Israël : quand la droite française perd une élection imperdable

La candidate socialiste a pu compter également sur les déchirements de la droite, l’adversaire le plus sérieux

Gilles Paris, dimanche 24 juin 2012

Il fallait tout de même le faire. Dans une circonscription où Nicolas Sarkozy l’avait largement emporté en mai, la droite représentée par Valérie Hoffenberg a réussi à perdre face à une très discrète candidate socialiste. Hétéroclite comme chacun des territoires taillés à la hache pour dégager 12 députés des Français de l’étranger (déjà représentés au Sénat par des élus spécifiques), la huitième circonscription rassemblait outre Israël (qui comptait pour près de la moitié des voix), la Turquie, la Grèce, l’Italie, Malte et Chypre. Sur le sol israélien où M. Sarkozy avait culminé à plus de 80% en mai, comme à Jérusalem, comptabilisé séparément, la droite, bien qu’arrivée en tête, a perdu une vingtaine de points, trop pour compenser l’hémorragie constatée partout ailleurs et qui explique le succès de Daphna Poznanski (voir le tableau ci-dessous, source ministère des affaires étrangères).

Installée en Israël depuis plus de trente ans alors que sa rivale est une élue municipale de Paris un temps émissaire de M. Sarkozy au Proche-Orient, la candidate socialiste a pu compter également sur les déchirements de la droite, l’adversaire le plus sérieux de Mme Hoffenberg au premier tour, Philippe Karsenty, arrivé en tête en Israël, élu municipal de Neuilly, avait en effet appelé à voter socialiste. Et c’est ainsi que le PS , malgré des positions très fermes sur la question palestinienne, gagna un siège sur lequel il n’avait sans doute pas misé un agorot.