Flottille : Israël refuse que ses soldats soient interrogés

Bruno Odent, jeudi 12 août 2010

Benyamin Neta­nyahou a mis hier une fin de non-​​recevoir à toute enquête inter­na­tionale sérieuse sur l’assaut meur­trier en s’opposant à tout inter­ro­ga­toire de ses prin­cipaux acteurs.

La tension s’exacerbe entre Israël et la com­mission de l’ONU chargée de faire la lumière sur l’assaut meur­trier contre la flot­tille huma­ni­taire pour Gaza. Le premier ministre, Benyamin Neta­nyahou, a fait savoir qu’il s’opposerait à tout inter­ro­ga­toire de soldats israé­liens par les experts onu­siens. Cette fin de non-​​recevoir s’apparente à un refus caté­go­rique de laisser le moindre espace à une véri­table inves­ti­gation inter­na­tionale sur la tra­gédie. On voit mal en effet comment une enquête sérieuse pourrait être réa­lisée sans que soient entendus ses prin­cipaux acteurs, ceux qui sont inter­venus en haute mer en faisant usage de leurs armes contre les vais­seaux de la flottille.

C’est le secré­taire général de l’ONU, Ban Ki-​​moon, qui avait semblé se pro­noncer, ces der­nières heures, pour que les soldats puissent être entendus par les enquê­teurs, qui a suscité cette mise au point sans appel. Le porte-​​parole du gou­ver­nement israélien expli­quait hier labo­rieu­sement  : «  Avant qu’Israël annonce sa par­ti­ci­pation à cette com­mission, nous nous sommes assurés lors de négo­cia­tions inten­sives en cou­lisses que le mandat de cette com­mission soit équi­table, res­pon­sable et ne porte pas atteinte aux intérêts vitaux et de sécurité de l’État d’Israël.  » Autrement dit  : Israël veut bien par­ti­ciper à une enquête, mais à la seule condition qu’il ne puisse en aucun cas être mis en cause.

Dans ce contexte, les rela­tions avec Ankara que Neta­nyahou accusait lundi ouver­tement de com­plicité avec le ter­ro­risme sous pré­texte qu’il tentait, au moment des faits, de jouer les média­teurs dans l’affaire du nucléaire iranien, conti­nuent de se dété­riorer. «  La situation est très claire  : Israël a tué des civils dans les eaux inter­na­tio­nales. Israël doit avant tout assumer sa res­pon­sa­bilité  », réagissait hier Ahmet Davu­toglu, le chef de la diplo­matie turque.