Fin de l’accalmie à Gaza…

Commission des relations étrangères du Fatah, vendredi 26 décembre 2008

Une semaine d’occupation en Palestine : vol de terres, incur­sions, résis­tance popu­laire en Cis­jor­danie, inten­si­fi­cation de la tension à Gaza après la fin de la trêve [1] alors que le siège imposé par Israël reste aussi hermétique.

L’accalmie entre Israël et le Hamas a pris fin le 19 décembre 2008. Six mois ont passé depuis qu’un cessez-​​le-​​feu pré­caire a été établi grâce aux bons offices égyp­tiens. Le Hamas a fait de son mieux pour maî­triser les fac­tions qui opèrent à Gaza telles le Djihad isla­mique, les bri­gades Al Aqsa du Fatah et les autres. Il a déployé tous ses efforts pour démontrer que seul le Hamas a son mot à dire à Gaza. Mais, les plus petites fac­tions ne se sont pas pliées aux règles et ont continué à défier l’Autorité Hamas et ont lancé des mis­siles contre des cibles israé­liennes à Sderot quand elles le pouvaient.

De l’autre côté, les incur­sions israé­liennes et le siège de la Bande de Gaza se sont pour­suivis durant toute la période. La situation écono­mique et les condi­tions de vie se sont dégradées au quo­tidien. Les four­ni­tures tant ali­men­taires que de pétrole ont fluctué suivant la poli­tique de punition col­lective israé­lienne et la popu­lation de Gaza a continué de souffrir au quotidien.

De fait, Israël ne s’est pas plié au cessez-​​le-​​feu et à continué de traquer et d’assassiner de jeunes mili­tants pales­ti­niens de Cis­jor­danie. De plus, les forces mili­taires israé­liennes ont continué, au quo­tidien, de rechercher et de détenir des mili­tants pales­ti­niens de toutes obé­diences, y compris le Hamas, le Fatah, le Djihad. Lorsqu’un jeune militant pales­tinien de 23 ans appar­tenant au Djihad isla­mique a été assassiné par l’armée israé­lienne au nord de Jénine, dans le village de Alyamoun, le Djihad isla­mique a répondu en lançant des mis­siles de fabri­cation arti­sanale sur Sderot et le cycle de la vio­lence et de la contre-​​violence a continué. 

En réalité, la situation des deux côtés ne cesse de se tendre. Les Israé­liens parlent d’une invasion à grande échelle sur Gaza. Ils ont inten­sifié leurs raids aériens et leurs bom­bar­de­ments d’artillerie sur Gaza en frappant aussi bien les civils que les com­bat­tants. L’armée israé­lienne masse ses troupes autour de la Bande de Gaza et entre­prend des incur­sions limitées. Le chef d’Etat-major israélien a déclaré être prêt à bouger dès qu’il en recevra l’ordre. L’armée israé­lienne planche sur une invasion à grande échelle de Gaza pour une période de trois mois afin d’éradiquer la direction du Hamas et des autres groupes mili­tants. Israël a déjà tenté de telles incur­sions dans le passé mais n’a pas obtenu de résultats tan­gibles sur le terrain. Le monde entier est désormais per­suadé que la confron­tation mili­taire avec les Pales­ti­niens en général, ou contre la Bande de Gaza en par­ti­culier ne peut déboucher sur une solution poli­tique. Ce n’est que par le dia­logue et les négo­cia­tions avec les Pales­ti­niens qu’une com­pré­hension réci­proque peut être établie et une paix durable se matérialiser.

En fait, les généraux et les mili­taires font confiance à leurs poigne de fer, aux tanks, aux canons, et aux avions de combat. Ils ont été entraînés à faire la guerre et à tuer des inno­cents, pas à faire la paix. Ils pos­sèdent une énorme machine de guerre et sont impa­tients de l’utiliser, surtout contre un ennemi en état d’infériorité comme les Pales­ti­niens. La dif­fé­rence de puis­sance mili­taire entre Israé­liens et Pales­ti­niens est com­pa­rable à celle d’un éléphant face à une fourmi. C’est pourquoi les généraux israé­liens ras­semblent leurs troupes et menacent de lancer une opé­ration mili­taire de grande envergure sur la Bande de Gaza, tandis que l’occupation mili­taire de la Cis­jor­danie se poursuit.

