Dialogue interpalestinien : Une délégation du Hamas en Égypte

L’Orient le Jour, mercredi 8 octobre 2008

Des dis­cus­sions pré­pa­ra­toires se tiennent aujourd’hui au Caire. Une délé­gation du Hamas s’est rendue hier (7 octobre) en Égypte pour des dis­cus­sions avec des res­pon­sables égyp­tiens en vue du dia­logue inter­pa­les­tinien de récon­ci­liation prévu pro­chai­nement au Caire.

La délé­gation du Hamas, qui sera pré­sidée par le n° 2 de son bureau poli­tique basé à Damas, Moussa Abou Marzouk, com­prend des chefs du mou­vement dans la bande de Gaza, notamment Mahmoud Zahar, Saïd Siam et Khalil al-​​Hayya. Ces trois der­niers ont franchi à la mi-​​journée d’hier le ter­minal fron­talier de Rafah à des­ti­nation du Caire. « Nous arri­verons aujourd’hui (mardi) au Caire et com­men­cerons demain (mer­credi) les ren­contres avec les frères égyp­tiens », a déclaré hier à l’AFP M. Zahar, le plus influent diri­geant du Hamas à Gaza. Leur prin­cipal inter­lo­cuteur sera le chef du service des ren­sei­gne­ments égyptien, le général Omar Souleimane.

Des res­pon­sables égyp­tiens se sont entre­tenus, ces der­nières semaines, avec des repré­sen­tants des dif­fé­rentes fac­tions pales­ti­niennes pour pré­parer le dia­logue censé mettre fin à la crise née de la vio­lente prise de pouvoir par le Hamas à Gaza, en juin 2007, au détriment du Fateh, le parti du pré­sident Mahmoud Abbas. Ce dia­logue est prévu pour début novembre, mais pourrait être avancé si les dif­fé­rents partis en conviennent, selon des res­pon­sables palestiniens.

M. Zahar a affirmé que le Hamas « fera tout pour assurer le succès du dia­logue », tout en excluant des conces­sions de son mou­vement sans contre­partie. « Le but de ces ren­contres est de revenir à la situation géo­gra­phique, poli­tique et admi­nis­trative qui pré­valait (avant la prise de contrôle de Gaza par le Hamas), mais pas à n’importe quel prix », a-​​t-​​il prévenu.

Le Fateh estime que le dia­logue doit déboucher sur la for­mation d’un gou­ver­nement de consensus chargé de pré­parer de nou­velles élec­tions pré­si­den­tielle et légis­la­tives dans les ter­ri­toires pales­ti­niens. Le Hamas, qui domine le Par­lement pales­tinien élu en janvier 2006 pour quatre ans, veut pour sa part une nou­velle élection pré­si­den­tielle seulement.

Le chef du groupe par­le­men­taire du Fateh, Azzam al-​​Ahmad, a affirmé à Ramallah que son mou­vement était favo­rable à la mise en place d’un « gou­ver­nement tran­si­toire de consensus national » et refu­serait un gou­ver­nement d’union avec le Hamas. « Un tel gou­ver­nement ne pourra être formé qu’après la tenue d’élections pré­si­den­tielle et légis­la­tives », a-​​t-​​il affirmé, accusant le Hamas de « poser une nou­velle condition chaque jour ».

Les députés du Hamas ont annoncé, lundi lors d’une réunion à Gaza, qu’ils ne recon­naî­traient plus M. Abbas comme pré­sident de l’Autorité pales­ti­nienne après le 8 janvier 2009, estimant que son mandat expire à cette date. La Loi fon­da­mentale, Consti­tution de l’Autorité pales­ti­nienne, invoquée par le Hamas, fixe à quatre ans le mandat du pré­sident, et M. Abbas a été élu le 8 janvier 2005. La loi élec­torale, sur laquelle s’appuie le Fateh, stipule elle que les élec­tions pré­si­den­tielle et légis­la­tives doivent se tenir en même temps, ce qui revien­drait à pro­roger le mandat de M. Abbas d’un an, puisque le Par­lement actuel dominé par le Hamas avait été élu en janvier 2006 pour quatre ans.