Israël favorable à l’initiative de paix saoudienne

L’Orient le Jour, lundi 20 octobre 2008

« Le plan saoudien nous inté­resse, a-​​t-​​il affirmé. Nous avons des intérêts en commun avec les éléments les plus modérés pré­sents en Iran et au sein du Hez­bollah et du Hamas. »

Les diri­geants israé­liens sont en train d’examiner une ini­tiative de paix pro­posée par l’Arabie saoudite en 2002, a annoncé hier le ministre israélien de la Défense, Ehud Barak. Il a par ailleurs indiqué que les négo­cia­tions avec la Syrie et les Pales­ti­niens ont démontré que le temps était venu de relancer les négo­cia­tions de paix dans la région. M. Barak a par ailleurs ajouté avoir discuté de ce sujet avec le pré­sident Shimon Pérès et la nou­velle chef de Kadima, Tzipi Livni [1].

L’initiative de paix saou­dienne propose la recon­nais­sance de l’État d’Israël par l’ensemble du monde arabe en échange du retrait israélien des ter­ri­toires acquis durant la guerre des Six-​​Jours en 1967. Elle demande la consti­tution d’un État pales­tinien indé­pendant avec Jérusalem-​​Est comme capitale et pour le droit au retour des réfugiés pales­ti­niens et de leurs des­cen­dants. Dans un premier temps, Israël a rejeté le plan de paix saoudien. Néan­moins l’année der­nière, le Premier ministre Ehud Olmert l’a qua­lifié « d’initiative positive » mais a rejeté caté­go­ri­quement les reven­di­ca­tions concernant les réfugiés.

Paral­lè­lement, à Madrid, le chef du gou­ver­nement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, et le roi Abdallah II de Jor­danie ont estimé, au cours d’une ren­contre samedi, que le pro­cessus de paix au Proche-​​Orient tra­versait un « moment décisif », notamment à l’approche des élec­tions amé­ri­caines. M. Zapatero a mis en relief l’implication de l’Espagne dans le pro­cessus de paix au Proche-​​Orient, en citant sa pré­sence au sein de la Force inté­ri­maire des Nations unies au Liban (Finul) ou encore l’aide au peuple pales­tinien, a sou­ligné la pré­si­dence du gou­ver­nement espagnol.

Le monarque jor­danien, accom­pagné de la reine Rania, faisait samedi une visite offi­cielle en Espagne. Dans un entretien publié samedi par le quo­tidien el Pais, le roi Abdallah II s’est déclaré « pes­si­miste » sur les chances de succès dans les négo­cia­tions de paix israélo-​​palestiniennes. « Si nous ne par­venons à rien avant la fin de l’année, étant donné l’incertitude entre Israël et Palestine, il n’y aura pas d’avenir pour le pro­cessus de paix », estime le roi, ajoutant que cette pers­pective « fait peur à tous ». « Pour la pre­mière fois, je me sens pes­si­miste. Et je crois tou­jours être l’un des leaders les plus opti­mistes du Proche-​​Orient », déclare encore le roi Abdallah. « Israël doit décider s’il veut être à l’avenir une for­te­resse ou bien s’impliquer dans le monde arabe et musulman », poursuit le monarque.

Les négo­cia­tions de paix israélo-​​palestiniennes, censées aboutir avant fin 2008, n’ont enre­gistré aucun résultat signi­fi­catif depuis leur relance au sommet d’Annapolis (États-​​Unis) il y a un an. Les diri­geants pales­tinien Mahmoud Abbas et israélien Ehud Olmert, qui se voyaient en moyenne deux fois par mois depuis, ne se sont pas vus depuis le 16 sep­tembre et une ren­contre, annoncée pour ven­dredi dernier par un ministre pales­tinien, n’a pas eu lieu.

[1] tou­jours selon l’Orient le Jour, Israël s’attend à des négo­cia­tions irano-​​​​US si Obama est élu président

Israël s’attend à ce que les États-​​​​Unis engagent des négo­cia­tions directes avec l’Iran au cas où le can­didat démo­crate à la Maison-​​​​Blanche, Barack Obama, est élu en novembre, a affirmé hier un haut res­pon­sable israélien cité par le Haaretz. Selon cette source, qui a requis l’anonymat, les res­pon­sables israé­liens étudient les dif­fé­rents scé­narios envi­sa­geables entre l’Occident et l’Iran. L’un des scé­narios est la pos­si­bilité d’un dia­logue direct entre Washington et Téhéran pour mettre fin au pro­gramme nucléaire contro­versé iranien. Un autre scé­nario envisagé est que la Répu­blique isla­mique approuve l’offre des Six après  –  ou même avant  –  l’élection pré­si­den­tielle amé­ri­caine. L’offre des Six propose l’arrêt des acti­vités sen­sibles ira­niennes pour per­mettre le démarrage de négo­cia­tions. Par ailleurs, tou­jours selon le Haaretz, Israël s’apprête à lancer une cam­pagne écono­mique, média­tique et diplo­ma­tique contre l’Iran pour dénoncer son pro­gramme nucléaire contro­versé et son bilan en matière des droits de l’homme.