Inter­pel­lation du MAEE contre la répression de la résis­tance non-​​violente pales­ti­nienne à Beit Ommar

Taoufiq Tahani, Groupe de Travail de soutien à la résistance populaire, mardi 19 juin 2012

Paris, le 12 juin 2012

M. Laurent Fabius

Ministre des Affaires étrangères et européennes

37, quai d’Orsay

75007 Paris

Objet : demande d’action contre la répression de la résis­tance non-​​violente pales­ti­nienne à Beit Ommar

Monsieur le Ministre,

L’armée israé­lienne réprime depuis plu­sieurs mois par­ti­cu­liè­rement vio­lemment la résis­tance popu­laire non vio­lente à Beit Ommar, agglo­mé­ration de 17000habitants située entre Bethléem et Hébron, en butte aux exac­tions de colons des implan­ta­tions qui l’entourent. Jugez en :

Mousa Abu Maria, membre du comité popu­laire, un leader de la résis­tance non-​​violente pales­ti­nienne, a été arrêté le 11 juin, alors qu’il allait tra­vailler sur sa terre (adja­cente à la colonie de Carmi Tsur) avec quelques inter­na­tionaux et d’autres fer­miers de Beit Ommar. Les colons leur ont jeté des pierres et les ont copieu­sement insultés avant d’appeler l’armée. Mousa a reçu un coup de crosse de fusil à la tête et a été attaché sous un arbre pendant plus d’une heure, sans soins, avant d’être emmené en centre de détention.

Samedi 9 juin, son frère, Yousef Abu Maria, Porte-​​parole du comité popu­laire, a été pour la énième fois arrêté pendant la mani­fes­tation hebdomadaire.

Le samedi 12 mai dernier c’est Ahmad Abu Hashem, Secré­taire du comité popu­laire, qui était arrêté lors de la mani­fes­tation de soli­darité avec les pri­son­niers pales­ti­niens en grève de la faim à cette date.

En avril treize per­sonnes dont cinq mineurs ont été arrêtées, après les dix-​​sept per­sonnes dont dix mineurs arrêtées en mars.

Visi­blement par cette vague d’arrestations, l’armée veut déca­piter et espère briser la résis­tance popu­laire de ce village. Elle procède de la même façon dans d’autres vil­lages qui résistent, avec le soutien de paci­fistes israé­liens et de mili­tants inter­na­tionaux, contre la spo­liation de leurs terres.

Ce n’est pas sup­por­table. Ces actes reviennent à nier le droit de mani­fester pour les Pales­ti­niens, droit uni­ver­sel­lement reconnu. Toute issue négociée est aujourd’hui bloquée par l’obstination israé­lienne à pour­suivre sa poli­tique des faits accomplis avec l’extension constante des colonies, y compris à Jérusalem-​​Est.

A l’instar des Pales­ti­niens de Cis­jor­danie, ceux de Beit Ommar, soumis à occu­pation mili­taire, recourent à des mani­fes­ta­tions non-​​violentes pour faire entendre leurs droits – en l’occurrence pour s’opposer à l’extension des colonies israé­liennes sur leurs terres.

La France doit s’impliquer avec force pour faire recon­naître et appliquer enfin le droit inter­na­tional, par tous les moyens, en com­mençant par pro­tester vigou­reu­sement auprès des auto­rités israé­liennes contre ces arres­ta­tions arbi­traires et ces atteintes inac­cep­tables au droit de mani­fester des Pales­ti­niens, à Beit Ommar, comme dans de nom­breuses autres loca­lités Palestiniennes.

Dans l’attente d’une action ferme et déter­minée de notre pays et de l’Union euro­péenne en ces sens, je vous prie de croire, Mon­sieur le Ministre, à l’expression de nos salu­ta­tions les plus respectueuses.

Taoufiq TAHANI

Vice-​​Président de l’AFPS,

Animateur du Groupe de Travail de soutien à la résistance populaire

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