Gaza

al-​​Ahram, mercredi 19 mars 2008

Les Pales­ti­niens de la bande de Gaza vivent leurs pires moments. Leur situation n’a cessé de se dégrader depuis le 19 sep­tembre, lorsque les auto­rités israé­liennes avaient déclaré « entité hostile » ce minuscule ter­ri­toire sur­peuplé de 360 km2 sous la mainmise du mou­vement isla­miste Hamas.

« Il y a une dété­rio­ration sérieuse des condi­tions de vie des Gazaouis de jour en jour », explique Adnan Abou-​​Hasna, un porte-​​parole de l’UNRWA, l’Agence de l’Onu chargée d’aider les Pales­ti­niens. Celle-​​ci apporte offi­ciel­lement son assis­tance à 859 000 Pales­ti­niens sur les 1,5 million que compte la bande de Gaza. Mais selon les res­pon­sables, le nombre réel des per­sonnes qui dépendent de l’aide dépasse bien ce chiffre. Car les entre­prises dis­pa­raissent, l’électricité, l’eau et la santé sont affectées par le blocus qu’impose Israël à la bande de Gaza depuis la mi-​​janvier dans le cadre de sa riposte aux tirs de roquettes depuis ce territoire.

Des orga­ni­sa­tions huma­ni­taires bri­tan­niques et fran­çaises ont affirmé dans un rapport publié le 6 mars que la situation huma­ni­taire dans la bande de Gaza était la pire depuis l’occupation du ter­ri­toire par Israël en 1967. Le document a été élaboré par Amnesty Inter­na­tional Grande-​​Bretagne, Care Inter­na­tional G-​​B, l’Organisation catho­lique pour le déve­lop­pement d’outre-mer (CAFOD), Christian Aid, Médecins du monde G-​​B, Oxfam, Save The Children G-​​B et l’Agence irlan­daise de charité et de déve­lop­pement (Tro­caire). Les ONG fran­çaises Oxfam France — Agir ici, Amnesty Inter­na­tional France et Médecins du monde ont annoncé dans un com­mu­niqué qu’elles sous­cri­vaient aux ana­lyses et recom­man­da­tions for­mulées dans ce rapport.

Les orga­ni­sa­tions huma­ni­taires dressent un por­trait sombre de la situation dans ce ter­ri­toire populeux, affirmant que 80 % de sa popu­lation est dépen­dante d’une aide ali­men­taire et 40 % au chômage. Le blocus imposé par Israël à Gaza pousse vers l’effondrement de l’économie de ce ter­ri­toire, entraînant des pénuries aiguës de pro­duits de base et des cou­pures d’électricité, et empê­chant de fonc­tionner les équi­pe­ments cru­ciaux pour la vie des patients des hôpitaux, faute de pouvoir importer des pièces déta­chées. En outre, l’effondrement des infrastructures-​​clés a conduit à l’évacuation quo­ti­dienne de quelque 50 mil­lions de tonnes d’eaux usées dans la Médi­ter­ranée, pro­vo­quant une énorme pollution.

Par son blocus contraire au droit huma­ni­taire inter­na­tional et à toute valeur morale, l’Etat hébreu frappe d’une punition col­lective toute la popu­lation de Gaza. Il pousse ce ter­ri­toire vers une catas­trophe, com­pro­mettant tout espoir de paix dans la région.