Il est important de rap­peler que des élec­tions légis­la­tives sont pro­grammées en février 2009 en Israël. Dans le cadre de la cam­pagne des élec­tions israé­liennes tous les poli­tiques israé­liens se pré­oc­cupent de leur cote de popu­larité afin de gagner des élec­teurs. Chacun/​e veut devenir le héros d’Israël, ou le roi d’Israël comme ils disent. C’est pourquoi la grande majorité lancent des menaces dans toutes les direc­tions, menaces contre le Hamas, le Hez­bollah, l’Iran ou la Syrie. Mal­heu­reu­sement, les poli­tiques israé­liens sont pris dans un engrenage de sur­en­chère dont le but est de montrer qui a le plus de poigne envers les pauvres Pales­ti­niens ! Qui confisque le plus de terres ou de pro­priétés, qui est le plus intrai­table à l’égard des rap­por­teurs des Nations Unies pour les refouler hors du pays afin qu’ils ne puissent pas témoigner des vio­la­tions des droits humains dans les Ter­ri­toires occupés, comme cela est arrivé au célèbre pro­fesseur Richard Falk expulsé dès son arrivée à l’aéroport de Tel Aviv.

En fait, le plus tra­gique dans ce cercle vicieux est que les prin­ci­pales démo­craties occi­den­tales sou­tiennent les agres­sions israé­liennes ainsi que l’expansion d’Israël en Cis­jor­danie et à Gaza. Elles ferment les yeux sur les vio­la­tions des droits de l’Homme faites aux Pales­ti­niens, tandis qu’elles les ouvrent grands au Soudan et ailleurs. Mais ce qui est le plus irritant c’est que l’Union euro­péenne récom­pense Israël pour ses agres­sions contre les Pales­ti­niens en lui accordant le statut de par­te­naire com­mercial privilégié.   

Des nou­velles de la com­mission "Vol des res­sources natu­relles".   L’ONG israé­lienne « Yes Din” (oui à la Loi) a révélé le 17 décembre 2008 que les auto­rités israé­liennes d’occupation exploitent les res­sources natu­relles pales­ti­niennes depuis 1967. Un quart des maté­riaux bruts uti­lisés en Israël dans la construction pro­viennent des car­rières de la Cis­jor­danie et une partie de ces maté­riaux est revendue au marché pales­tinien de Cis­jor­danie et de Gaza.

Le rapport de cette ONG israé­lienne men­tionne que 8 sociétés israé­liennes exploitent les car­rières et pro­duisent chaque année environ 10 mil­lions de tonnes pour la construction ce qui repré­sente 1/​4 de la consom­mation israé­lienne. Un rapport du Ministère de l’Intérieur israélien établit que les car­rières sont placées sous la super­vision des auto­rités israé­liennes locales et que leur pro­duction atteint 12 mil­lions de tonnes. Il est inté­ressant de rap­peler que 9 mil­lions de tonnes sont vendues au marché israélien et le reste au marché pales­tinien. L’ONG israé­lienne a adressé une lettre au Directeur de l’administration civile israé­lienne en lui demandant d’arrêt de l’exploitation parce qu’illégale et contraire à la Loi inter­na­tionale. L’ONG israé­lienne a menacé d’intenter un procès contre l’administration civile israé­lienne si celle-​​ci n’arrêtait pas l’exploitation.

De même, Israël exploite les res­sources pales­ti­niennes en eau et a confisqué les eaux des nappes phréa­tiques de Cis­jor­danie sur les­quelles ont été construites des colonies israé­liennes des­tinées à être annexées à Israël. De même, Israël vend une quantité d’eau limitée aux Pales­ti­niens tandis que la plus grande partie de l’eau pales­ti­nienne part en Israël et vers les colonies israé­liennes de Cisjordanie.  

Le professeur Richard Falk

Le pro­fesseur, juif américain, rapporteur spécial sur les Droits humains en Palestine qui a été refoulé à son arrivée à l’aéroport de Tel Aviv le 14 décembre 2008 est cri­tique à l’égard de la poli­tique israé­lienne envers les Palestiniens.

