Israël : La fermeture de carrières en Cisjordanie nuit à des résidents palestiniens

Plusieurs centaines d’emplois sont menacés

Communiqué de Human Rights Watch, vendredi 22 avril 2016

Une carrière à Beit Fajar (Cisjordanie), inactive suite à sa fermeture par l'armée israélienne le 21 mars 2016. © Human Rights Watch, 5 avril 2016

(Beit Fajar, Cisjordanie, le 21 avril 2016) - Les autorités militaires israéliennes ont ordonné en fin mars la fermeture d’environ 35 carrières appartenant à des Palestiniens en Cisjordanie, et ont confisqué du matériel d’exploitation minière d’une valeur totale de plusieurs millions de dollars, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui. Ces mesures répressives risquent de menacer les moyens de subsistance de près de 3 500 ouvriers et reflètent le caractère discriminatoire de la règlementation israélienne concernant les carrières palestiniennes, dont les propriétaires n’ont pas été en mesure d’obtenir de nouvelles licences d’exploitation depuis plus de 20 ans.

Les autorités militaires ont procédé à la fermeture de plusieurs carrières situées à proximité du village de Beit Fajar le 21 mars, quatre jours après l’agression au couteau d’un soldat israélien par deux habitants de ce village. Le choix de la date et le nombre élevé de fermetures laissent craindre qu’il a pu s’gire d’un acte de punition collective, ce que le droit international interdit.

« L’armée israélienne a promis de faciliter le développement économique palestinien, mais au lieu de cela, elle paralyse une industrie palestinienne en Cisjordanie, tout en promouvant cette industrie – l’exploitation minière de carrières – dans les colonies israéliennes », a déclaré Sari Bashi, directrice de recherches sur Israël et la Palestine à Human Rights Watch.

Le droit international humanitaire qui s’applique aux territoires occupés interdit la punition collective de personnes pour des actes qu’elles n’ont pas commis et exige qu’Israël facilite dans la mesure de possible la vie quotidienne des civils palestiniens, y compris en favorisant le développement économique.