Elections présidentielles et législatives anticipées ?

IPC+agences, dimanche 17 décembre 2006

Le pré­sident de l’Autorité nationale pales­ti­nienne, Mahmoud Abbas, a appelé hier samedi à tenir les élec­tions pré­si­den­tielles et légis­la­tives anticipées.

"Nous vivons des moments dif­fi­ciles et misé­rables et nous devons nous en sortir. Pour sortir de ce cercle vicieux et empêcher que notre vie ne se dété­riore davantage et que notre cause s’érode, j’ai décidé de convoquer des élec­tions pré­si­den­tielles et légis­la­tives anti­cipées", a déclaré M. Abbas dans un dis­cours d’une heure et demi aux Pales­ti­niens transmise en direct par la télé­vision pales­ti­nienne à Ramallah en Cis­jor­danie, au quartier-​​ général de l’Autorité palestinienne.

"Comme le peuple est la source de l’autorité, nous les rejoin­drons et leur laisser dire leur mot", a-​​t-​​il affirmé.

M. Abbas a affirmé que la mise en place "d’un gou­ver­nement d’union nationale formé de tech­no­crates" restait "sa pre­mière priorité". Il n’a tou­tefois pas précisé si l’idée d’élections anti­cipées serait aban­donnée si un tel gou­ver­nement voyait le jour.

"Mon choix (des élec­tions anti­cipées) ne relève pas d’un luxe et d’une pré­ci­pi­tation poli­tiques. En tout temps, mon objectif demeurera un accord sur un gou­ver­nement d’union nationale formé de tech­no­crates et capable de sortir notre peuple de cette impasse", a ajouté M. Abbas.

"En dépit de toutes les souf­frances, les dou­leurs, et les affron­te­ments, quels qu’en soient les res­pon­sables, nous ne per­met­trons pas que (notre peuple) sombre dans la guerre civile", a-​​t-​​il dit.

M. Abbas a affirmé que le pouvoir dans les ter­ri­toires pales­ti­niens n’était pas "bicé­phale", le gou­ver­nement devant selon lui appliquer la poli­tique qu’il lui dicte.

Aupa­ravant, le pré­sident pales­tinien avait men­tionné la pos­si­bilité de dis­soudre le gou­ver­nement dirigé par le Hamas. Au vu de la situation très tendue dans les ter­ri­toires pales­ti­niens, Mahmoud Abbas a déclaré qu’il avait le droit de dis­soudre le gou­ver­nement du Hamas. " Je peux le dis­soudre, j’en ai le droit ", a-​​t-​​il assuré.

M. Abbas a tenu le Hamas pour res­pon­sable de l’échec des négo­cia­tions sur la for­mation d’un gou­ver­nement d’union nationale.

Le pré­sident pales­tinien s’appuie sur la Consti­tution pour jus­tifier sa décision et appelle à l’arbitrage du peuple. "La loi fon­da­mentale stipule que le peuple est la source des pou­voirs. Laissons le peuple dire son mot et être l’arbitre", a-​​t-​​il affirmé.

Le but de ces élec­tions anti­cipées est, selon lui, d’éviter l’affrontement entre les dif­fé­rents partis et fac­tions. Il a affirmé qu’il ne per­met­trait pas l’éclatement de la guerre civile qui pointe depuis quelques jours dans les ter­ri­toires palestiniens.

Le Hamas refuse les élections anticipées

Des res­pon­sables du Mou­vement de la résis­tance isla­mique (Hamas) ont exprimé samedi leur oppo­sition à la tenue des élec­tions pré­si­den­tielles et légis­la­tives anti­cipées dans les ter­ri­toires palestiniens.

"Nous rejetons l’appel du pré­sident Mahmoud Abbas à tenir des élec­tions anti­cipées. S’il en a assez de la situation, il doit démis­sionner. Il y aura pas d’élections anci­tipées", a déclaré le ministre pales­tinien des Affaires étran­gères, Mahmoud al-​​ Zahar.

"La décision d’Abbas est un refus du choix fait par le peuple pales­tinien par vote, c’est inac­cep­table", a-​​t-​​il déclaré.

De sa part, Ahmed Bahar, pré­sident du Conseil légis­latif pales­tinien, a indiqué que le pré­sident Abbas n’avait pas le droit de tenir des élec­tions ancitipées.

De son côté, Hanan Ashrawi, députée pales­ti­nienne indé­pen­dante, a indiqué qu’avant la tenue des élec­tions anti­cipées, les Pales­ti­niens doivent tenter la chance de reprendre le dia­logue et former un gou­ver­nement d’union nationale. "Le pré­sident Abbas n’a pas déterminé une date pour la tenue des élec­tions anci­tipées et a laissé la porte ouverte au dia­logue. Nous devons faire tout notre pos­sible pour pré­server le pays de nou­velles effusion de sang", a-​​t-​​elle souligné.

Le Front popu­laire pour la libé­ration de la Palestine (PFLP) a aussi refusé l’idée de ternir des élec­tions anci­tipées, appelant à la reprise du dia­logue national entre Palestiniens.

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