Gaza : Les bornes sont franchies. Assez !

UJFP, jeudi 20 novembre 2008

Assiéger et affamer une population, c’est un crime contre l’humanité.

La trêve durait à Gaza depuis le 19 juin.

L’armée israé­lienne l’a déli­bé­rément rompue le 15 novembre. En quelques heures, la bande de Gaza a été privée d’électricité, de nour­riture, de médi­ca­ments. Les 7 points de passage fron­ta­liers ont été fermés. Les 750000 réfugiés qui dépendent quo­ti­dien­nement de l’aide de l’UNRWA sont menacés de famine car cette aide n’arrive plus.

Les bornes sont franchies. Assez !

Assiéger et affamer une popu­lation, c’est un crime contre l’humanité. Assas­siner sans jugement un être humain en qua­li­fiant ce crime d’exécution ciblée extra­ju­di­ciaire est proscrit. L’armée israé­lienne vient d’assassiner 11 civils. Leur nombre s’ajoute aux mil­liers « d’assassinats ciblés » qui sont autant de crimes de guerre commis en toute impunité depuis plu­sieurs années.

Le droit inter­na­tional proscrit toute idée de « punition col­lective ». Le siège de Gaza a plongé la popu­lation dans le dénuement le plus total : 80% de la popu­lation vit avec moins de 2 dollars par jour.

L’UJFP salue les 27 militant-​​e-​​s inter­na­tionaux (parmi lesquel-​​le-​​s des élu-​​e-​​s, des Palestinien-​​ne-​​s, des Israélien-​​ne-​​s …) qui ont brisé 3 fois le siège en envoyant des bateaux à Gaza. Le Dignity a livré une demi-​​tonne de médi­ca­ments de pre­mière nécessité.

Si des per­sonnes peuvent briser le blocus de Gaza, on imagine ce que la com­mu­nauté inter­na­tionale, avec ses moyens finan­ciers, écono­miques, mili­taires, mari­times, aériens et ter­restres, pourrait faire pour peu qu’elle ait la volonté qui lui fait défaut. Son abs­tention volon­taire et son silence assour­dissant la rendent com­plice de ces crimes.

L’Union Juive Fran­çaise pour la Paix rap­pelle que le crime contre Gaza est rendu pos­sible par l’absence d’intervention, le silence et la com­plicité des Etats-​​Unis et de l’Union Euro­péenne. Ceux-​​ci ne par­donnent pas au peuple pales­tinien sa résis­tance et son vote démo­cra­tique. Pourtant, interrogé par la jour­na­liste israé­lienne Amira Hass, le diri­geant du Hamas dans la bande de Gaza Ismail Haniyeh a déclaré que « son gou­ver­nement était disposé à accepter un Etat pales­tinien au côté d’Israël dans les fron­tières de 1967 ».

L’UJFP demande que des sanc­tions immé­diates soient appli­quées contre l’Etat d’Israël qui viole quo­ti­dien­nement le droit inter­na­tional et contre les Etats membres de la com­mu­nauté inter­na­tionale qui ne res­pectent pas leurs obli­ga­tions au regard des normes de la 4e Convention de Genève.

L’UJFP exige l’arrêt immédiat du siège de Gaza.