des attaques, les autres lors d’affrontements avec les soldats israéliens.

Un porte-parole de Mme Wallström a clarifié samedi dans un communiqué que la ministre "n’avait pas affirmé qu’Israël menait des exécutions extrajudiciaires". Elle "a fait une déclaration générale sur le droit international, le droit à se défendre et l’importance de la proportionnalité et du jugement. Ce qu’elle a dit s’applique à toutes les parties". Margot Wallström avait déjà provoqué l’ire d’Israël en déclarant, juste après les attentats de Paris, que le conflit israélo-palestinien était un facteur de radicalisation au Moyen-Orient.