Gaza ; Une guerre aussi psychologique

Najla Abd Al-​​Rabboh, dimanche 4 janvier 2009

Cam­pagne d’intoxication et de démo­ra­li­sation, Israël lance des tracts sur Gaza pour demander de dénoncer les résis­tants, et menace par téléphone.

Il s’agit aussi d’une guerre psy­cho­lo­gique. En effet, dès le premier jour de l’offensive, les ser­vices du ren­sei­gnement israélien ont envoyé des mes­sages à lon­gueur de journée, disant aux Pales­ti­niens qu’ils devaient évacuer leurs foyers et ne pas venir en aide aux mili­tants de la résistance.

Une habi­tante de Gaza, Hanan Al-​​Sarhi, raconte qu’elle a reçu un coup de fil chez elle venant d’une per­sonne qui parlait un arabe approxi­matif. Elle lui disait que sa maison faisait partie des cibles de bom­bar­dement et ris­quait d’être détruite à tout instant. Trem­blant de peur, elle se demande quoi faire. "Ma vie, mes enfants, ma maison… C’est une catas­trophe si nous nous laissons tous chasser. Je ne sais pas quoi faire, comment réagir. L’aviation israé­lienne a bom­bardé beaucoup de maisons ces der­niers jours et je crains qu’on connaisse le même sort", explique-​​t-​​elle.

Dana Safi, une fillette de 10 ans, a elle aussi reçu un message télé­pho­nique simi­laire. "C’était une voix d’homme qui nous menaçait et nous disait qu’on allait détruire notre maison", se souvient-​​elle. "Elle avait très peur, rap­porte sa mère. J’ai dû la consoler, en lui disant que ces appels étaient faits de manière aléa­toire et que des mil­liers de foyers en avaient reçus." Les appels ont com­mencé dès le premier jour de l’offensive et ont semé la panique parmi des mil­liers de femmes et d’enfants. Le socio­logue Mohamed Abdel­jaber rap­pelle qu’Israël avait utilisé les mêmes moyens dans les années 2000-​​2001. Cela n’avait pas brisé l’esprit de combat de la résis­tance pales­ti­nienne, mais cela "a eu un grand impact sur les mères et les enfants".

De son côté, la com­pagnie des télé­com­mu­ni­ca­tions pales­ti­nienne a informé tous ses abonnés qu’elle essayait d’empêcher l’utilisation des numéros pales­ti­niens par les ser­vices israéliens.