En réponse à Georges Frêche

Association "pour Jérusalem", mardi 10 juillet 2007

Les propos de Georges Frêche étant en totale contra­diction avec les déci­sions du droit inter­na­tional, nous ne pouvons que les condamner comme inuti­lement pro­vo­ca­teurs et comme irres­pon­sables car propres à légi­timer le pro­cessus de colo­ni­sation qui fait obs­tacle à une paix juste.

Après les décla­ra­tions faites le 24 juin, lors d’une céré­monie orga­nisée à Mont­pellier à l’occasion de la Journée de Jéru­salem, par Georges Frêche, Pré­sident du Conseil régional du Languedoc-​​Roussillon, pré­sident de Mont­pellier agglo­mé­ration et conseiller muni­cipal de Mont­pellier, selon lequel Jéru­salem doit devenir capitale d’Israël, petit Etat confronté à une immense majorité arabe, l’association "Pour Jéru­salem" sou­haite rap­peler que la com­mu­nauté inter­na­tionale a tou­jours affirmé que Jéru­salem, ville symbole, riche d’une his­toire mul­tiple, doit appar­tenir aux deux peuples qui y vivent : Jérusalem-​​Ouest devant devenir la capitale de l’Etat d’Israël et Jérusalem-​​Est celle de l’Etat Palestinien.

Les propos de Georges Frêche étant en totale contra­diction avec les déci­sions du droit inter­na­tional, nous ne pouvons que les condamner comme inuti­lement pro­vo­ca­teurs et comme irres­pon­sables car propres à légi­timer le pro­cessus de colo­ni­sation qui fait obs­tacle à une paix juste.

ASSOCIATION « POUR JERUSALEM »

Présidente Danielle BIDARD, Sénateur honoraire Vice-​​Présidents

Pascal BINCZAK, Président d’Université

André DULAIT, Sénateur

Claude ESTIER, Sénateur honoraire

Daniel GOULET, Sénateur †


Voir aussi Alain Gresh :

Georges Frêche, Israël, les juifs et l’antisémitisme

Le 24 juin, lors d’une céré­monie à Mont­pellier (parc Grammont) orga­nisée par le Centre culturel juif à l’occasion de la « Journée de Jéru­salem », Georges Frêche, pré­sident du Conseil régional de Languedoc-​​Roussillon, pré­sident de la com­mu­nauté d’agglomération de Mont­pellier et membre du conseil muni­cipal de Mont­pellier, a fait un dis­cours reproduit sur le site Internet Dai­ly­motion, une antho­logie de soutien à la poli­tique du gou­ver­nement israélien, d’amalgame entre juifs et Israé­liens, et de propos sus­cep­tibles d’encourager l’antisémitisme. Avec Frêche, qui s’est déjà rendu célèbre par des décla­ra­tions racistes, on n’est jamais déçu… Rap­pelons que Frêche a été exclu du PS en janvier 2007, mais qu’il garde le soutien des élus de gauche dans sa région.

Voici quelques extraits de ses propos en italique avec commentaires.

« Moi je me sou­viens être allé à Tibé­riade lors de la guerre des Six jours (1967) et c’est là que je me suis fais un ami, je vais vous dire qui c’est : Nicolas Sarkozy. Eh oui, car on n’est pas du même bord, mais pour Israël on est du même bord. Et je suis ravi que pour la pre­mière fois la France ait élu au suf­frage uni­versel direct - ça sera mon bonheur dans mon malheur - ait élu un juif pré­sident de la Répu­blique. On avait eu Léon Blum et Mendès France pre­miers ministres, mais on n’avait jamais eu un juif élu au suf­frage uni­versel, c’est un beau succès. Et en plus avec Kouchner ministre des affaires étran­gères, qu’est-ce que vous voulez de plus ? »

Frêche sait sans doute comment on définit « un juif ». Pour lui, son grand-​​père maternel étant juif (converti au catho­li­cisme), Nicolas Sarkozy l’est aussi. En sep­tembre 1935, les nazis avaient adopté les lois de Nuremberg, expression de leur vision raciale et déli­rante de l’humanité. Elles défi­nis­saient comme juifs ceux dont trois ou quatre grands-​​parents étaient juifs. Elles dési­gnaient comme « métis juifs » de premier degré ceux qui avaient deux grands-​​parents de sang allemand et deux de sang juif ; s’ils appar­te­naient à la religion juive ou étaient intégrés à la com­mu­nauté juive, notamment par mariage, ils étaient consi­dérés comme juifs. Les métis de second degré avaient trois grands-​​parents alle­mands et un de sang juif ; ils pou­vaient devenir citoyens du Reich. Dans les faits, les nazis, adeptes des théories raciales, oscil­lèrent dans leur recherche de « signes dis­tinctifs », firent souvent pré­valoir une déter­mi­nation reli­gieuse, mais prirent en compte parfois la cir­con­cision, quel­quefois le nom, etc. La « version fran­çaise » de cette loi (statut des juifs du 3 octobre 1940) affirmait que sont de « race juive » ceux ayant « appartenu à la religion juive ». On ne saura pas si, pour Frêche, Sarkozy est un juif à part entière, un métis juif ou à quel degré ?

« Alors je vais dire à mon ami Kouchner : "et quand c’est que tu reconnais Jéru­salem capitale d’Israël ?". »

Rap­pelons que plus aucun gou­ver­nement du monde, pas même celui des Etats-​​Unis, ne reconnaît Jéru­salem comme capitale de l’Etat d’Israël.

