Hommage à Arafat – Le fedayine au fusil et au rameau d’olivier

PNN, mardi 11 novembre 2008

Des mil­liers de pales­ti­niens rendent honneur mardi au chef his­to­rique Yasser Arafat, au qua­trième anni­ver­saire de sa mort. [1].Une mani­fes­tation et une céré­monie de com­mé­mo­ration ont lieu à Ramallah. A Gaza, le Hamas a interdit toute célébration.

Un service a eu lieu dans le siège du gou­ver­nement du pré­sident de l’Autorité pales­ti­nienne. Mahmous Abbas a déposé une gerbe de fleurs sur la tombe de Yasser Arafat, dans la cour de la Mouqa’taa.

A Bethléem et Hébron, des ras­sem­ble­ments popu­laires en l’honneur De Yasser Arafaty ont été vio­lemment réprimés par les forces d’occupation.

Mohammed Abdel-​​Rahman Abdel-​​Raouf Al-​​Kidwa Al-​​Husseini adopta le nom de « Yasser » lorsqu’il étudiait à la Faculté d’ingénirie du Caire, en mémoire d’un com­battant pales­tinien tué sous le mandat britannique.

Né en 1929, Arafat a com­mencé sa car­rière poli­tique au début des années 1950, lorsqu’il fonda en 1952 l’Union des étudiants pales­ti­niens en Egypte. On dit que cette année là, après la vic­toire de la révo­lution des offi­ciers libres en Egypte en juillet, Arafat envoya une lettre au général Mohamed Naguib, premier pré­sident de l’Égypte, avec seulement trois mots en arabe : « N’oubliez pas la Palestine ».

Durant la crise du canal de Suez, il sert dans l’armée égyp­tienne. En 1958, alors qu’il tra­vaillait comme ingé­nieur au Koweït, il fonda avec un petit groupe de Pales­ti­niens – parmi les­quels Abou Iyad et Abou Jihad – son parti poli­tique, le Fatah, qui appuyait la lutte armée pour libérer la Palestine. Il adopte le nom de Abou Ammar, en hommage à Ammar Ben Yasser, un com­pagnon du pro­phète Mahomet.

Au mois de mai 1964 vit le jour l’Organisation de Libé­ration de la Palestine (OLP) sous les aus­pices de l’Égypte. L’organisation demande le droit à l’autodétermination pour les Pales­ti­niens. Elle a pour premier but l’établissement d’un État pales­tinien de la Médi­ter­ranée au Jourdain, recou­vrant notamment les ter­ri­toires d’Israël. En décembre, un groupe du Fatah mène sa pre­mière opé­ration mili­taire, la des­truction d’une pompe à eau israélienne.

Suite à la Guerre des Six jours de 1967 , des mil­liers de nou­veaux réfugiés et des fedayins pales­ti­niens se sont ins­tallés en Jor­danie. Le quartier général de l’OLP se déplace à Amman.

En 1969, durant le Congrès national pales­tinien, Arafat est nommé pré­sident de l’OLP, devenue le repré­sentant du peuple pales­tinien. La lutte armée contre Israël a été acceptée par les accords du Caire en 1969. L’année sui­vante, suite aux événe­ments de « Sep­tembre Noir », le siège de l’OLP quitte Amman et s’installe à Bey­routh. En 1971, un groupe israélien, parmi les­quels il y avait aussi Ehoud Barak, tenta d’assassiner Yasser Arafat au Liban.

En 1974, l’ONU reconnaît l’OLP comme « légitime repré­sentant du peuple pales­tinien ». Au mois de novembre, Arafat s’exprime pour la pre­mière fois devant l’Assemblée générale des Nations unies à New York : « Je suis ici pour la Palestine. Je suis venu porteur d’un rameau d’olivier et d’un fusil de révo­lu­tion­naire. Ne laissez pas tomber le rameau de ma main ».

Suite à l’opération Paix en Galilée, l’invasion israé­lienne de Bey­routh en 1982 au cours de laquelle eurent lieu les mas­sacres de Sabra et Chatila, l’OLP est forcé de quitter Bey­routh et de se déplacer en Tunisie, où elle restera jusqu’en 1994.

En 1988 la pre­mière Intifada, menée par le Com­man­dement unifié de l’Intifada, éclate en Cis­jor­danie et sur la bande de Gaza. L’OLP reconnaît la réso­lution 181 de l’ONU de 1947, qui partage la Palestine en deux Eats, l’un juif, l’autre arabe.

Après la guerre du Golfe et le pro­cessus de paix entamé à la Confé­rence de Madrid de 1991, des négo­cia­tions secrètes sont menées à Oslo entre des membres de l’OLP et du gou­ver­nement israélien pour trouver un accord de paix. Le 13 sep­tembre 1993 Arafat signe avec le Premier ministre israélien Yitzhak Rabin, à Washington, les « accords d’Oslo ». Des nom­breuses ques­tions ne sont pas encore résolues, comme le futur des colonies de peu­plement, l’avenir des réfugiés pales­ti­niens et le statut final de Jérusalem.

En 1994, après 27 ans d’exil, Arafat retourne en Cis­jor­danie. La même année, il a reçu le prix Nobel de la paix avec Yitzhak Rabin et Shimon Peres.

En 1996 Arafat a été élu pré­sident de l’Autorité pales­ti­nienne. Mais dans les années sui­vantes Arafat perd pro­gres­si­vement de son crédit auprès d’une partie de son peuple qui lui reproche la cor­ruption de son Autorité.

En 2000, éclate la deuxième Intifada, suite à la visite d’Ariel Sharon à l’Esplanade des mos­quées. Les vio­lences sur le terrain se mul­ti­plient. Bill Clinton propose à Araft de renoncer au droit au retour des réfugiés pales­ti­niens en échange du statut de Jéru­salem comme capitale de la Palestine et d’Israël, mais pour Arafat cela est impossible.

Le diri­geant pales­tinien est contraint à ne plus quitter Ramallah durant les der­nières années de sa vie. Il est enfermé pendant quelques mois à l’intérieur de la Mouqa’taa. Cet iso­lement n’est rompu qu’à la veille de sa mort, quand il est emmené d’urgence en région pari­sienne où il décède en 2004.

[1] A Bethléem et Hébron, des ras­sem­ble­ments popu­laires en l’honneur de Yasser Arafat ont été vio­lemment réprimés par les forces d’occupation