Gaza : Les Européens brisent le blocus

Salama A. Salama, jeudi 20 novembre 2008

C’est la troi­sième fois en trois mois que des députés euro­péens réus­sissent à briser le blocus, alors que les députés arabes n’ont pas bougé le doigt.

La Cour admi­nis­trative a rendu un verdict obli­geant les auto­rités égyp­tiennes à per­mettre aux cara­vanes de secours orga­nisées par des ONG ou des députés de se rendre aux ter­ri­toires occupés. Ce verdict implique, en plus de la vision juri­dique existant dans la Consti­tution et qui stipule la liberté de dépla­cement, une condam­nation des pro­cé­dures d’interdiction qui vont à l’encontre de la poli­tique annoncée de l’Egypte, refusant que le peuple pales­tinien soit affamé.

Ce verdict a été pro­noncé dans un climat tendu apparu clai­rement dans les rela­tions entre l’Egypte et le Hamas. Et ce, à cause de l’échec des efforts de conci­liation adoptés par l’Egypte. En même temps, le navire qui trans­portait des députés euro­péens et des acti­vistes sou­tenant la cause pales­ti­nienne quittait Gaza. Ces acti­vistes, dont des députés bri­tan­niques, un membre au Conseil des Lords et une ex-​​ministre au gou­ver­nement de Tony Blair, ont réussi à briser le blocus israélien imposé à Gaza. Ils ont pré­senté aux habi­tants de la ville assiégée de grandes quan­tités de nour­riture et de médi­ca­ments. Et ont également emmené avec eux un nombre d’étudiants et de malades qui étaient enfermés à l’intérieur de la bande à cause de la fer­meture du point de passage de Rafah.

Ce n’est pas la pre­mière fois que des acti­vistes euro­péens expriment de façon concrète leur com­passion envers la situation inhu­maine et illégale imposée à la bande de Gaza [1]. La léthargie et le silence arabes ont de plus en plus ren­forcé la situation, même après qu’Israël eut inter­rompu l’approvisionnement en com­bus­tibles et élec­tricité. Toutes les pra­tiques israé­liennes sont des vio­la­tions à la loi inter­na­tionale et sont consi­dérées comme des crimes de génocide. C’est la troi­sième fois en trois mois que des députés euro­péens réus­sissent à briser le blocus, alors que les députés arabes n’ont pas bougé le doigt.

Les médias arabes, à part quelques rares excep­tions, ont négligé les ten­ta­tives euro­péennes de casser le blocus et ont atténué l’ampleur des pra­tiques israé­liennes. L’objectif était peut-​​être de couvrir les ren­contres et les pour­parlers qui étaient effectués avec des res­pon­sables israé­liens. Et ce en vue de reprendre ce qui était appelé les pro­messes d’Annapolis et les illu­sions d’Olmert qui lui sont tombées sur la tête après sa démission.

Dans des cir­cons­tances pareilles, il n’était pas bizarre de voir échouer le dia­logue pales­tinien dans lequel le Hamas s’est retrouvé engagé sous la pression de nom­breuses parties, dont les objectifs sont, de façon directe ou indi­recte, communs. Ces parties sont Israël, l’Autorité pales­ti­nienne, les Etats-​​Unis et l’Egypte. Même si nous sup­posons que ce dia­logue aurait pu créer un climat positif per­mettant de dépasser les dif­fé­rends pales­ti­niens, son objectif essentiel est d’obliger le Hamas à renoncer à son pouvoir à Gaza. Et par consé­quent, à entrer dans l’axe des négo­cia­tions auquel s’est engagé Abou-​​Mazen pour garantir le renou­vel­lement de son mandat et anéantir tota­lement la résis­tance pour qu’elle n’ait plus en main ni missile ni fusil.

Le pro­blème ne réside donc pas dans le fait que le Hamas suit un agenda régional (l’Iran), mais dans le fait que les autres parties suivent un agenda amé­ricain régional qui jusqu’à aujourd’hui a prouvé son inutilité.

[1] ainsi voir le Com­mu­niqué de presse du Parti com­mu­niste français du 17 novembre :

Proche-​​​​Orient : le bouclage de Gaza doit être levé immédiatement

Le Parti com­mu­niste français exprime sa grande inquiétude devant la montée brutale des ten­sions et des risques à Gaza. Quatre membres du Hamas ont été tués dimanche dans un bom­bar­dement israélien. La « trêve » sécu­ri­taire annoncée en juin dernier est en péril.

Les auto­rités israé­liennes ont décidé la fer­meture des points de passage et un blocus complet de Gaza, appli­quant ainsi une inac­cep­table et insup­por­table punition col­lective contre l’ensemble de la popu­lation de ce ter­ri­toire, et aggravant encore la situation sociale dure et pré­caire des habi­tants de Gaza qui vivent en per­ma­nence, depuis des mois, dans une sorte de bou­clage quasi-​​​​permanent.

Le Parti com­mu­niste exige la levée immé­diate du blocus de Gaza, la liberté de cir­cu­lation pour les per­sonnes et les mar­chan­dises. L’appel lancé par le Secré­taire général de l’ ONU, Ban Ki Moon, à rétablir d’urgence l’approvisionnement de Gaza doit être entendu et res­pecté par les auto­rités israé­liennes, mais aussi par la France et ses par­te­naires euro­péens qui doivent inter­venir sans délais dans cet esprit.

Les ten­sions et les dangers de la situation actuelle sont issus de la pour­suite de la colo­ni­sation, de l’impasse poli­tique et du blocage, du fait du gou­ver­nement israélien, de toute négo­ciation véri­table pour l’application des réso­lu­tions de l’ ONU et pour un règlement poli­tique juste et durable dans la sécurité pour tous. La carence d’initiative de la France et des Euro­péens est consternante.

Le PCF appelle ins­tamment les auto­rités fran­çaises à favo­riser un tel règlement. Il ne peut y avoir d’Union pour la Médi­ter­ranée cré­dible sans que des pas sub­stan­tiels soient faits dans ce sens.

Lundi 17 novembre, Parti com­mu­niste français