Dans un article publié en juin 2007 intitulé « A petits pas vers un holo­causte pales­tinien » R Falk com­parait cer­taines mesures israé­liennes à l’égard des Pales­ti­niens aux puni­tions col­lec­tives de la poli­tique nazie. S’identifiant lui-​​même comme un juif amé­ricain, R Falk a admis que l’utilisation de ce terme d’holocauste « repré­sente un appel assez désespéré aux gou­ver­ne­ments du monde et à l’opinion publique mon­diale à agir de façon urgente afin d’empêcher ces ten­dances géno­ci­daires actuelles de culminer dans une tra­gédie pour les Pales­ti­niens ». R Falk a également affirmé que : “la com­pa­raison ne devait pas être faite au pied de la lettre mais que le modèle de cri­mi­nalité associé aux mesures israé­liennes à Gaza est en réalité soutenu par les prin­ci­pales démo­craties du 21ème siècle ». En réponse aux der­niers com­men­taires de R Falk, Yitzhak Levanon, ambas­sadeur d’Israël auprès des Nations Unies à Genève, a cri­tiqué dans une allo­cution au Conseil le choix de R Falk par ce même Conseil des Droits de l’Homme en affirmant : « Il a pris part à la mission d’enquête qui a établi que les attentats-​​suicide étaient une méthode accep­table de résis­tance. Il a de façon pré­oc­cu­pante accusé Israël de ten­dances géno­ci­daires ainsi que de tenter d’établir la sécurité par le ter­ro­risme d’Etat. Quelqu’un qui a publi­quement, et de façon répétée, adopté de telles prises de position ne peut être tenu pour indé­pendant, impartial ou objectif ». Le gou­ver­nement israélien a annoncé qu’il refusera d’accorder à R Falk un visa pour Israël, la Cis­jor­danie et la Bande de Gaza au moins jusqu’à la session de sep­tembre 2009 du Conseil des Droits de l’Homme.    

Les auto­rités israé­liennes d’occupation confisquent 4 000 dunums [2]   Les auto­rités israé­liennes d’occupation ont confisqué 4 000 dunums dans la région de Hebron ce 15 décembre 2008. Ces terres, propriété du village de Ramadin au sud de Hebron ont été confis­quées au profit du mur d’expansion construit par les auto­rités israéliennes.

Abdel Hadi Hantash, car­to­graphe et expert de la colo­ni­sation a révélé que les auto­rités israé­liennes d’occupation ont balisé ces ter­rains, pro­priété des Bédouins de Ramadin afin de les annexer à l’intérieur du mur expan­sion­niste. Il a également sou­ligné que les Bédouins pales­ti­niens ont déposé plainte auprès de la Cour inter­na­tionale de justice ainsi que de la Cour israé­lienne contre ces mesures répres­sives. Il a jouté que ces ter­rains appar­tiennent à des citoyens pales­ti­niens de dif­fé­rentes familles telles les Amro, Al Shaour, Al Zagharneh et Al Sawaedeh dont la survie dépend des arbres et de l’espace néces­saire à leurs trou­peaux. Si Israël veut sérieu­sement faire la paix avec les Pales­ti­niens, il doit cesser de confisquer les terres et de construire des murs aux dépens du peuple pales­tinien et de la création d’un Etat pales­tinien indé­pendant avec Jéru­salem pour capitale.

La Cour israé­lienne accepte une plainte pales­ti­nienne   La Haute Cour israé­lienne déclare rece­vable, le 15 décembre 2008, une plainte pales­ti­nienne déposée par le Conseil local de Bilin contre le tracé du mur israélien d’expansion et demande à l’armée d’en modifier le tracé.

La Haute Cour a déclaré que le tracé alter­natif proposé par les auto­rités ne répond pas à sa décision de sep­tembre 2007 et a demandé à l’armée de pro­poser un autre tracé en accord avec celle-​​ci. Néan­moins, la décision de 2007 engloutit de larges terres arables pales­ti­niennes et porte atteinte aux propriétés palestiniennes.  

Résistance populaire contre le mur 

Des mili­tants pales­ti­niens, israé­liens, et inter­na­tionaux ont organisé le ven­dredi 19 décembre une grande mani­fes­tation contre le mur israélien d’expansion dans quatre loca­lités pales­ti­niennes menacées par le mur, à savoir Bilin, Nilin, Maasara et Jayous où 34 mili­tants ont été blessés par des balles entourées de caou­tchouc ou par l’inhalation de gaz lacry­mo­gènes. Une Israé­lienne a été blessée et conduite dans un hôpital en Israël, tandis que deux Pales­ti­niens frappés par des tirs de balle en caou­tchouc étaient conduits dans un hôpital de Ramallah. De plus, deux Occi­dentaux et un jour­na­liste israélien ont été soignés sur place.

