Gaza : le cri d’alarme de l’ONU

Charlotte Bozonnet, mardi 20 octobre 2009

La repré­sen­tante de l’agence spé­cia­lisée dans l’aide aux réfugiés pales­ti­niens dénonce l’abandon des populations.

En visite offi­cielle en France, la com­mis­saire générale de l’UNRWA, l’agence de l’ONU pour les réfugiés pales­ti­niens, Karen Abu Zayd, a pré­senté, jeudi 15 octobre, lors d’une confé­rence de presse, la situation dra­ma­tique qui prévaut à Gaza, sur fond de crise bud­gé­taire de l’organisation.

Dans la bande de Gaza, « la situation actuelle est pra­ti­quement iden­tique à ce qu’elle était en janvier à la fin de la guerre », a-​​t-​​elle indiqué, expli­quant que, sous l’effet du blocus, rien ne pénètre sur ce ter­ri­toire, empê­chant toute recons­truction. « C’est une situation triste et décou­ra­geante, avant tout pour ceux qui y vivent et ne savent pas comment ils vont pouvoir amé­liorer la situation de leurs enfants », a déclaré la res­pon­sable onu­sienne. Or, à l’ampleur des besoins – à Gaza, en Cis­jor­danie, au Liban – s’ajoutent les dif­fi­cultés de l’organisation. « Pour la pre­mière fois, nous avons un grave pro­blème bud­gé­taire qui concerne nos dépenses géné­rales », a expliqué Karen Abu Zayd.

Créée en 1949, l’UNRWA est le prin­cipal four­nisseur de ser­vices de base aux 4,6 mil­lions de réfugiés pales­ti­niens au Proche-​​Orient. Pour 2009, son fonds général accuse un déficit de 120 mil­lions de dollars. Dans ce contexte de crise, la com­mis­saire générale est venue en France « voir si nous pouvons élargir nos par­te­na­riats » auprès de col­lec­ti­vités locales, de fon­da­tions et du secteur privé.

« Nous sommes aussi venus chercher un soutien poli­tique » de la France, a-​​t-​​elle ajouté. Tout en indi­quant avoir ren­contré les auto­rités fran­çaises, la res­pon­sable a reconnu que l’entretien prévu avec le ministre des Affaires étran­gères, Bernard Kouchner, avait fina­lement été… reporté.