Infos Gaza n°422 - Semaine du 6 au 12 novembre 2008

Palestinian Centre for Human Rights (PCHR), dimanche 16 novembre 2008

Dans la bande de Gaza, au cours de la semaine du 6 au 12 novembre, les Forces d’Occupation Israé­liennes (FOI) ont tué 4 Pales­ti­niens. Elles en ont blessé 7 autres par balles, dont un mineur et un militant des Droits de l’homme. Le siège a été encore plus rigoureux cette semaine, privant pra­ti­quement toute la popu­lation de blé et de fioul. Seuls, deux postes fron­tière sur les 6 que compte la bande de Gaza, ont eu un peu d’activité.

Les jeunes font leurs devoirs éclairés par une lampe à gaz pendant les cou­pures d'électricité à Gaza ville

Jeudi 6 novembre – 09h55 - Plu­sieurs agri­cul­teurs accom­pagnés de 5 membres du « Mou­vement de Soli­darité Inter­na­tionale » (ISM) étaient occupés à tra­vailler un lopin de terre situé à 150 mètres de la fron­tière à l’Est de Khan Younis. Bientôt 4 jeeps des FOI les rejoignent, font des tirs de som­mation et tirent dans leur direction. Selon madame Fidaa’ Qishta, coor­di­na­trice de l’ISM pour la bande de Gaza ces inter­na­tionaux accom­pa­gnaient ces agri­cul­teurs à leur travail. Quand les FOI ont com­mencé à tirer les agri­cul­teurs se sont enfuis et les inter­na­tionaux sont restés sur place les bras en l’air pour montrer qu’ils n’étaient pas armés. Les jeeps sont reparties plus tard..

13h05 - l’aviation des FOI tire un missile sur un groupe de résis­tants qui s’apprêtaient à tirer un missile de fabri­cation arti­sanale depuis la localité de Jabaliya sur des villes israé­liennes. Un des résistant a été légè­rement blessé.

Samedi 8 – 09h00 Les FOI pénètrent à 300 mètres de Khuza’a village à, l’Est de Khan Younis. Les nive­leuses rentrent en action pour égaliser les terres défoncées aupa­ravant. Les FOI en pro­fitent pour faire exploser une bombe qu’elles avaient placée sur le secteur. Au cours de cette opé­ration la résis­tance est inter­venue pour s’opposer aux travaux. Pas de vic­times. Les FOI se retirent à 11h00

 Mardi 11  – 11h00 Depuis la fron­tière à la hauteur de Khan Younis, les FOI ouvrent le feu sur plu­sieurs agri­cul­teurs et sdur 5 mili­tants de la soli­darité inter­na­tionale, regroupés à Al Fukhari, localité située à 150 mètres de la fron­tière. Aucun blessé    Mer­credi 12 – 10h00 - une unité d’infanterie pénètre à 200 mètres dans la localité de Al Qarara. Une confron­tation sévère a lieu entre les FOI et la résis­tance pales­ti­nienne. A 11h30 l’aviation vient en renfort et tire des mis­siles sur la zone de combat. 4 parmi les com­bat­tants pales­ti­niens regroupés et en nombre sont tués Mohsen Mousa Hamdan al-​​Qedra, 23 ans, Mahmoud Na’im Siam, 26 ans, Rami ’Omar Khalil Fraina, 35 ans et Isma’il Mohammed ’Ali Abu al-’Ola, 33 ans. Les ambu­lances n’ont été auto­risées à venir ramasser les corps qu’à 12h30. Plu­sieurs maisons sont sérieu­sement endom­magées   La situation aux 6 postes frontière

- Sofa et Karm Abu Salem à l’Est de Rafah, sont restés fermés toute la semaine

- Al-​​Mentar (Karni) à l’Est de Gaza ville est également resté fermé toute la semaine. Aucune céréale n’a été auto­risée a venir appro­vi­sionner les dépôts des meu­neries. La bande de Gaza est à court de farine alors que les besoins sont de 500 tonnes par jour. Mr. Ziad al-​​Farra, Directeur General de la com­pagnie des meu­neries pales­ti­niennes à Khan Younis a déclaré que la, pro­duction de farine serait inter­rompue dans les 24 heures à cause de l’arrêt des livraisons de blé depuis le mardi 4 novembre. Al-​​Farra a ajouté que la com­pagnie recevait habi­tuel­lement 500 tonnes de blé par jour et que depuis 6 jours il n’y a eu aucune livraison. Il est inquiet en ce qui concerne le contrat passé avec l’UNRWA l’engageant à lui livrer 300 tonnes de farine par jour. Sabri Abu Ghali, four­nisseur, a déclaré que pour le mois de sep­tembre les postes fron­tière n’ont été ouverts que 5 jours pour laisser rentrer du blé. Ceci a eu pour effet d’accentuer la pénurie de blé stocké dans les dépôts. Trois meu­neries ont arrêté leur pro­duction de farine et les deux autres pré­voient une fer­meture immi­nente s’ils ne sont pas approvisionnés.

- Rafah International

Date Details
5 Nov 361 malades et étudiants sont sortis ; 205 sont rentrés
6 Nov  636 - - - - 147 - -

- Nahal Ouz à l’Est de Gaza ville est resté fermé depuis le mer­credi 5 novembre entrainant un manque cruel de fioul pour la pro­duction d’électricité. Depuis le bom­bar­dement par Israël de des ins­tal­la­tions de pro­duction d’électricité Gaza assure le tiers de sa consom­mation L’ingénieur en chef, Hassan al-​​Nabih a déclaré au PCHR qu’une des tur­bines géné­ra­trices de courant avait déjà été arrêtée. La pro­duction est ainsi tombée de 70 à 50 méga­watts. Al Nabil a précisé que la cen­trale consomme 2.500.000 litres de fioul par semaine et que les capa­cités de sto­ckages sont très limitées.

Le Lundi 10 novembre à 18h30 la Cen­trale a inter­rompu sa pro­duction d’électricité. Gza ville et ses ban­lieues ont été les prin­ci­pales tou­chées. 570.000 per­sonnes se sont retrouvées dans l’obscurité La com­pagnie chargée de la, dis­tri­bution de l’électricité sur la bande de Gaz a été obligée de com­penser ce manque par un rééqui­li­brage des four­nis­seurs israélien et égyptien. (Israël vend à Gaza 120 Mw (soit 58,5 % des besoins jour­na­liers) l’Egypte 17,5 Mw.

Mardi les FOI ont autorisé l’entrée de 427.410 litres de fioul, soit la pro­duction d’ élec­tricité d’une journée. La crise huma­ni­taire s’amplifie.

- Beit Hanoun (Erez) au Nord de la bande de Gaza – Depuis le 6 juin 2007 aucune famille n’a été auto­risée à sortir pour aller rendre visite aux siens, incar­cérés dans les prisons israé­liennes Le tableau ci-​​dessous fait état des mou­ve­ments (entrées et sorties) des malades (111) et de leurs accom­pa­gna­teurs (96), des com­mer­çants (0), des jour­na­listes (6), des Inter­na­tionaux (44) et des Pales­ti­niens de Gaza auto­risés à aller à l’étranger ou en revenir (6)  

Date Patients Acc Comm. Journ Internat Palest
6 16 15 0 2 27 0
7 11 10 0 1 4 0
8 0 0 0 0 0 0
9 40 36 0 2 1 6
10 39 30 0 1 8 0
11 5 5 0 0 4 0

  La sur­veillance des côtes par les vedettes lance missile et les héli­co­ptère rend impos­sible toute sortie du territoire