Gratuité des soins en Jordanie pour un groupe de patients de Gaza

Irin, mercredi 16 janvier 2008

Les res­tric­tions imposées par Israël sur la cir­cu­lation des biens et des per­sonnes à l’intérieur et hors de la bande de Gaza ont gra­vement per­turbé le secteur de la santé, contrai­gnant de nom­breux patients à aller se faire soigner à l’extérieur de l’enclave côtière.

Les pre­miers patients à quitter la bande de Gaza depuis la prise de contrôle de cette enclave par le Hamas sont arrivés le 3 janvier à Amman, capitale jor­da­nienne, pour recevoir des soins médicaux appro­priés et pouvoir subir les opé­ra­tions chi­rur­gi­cales sus­cep­tibles de leur sauver la vie.

Dans ce groupe de 13 per­sonnes figu­raient des per­sonnes âgées et des femmes. Ces patients seront soignés gra­cieu­sement, un geste de bonne volonté de la part du gou­ver­nement jor­danien, selon ce qu’a affirmé Hashem Abdullat du centre médical King Hussein, où ces der­niers ont été admis.

« Nous réa­li­serons tous les examens néces­saires avant de décider de pra­tiquer des inter­ven­tions chi­rur­gi­cales ; il pourrait notamment s’agir de greffes de rein ou d’opérations à cœur ouvert », a indiqué M. Abdullat.

Les patients sélec­tionnés dans le cadre de cette ini­tiative jor­da­nienne souffrent de maladies car­diaques, de troubles du système nerveux, de pro­blèmes rénaux ou de troubles du système digestif, a-​​t-​​il affirmé.

Ibrahim Munther, un étudiant de 19 ans, fait partie de ceux qui ont tra­versé la fron­tière israé­lienne dans l’espoir d’une nou­velle vie, sans pro­blèmes de santé. Il est car­diaque et pré­sente des symp­tômes épilep­tiques qui l’empêchent de pour­suivre ses études à l’université.

A l’hôpital El Chefa, le plus grand centre médical de Gaza, les médecins ont fait savoir qu’ils ne pou­vaient pas soigner le jeune homme parce que son état néces­sitait une opé­ration du cœur et que l’hôpital n’était pas équipé pour réa­liser ce type d’interventions.

« Je suis heureux d’être venu ici pour me faire soigner, mais il y a des mil­liers de per­sonnes qui ne peuvent pas se rendre en Jor­danie et qui meurent en silence dans leur lit par manque de médi­ca­ments », a déploré le jeune homme, le visage pâle.

A en croire les médecins de l’hôpital El Chefa, s’ils ne peuvent pas, à l’heure actuelle, admi­nistrer de soins de qualité aux patients à traiter d’urgence ni à ceux atteints de patho­logies chro­niques, c’est parce qu’Israël ne laisse entrer dans la bande de Gaza qu’une quantité limitée de médi­ca­ments et de matériel médical.

Mais d’autres patients de Gaza devraient également être auto­risés à se rendre en Jor­danie dès qu’ils auront obtenu les permis de sortie néces­saires, délivrés par le gou­ver­nement israélien, selon un fonc­tion­naire du ministère israélien des Affaires étran­gères, qui a requis l’anonymat.

Les res­tric­tions israé­liennes à la cir­cu­lation des biens et des per­sonnes dans la bande de Gaza ont entraîné une pénurie ali­men­taire et, par là même, une dété­rio­ration des condi­tions huma­ni­taires dans cette enclave den­sément peuplée.

La réduction de l’approvisionnement de Gaza en car­burant, décidée par Israël, a aggravé la situation et a eu des consé­quences néfastes sur le bon fonc­tion­nement des hôpitaux. Selon le Bureau des Nations Unies pour la coor­di­nation des affaires huma­ni­taires (OCHA), la quantité de gasoil livrée à Gaza en novembre dernier était infé­rieure de moitié aux besoins de la région.

En outre, les hôpitaux de Gaza sont finan­ciè­rement exsangues, Israël ayant gelé plu­sieurs mil­lions de dollars d’impôts perçus pour le compte de l’Autorité pales­ti­nienne (AP). Paral­lè­lement, les bailleurs de fonds inter­na­tionaux ont limité leur aide aux régions de Cis­jor­danie contrôlées par l’AP.