Gaza. François Hollande interpellé par les ONG françaises

Le voilier qui emmène quinze militantes parties briser le blocus de Gaza risque d’être arraisonné par l’armée israélienne.

Gaël de Santis, L’Humanité, mercredi 5 octobre 2016

"Le bateau turc Mavi Marmara avait été attaqué par l'armée israélienne en tentant de forcer le blocus maritime de Gaza, en 2010" Photo Mustafa Ozer/AFP/Archives

Les quinze femmes, dont la prix Nobel de la paix irlandaise Mairead Maguire, parties le 15 septembre en bateau de Barcelone pour briser le blocus de la bande de Gaza sont sur le point d’arriver à destination. À moins que la marine israélienne n’arraisonne la flottille, comme elle l’a fait violemment les années précédentes. Pour mémoire, en 2010, les forces coloniales s’étaient emparées du Mavi Marmara, tuant neuf militants. Dans la presse israélienne, des informations ont fuité : ordre a été donné à la marine de s’emparer du navire.

Claude Léostic, présidente de la Plateforme des ONG pour la Palestine, a écrit une lettre à François Hollande, président français, pour qu’il intervienne auprès des autorités israéliennes. « Malheureusement, les autorités israéliennes font savoir qu’elles vont s’attaquer à ce petit voilier qui a pour toute cargaison un message de solidarité et de paix, expose-t-elle. Nous vous demandons instamment d’user de tous les moyens dont dispose la France pour convaincre le gouvernement israélien de laisser passer ce bateau pacifique, en application de la résolution 1860 du Conseil de sécurité des Nations unies sur la nécessité d’un couloir humanitaire pour Gaza », demande-t-elle. L’Association France Palestine Solidarité a, hier, invité ses groupes locaux à interpeller les députés nationaux pour qu’ils fassent des démarches en ce sens. Hier toujours, une délégation de représentantes de la flottille était reçue au Parlement à Strasbourg, à l’invitation des eurodéputés de la Gauche unitaire européenne.

Parties de Barcelone, les militantes de neuf nationalités avaient fait escale à Ajaccio, en Corse, puis à Messine, en Sicile. En route, leur gréement a été abîmé par la tempête. Il a été réparé par des militants grecs, venus à propos, au large de l’île de Crète. Un beau geste de solidarité.