Pour la pre­mière fois, les mani­fes­tants pales­ti­niens ont lancé leurs vieilles chaus­sures contre les soldats israé­liens en se reven­di­quant du jour­na­liste iraqien qui a lancé ses chaus­sures sur le Pré­sident amé­ricain sortant. Un porte-​​parole de la mani­fes­tation a dit que les chaus­sures lancées sur les soldats sym­bo­lisent le rejet de l’occupation mili­taire et du tracé du mur d’expansion qui vole leurs terres. Les mani­fes­tants ont lancé des slogans contre le mur, en ont scandé d’autres contre l’occupation et ont réclamé la liberté et la démo­cratie.   Incursion israé­lienne à Arraba

Une incursion mili­taire israé­lienne s’est déroulée dans le village d’Arraba près de Jenine le 19 décembre 2008. au cours de laquelle un militant pales­tinien a été arrêté. Les soldats de l’armée d’occupation israé­lienne ont établi des check-​​points sur dif­fé­rentes routes du Gou­ver­norat de Jenine afin de pro­céder à des contrôles d’identité. Ils ont aussi pénétré dans dif­fé­rentes maisons et ont endommagé des meubles. Afin de ter­rifier la popu­lation civile les soldats de l’armée d’occupation israé­lienne ont fait passer leurs tanks et véhi­cules blindés de nuit dans les ruelles des quar­tiers les plus peuplés.

Dans le village d’Alyamoun les soldats israé­liens ont assassiné de sang froid un Pales­tinien âgé de 23 ans. Le jeune homme était accusé d’appartenir au Djihad islamique.

De telles incur­sions et de tels assas­sinats alors que se déroulent des négo­cia­tions de paix ne peuvent qu’empoisonner l’atmosphère poli­tique et miner la confiance dans le pro­cessus de paix.    Nous sou­haitons à tous nos lec­teurs : Joyeux Noël et bonne année 2009.

Que la paix s’installe en Palestine et en Terre Sainte                                        

[1] le 25 décembre, de nom­breuses roquettes arti­sa­nales frappent Israël après une opé­ration des forces d’occupation qui a fait 5 morts. Voir PNN :

Roquettes sur Israël après la mort de 5 mili­tants pales­ti­niens de Gaza PDF Print E-​​​​mail Ecrit par Paola Rochat 24.12.08 Ima­geGaza  –  Trois Pales­ti­niens ont été tués mardi soir lors d’une opé­ration mili­taire israé­lienne près de la fron­tière de Gaza, dans le nord de la bande de Gaza, et deux autres au cours d’une mission plus à sud.

Des sources israé­liennes ont signalé le décès des trois pre­miers mili­tants, qui auraient été en train d’installer des explosifs près du mur (appelé aussi ‘bar­rière de sécurité’) à la fron­tière pour pré­parer une invasion ter­restre en Israël. Les mili­tants auraient jeté également une grenade contre des cibles israé­liennes, sans faire de blessé.

Le Hamas a confirmé la mort de trois mili­tants des Bri­gades Al-​​​​Qassam. D’après une décla­ration du mou­vement, les trois per­sonnes se trou­vaient en mission près de la ville israé­lienne de Netiv Ha’asara, à la fron­tière nord avec la bande de Gaza. Ils ont été iden­tifiés comme Ma’ruf Muhammad, Ahmad Abou Al-Ma’azza et Raed Al-​​​​Masri.

Selon le Hamas, deux autres mili­tants d’Al-Qassam qui effec­tuaient une ‘mission jiha­diste’ à l’est d’Al-Qarara (dans le sud de la bande de Gaza) ont été tués.

Des dizaines de roquettes et obus de mor­tiers tirés par les ailes mili­taires du Hamas, du Jihad isla­mique et du Fatah à partir de la bande de Gaza ont explosé dans le sud d’Israël depuis la fin de la trêve mardi soir. Ils n’ont pas fait de victime.Un de ces engins a endommagé une maison dans un kib­boutz situé près de la bande de Gaza.

Les opé­ra­tions ont eu lieu après un jour assez calme dans la Bande et à 24 heures de trêve entre Pales­ti­niens de Gaza et Israël suite à une demande de média­teurs égyp­tiens. (PNN) http://​french​.pnn​.ps/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​o​p​t​i​o​n​=​c​o​m​_​c​o​n​t​e​n​t​&​a​m​p​ ;​t​a​s​k​=​v​i​e​w​&​a​m​p​ ;​i​d​=​3086&​a​m​p​ ;​I​t​e​mid=1

[2] près de 400 hectares