Israël détruit à coups de bulldozer des maisons palestiniennes subventionnées par l’UE, en laissant 27 personnes sans logis

Les autorités israéliennes détruisent, pour la seconde fois cette année, des maisons du village de Bédouins de Umm al-Kheir.

Middle East Eye, jeudi 11 août 2016

Un garçon passe à côté des décombres après la démolition de mardi, qui a laissé 16 mineur sans logis (AFP)

Des dizaines de Palestiniens ont été laissés sans logis mardi après qu’Israël a rasé cinq bâtiments en Cisjordanie, dont trois ont été subventionnés par l’Union Européenne.

Les photos et les vidéos envoyées aux médias sociaux par l’ONG israéliennes B’Tselem ont montré les bulldozers israéliens arrivant pour détruire les bâtiments préfabriqués, dont certains montraient le drapeau de l’UE apposé sur leurs murs extérieurs.

Selon B’Tselem, 16 mineurs faisaient partie des 27 Palestiniens rendus sans logis par les démolitions, qui ont eu lieu à Umm al-Kheir, au Sud des Collines d’Hébron en Cisjordanie. C’est la seconde fois cette année que les autorités israéliennes ont détruit leurs maisons. Des témoins ont dit au serveur d’informations, Raya, que les bâtiments d’habitation étaient occupés par les membres d’un seule famille élargie.

Le Premier Ministre de l’Autorité Palestinienne, Rami Hamdallah, a condamné mardi la destruction destruction on Tuesday, la qualifiant de violation du droit international.

“Israël détruit sans relâche les maisons et les moyens de subsistance des Palestiniens afin de faire place à davantage de colonies illégales,” a dit le bureau de Hamdallah dans une déclaration.

“Encore une fois, j’appelle la communauté internationale à intervenir et à mettre un terme aux violations en cours du droit international par Israël.”

La Ministre israélienne de la Justice, Ayalet Shaked, est allée voir lundi le Sud des Collines d’Hébron, en déclarant qu’il y avait “une énorme quantité de construction palestinienne illégale" dans la région, dont une part importante construite avec l’aide de la "finance étrangère".

Les Palestiniens de la zone doivent obtenir un permis de construire de l’armée israélienne – sans lequel, leurs maisons sont considérées comme illégales. Selon les données de l’Administration Civile [1], analysées par l’ONU, Israël n’a approuvé que 33 - ou 1,5 % - des 2.020 demandes de permis dans la Zone C qui lui ont soumises entre 2010 et 2014.

La famille Hathalin, dont les maisons ont été détruites, possède un acte de propriété sur la terre sur laquelle le village est situé. La colonie voisine de Carmel a été construite dans les années 1980s sur une terre appartenant aux Hathalin.

Depuis 2009, l’UE a subventionné le logement temporaire des Palestiniens habitant dans la Zone C de la Cisjordanie, qui est sous contrôle civil et militaire israélien.

Le subventionnement a été une source permanente de tension entre l’UE et Israël au cours des sept dernière années, bien que l’UE déclare que le logement représente une aide humanitaire et que, en tant que telle, ne rend pas nécessaire un permis de la part de l’armée.

Dans ses commentaires, lundi, Shaked a accusé l’UE d’voir « deux poids, deux mesures » en soutenant le logement des Palestiniens dans la Zone C, tout en s’opposant à la construction de colonies israéliennes dans d’autres régions de la Cisjordanie.

En juin, l’armée israélienne a démoli sept bâtiments subventionnés par l’UE, habités par des habitants bédouins de Cisjordanie.

Deux semaines auparavant, l’ambassadeur de l’UE en Israël, Lars Fairborn Andersen, avait prévenu que la poursuite des démolitions prévues risquaient de nuire aux liens entre Israël et l’Union. B’Tselem, qui a transmis mardi des informations sur la démolition, dit qu’Israël a démoli plus de maisons dans la Zone C in Area C au cours de la première moitié de 2016 que pendant toute l’année 2015.

Traduit de l’anglais par Yves Jardin, membre du GT de l’AFPS sur les prisonniers

[1Contrairement à ce que le nom peut laisser croire, l’Administration Civile Israélienne est une administration militaire qui régit la vie des civils palestiniens habitant dans les territoires occupés par l’armée israélienne.