Israël : des acteurs créent la polémique

Afp, dimanche 29 août 2010

Plu­sieurs dizaines d’acteurs et artistes israé­liens ont signé une pétition dans laquelle ils affirment refuser de se pro­duire dans la colonie juive d’Ariel en Cis­jor­danie, a indiqué ce matin à la radio publique un de leurs représentants.

"Ariel se trouve en ter­ri­toire occupé, et aucun artiste israélien ne doit se pro­duire en ter­ri­toire occupé, ni à Ariel ni dans aucune autre implan­tation, car c’est contraire au droit inter­na­tional", a affirmé à la radio le dra­ma­turge Yéhoshua Sobol. Ariel, 18.000 habi­tants, est l’une des plus grandes colonies juives créées en Cis­jor­danie occupée depuis juin 1967 et abrite un centre culturel qui a récemment été inauguré.

"Les habi­tants d’Ariel dis­posent d’excellentes routes et n’ont qu’à s’en servir pour venir nous voir à Tel-​​Aviv", a ajouté M. Sobol. Selon lui, pas moins de 53 acteurs, artistes et dra­ma­turges israé­liens ont signé une pétition en ce sens, notamment des grands noms du théâtre comme Yossi Pollak, Yousef Sweid, Anat Gov ou Savyon Liebrecht.

Ces der­niers repré­sentent les prin­ci­pales com­pa­gnies théâ­trales d’Israël, notamment Beit Lessin, Guesher, Habimah, Caméri, les Théâtres de Beer­sheva et Haïfa, ou le Khan de Jéru­salem, tous sub­ven­tionnés par des fonds publics. "Nous appelons les direc­tions des théâtres à pour­suivre leurs acti­vités sur le ter­ri­toire sou­verain d’Israël à l’intérieur des limites de la Ligne verte" qui démarque Israël des ter­ri­toires occupés, ont sou­ligné les auteurs de la pétition.

Cette prise de position a suscité les réserves d’une partie du monde des planches, ainsi que la colère des colons et de l’aile droite de la classe poli­tique, à com­mencer par le Premier ministre Ben­jamin Netanyahu.

Cité en sub­stance par la radio publique, il a affirmé devant ses ministres réunis en séance heb­do­ma­daire qu’"Israël est victime d’une cam­pagne inter­na­tionale de +délé­gi­ti­mation+, et tout boy­cottage est inac­cep­table — encore moins chez nous, lorsqu’il pro­vient de gens financés par l’Etat".

Le maire d’Ariel, Ron Nahman, s’est de son côté dit "choqué par cette pétition qui mélange poli­tique et culture".