Élec­tions muni­ci­pales à Jéru­salem : En boy­cottant, les Pales­ti­niens votent contre l’occupation

R. I./Agences, lundi 10 novembre 2008

Des digni­taires pales­ti­niens ont mul­tiplié les appels au boycott, expli­quant que voter revenait à cau­tionner l’occupation israé­lienne du secteur arabe

participation pour mettre fin aux discriminations.

Comme c’est le cas depuis le début de l’occupation de Jérusalem-​​Est en 1967, les Pales­ti­niens, qui, avec 250 000 âmes, repré­sentent un tiers de la popu­lation de la ville sainte, sui­vront dans une indif­fé­rence quasi totale le dérou­lement du scrutin, et les bureaux de vote dans les quar­tiers arabes ne devraient connaître aucune affluence.

Des digni­taires pales­ti­niens ont mul­tiplié les appels au boycott, expli­quant que voter revenait à cau­tionner l’occupation israé­lienne du secteur arabe, dont les Pales­ti­niens veulent faire la capitale de l’État auquel ils aspirent alors qu’Israël pro­clame la ville “unifiée” sa capitale “éter­nelle et indi­vi­sible”. “Nos posi­tions, reli­gieuse et nationale, à ce sujet sont claires : elles inter­disent la par­ti­ci­pation, que ce soit en votant ou en se portant can­didat, à ces élec­tions pour une autorité qui repré­sente l’occupation israé­lienne”, a déclaré le mufti de Jéru­salem et des ter­ri­toires pales­ti­niens, Mohammad Hussein.

Le gou­verneur pales­tinien de Jéru­salem, Adnane al-​​Husseini, dont l’occupation israé­lienne rend la fonction lar­gement sym­bo­lique, a dénoncé la dis­cri­mi­nation pra­tiquée par la muni­ci­palité contre les quar­tiers arabes où les ser­vices offerts sont lar­gement infé­rieurs à ceux dont béné­fi­cient les quar­tiers juifs. “On n’entend parler de la muni­ci­palité qu’au moment des élec­tions ou lorsque elle veut détruire nos maisons. Cette mairie ne fait qu’extorquer les gens”, a-​​t-​​il affirmé.

La muni­ci­palité n’accorde qu’au compte-​​gouttes des permis de construire aux Pales­ti­niens et ses ser­vices démo­lissent régu­liè­rement des maisons bâties sans auto­ri­sation. À deux jours des élec­tions, Israël a expulsé de son domicile de Cheikh Jarrah la famille al-​​Kurd, des réfugiés devenus le symbole du combat pales­tinien contre la colo­ni­sation israé­lienne de Jérusalem-​​est.