« Un des vétérans d’Israël, à la fon­dation d’Israël, (Shimon) Pérès, je suis heureux qu’il ait été élu pré­sident de la Répu­blique. Ça fait très plaisir et j’espère le saluer lors de ma pro­chaine visite en Israël. Et puis j’ai un autre ami, mais je vais pas me mêler de vos affaires inté­rieures, mais je connais bien l’ami Barak et je suis heureux de voir sa récente nomi­nation à la tête d’un parti israélien que j’aime (le Parti travailliste). »

A qui s’adresse Frêche quand il évoque « vos affaires inté­rieures » ? Aux par­ti­ci­pants à la journée qui sont dans leur immense majorité des Français ? Aux deux ou trois uni­ver­si­taires israé­liens invités ?

«  Vous savez qu’ici (il parle de Mont­pellier !) nous sommes une zone libérée d’Eretz d’Israël depuis trente ans. Alors je vou­drais vous dire que nous, pour le mur que vous érigez contre les attentats, à l’époque où tout le monde hurlait, nous avons ici à Mont­pellier soutenu la faction (sic !) de ce mur parce que, bien sûr, je savais bien que ça faisait pas un plaisir fou aux Israé­liens de faire un mur, mais c’était la seule façon d’éviter des dizaines de vic­times inno­centes semaine après semaine. Ce mur était jus­tifié, tel­lement jus­tifié qu’il a fait tomber de façon extra­or­di­naire le nombre des attentats meur­triers en Israël. »

Pour Frêche, le mur de sépa­ration construit par le gou­ver­nement israélien, dont la lon­gueur est deux fois celle de la ligne verte qui sépare Israël de la Cis­jor­danie, dont la Cour inter­na­tionale de justice a demandé la des­truction, est donc jus­tifiée. Quant au fait que Mont­pellier soit « une zone libérée d’Eretz Israël (la terre d’Israël) », on imagine l’effet de tels propos dans la bouche d’un Le Pen…

« Je sais qu’Israël est un petit Etat qui a quelques mil­lions d’habitants au milieu de plus de 200 mil­lions d’Arabes qui ont toutes les terres qu’il faut pour assurer le déve­lop­pement. D’ailleurs, regardez, les seuls qui aient laissé les Pales­ti­niens dans les camps, c’est les Libanais. Mais ailleurs, les Pales­ti­niens, qui sont souvent des gens intel­li­gents, se sont investis dans la popu­lation en déve­lop­pement écono­mique, en Egypte, en Jor­danie, voire en Syrie, ils peuvent le faire demain au Liban. »

Georges Frêche semble oublier que des mil­lions de Pales­ti­niens vivent dans les camps, non seulement au Liban, mais aussi en Jor­danie, en Syrie ainsi qu’en Cis­jor­danie et à Gaza.

« Les Ira­niens sont de dan­gereux adver­saires, ils sont en train de se doter de la bombe ato­mique, et c’est pour Israël un danger per­manent et constant, auquel votre gou­ver­nement est sen­sible et je com­pren­drais éven­tuel­lement un jour, je me sou­viens de la cen­trale Osiris (sic ! il veut parler d’Osirak, cen­trale ira­kienne détruite par l’aviation israé­lienne en juin 1981), toute mesure pré­ventive éventuelle. »

Frêche est donc par­tisan d’une attaque contre l’Iran.  [1]


Voici la réponse de mili­tants de Mont­pellier qui appe­laient à mani­fester samedi 7 juillet :

"Ne dites pas il est "barjo", fou, il est malade ou il exagère etc. Non, G. Frêche qui partage de nom­breuses visions avec Le Pen a comme lui cette carac­té­ris­tique de dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas.

Un pré­sident de région en France ose se déclarer publi­quement contre le droit inter­na­tional :
- Il demande que Jéru­salem soit déclarée capitale d’Israël, alors même que l’ONU s’y est clai­rement opposé (et même le pouvoir des Etats unis est partagé sur ce point !),
- Il se pro­nonce pour le Mur et la pour­suite du Mur construit par Israël alors que la Cour Inter­na­tionale de justice en 2004 l’a déclaré illégal et a demandé sa destruction,

Un pré­sident de région en France qui encourage l’expansionisme israélien et rallie les les posi­tions de l’extrême droite israé­lienne :
- Il déclare que depuis 30 ans Mont­pellier et main­tenant la région LR est une zone "Eretz Israël", c’est à dire le "Grand Israël" lequel inclue une partie du Liban, de la Jor­danie et de la Syrie…

Un pré­sident de région qui pra­tique l’amalgame entre juifs français et israé­liens et fait de tous les juifs français des israé­liens colo­nia­listes :
- Il s’adresse aux juifs mont­pel­lié­rains comme si c’étaient des israé­liens "vous avez construit le Mur… finissez-​​le etc"

et si vous doutiez de sa volonté de détruire la Palestine, il déclare : "si un jour … vous pouviez faire la paix avec les Cis­jor­da­niens de Abou Mazen etc…" il a déjà éliminé Gaza et la Palestine est réduite à la Cisjordanie…les Pales­ti­niens ça n’existe pas pour lui !

On espère que la maire de Mont­pellier (PS) Mme Man­droux, qui a été associée dans ses propos à ces prises de posi­tions aura le courage de s’en démarquer publi­quement faute de quoi elle pourrait bien le payer aux muni­ci­pales de 2008 !!

Voilà encore des raisons sup­plé­men­taires pour par­ti­ciper au ras­sem­blement de samedi..

Exigeons :

- la des­truction du Mur déclaré « illégal » par la Cour Inter­na­tionale de Justice depuis le 9 juillet 2004,

- le respect des votes démocratiques du peuple palestinien.

- l’application des résolutions des Nations Unies !

- des sanctions contre l’État d’Israël tant que le droit est bafoué !

AFPS 34 (Association France Palestine solidarité)

APF 34 (Association des palestiniens en France 34)

CCIPPP34 (Campagne civile pour la protection du peuple palestinien)