Dexia Israël : le vent tourne

Financité, mardi 2 juin 2009

La plate-​​forme « Palestine occupée, Dexia impliquée » rap­pelle à l’entreprise Dexia et à ses action­naires que la colo­ni­sation des ter­ri­toires occupés est illégale, au regard du droit inter­na­tional. Et qu’en finançant le déve­lop­pement de telles colonies, cette banque bafoue son propre code de conduite.

Le 13 mai 2009, des repré­sen­tants de la plate-​​forme inter­ve­naient dans l’assemblée des action­naires de Dexia pour ques­tionner Mes­sieurs Dehaene et Mariani sur les crédits actuel­lement consentis aux colonies.

Les réponses fournies lors de l’AG et au travers de dif­fé­rents médias, manquent quelque peu de clarté mais pour l’heure, Dexia évoque 5 mil­lions € engagés entre 2001 et 2008 dans ces « entités contestées » et 8 mil­lions € investis à Jéru­salem en ce compris Jéru­salem Est qui se déve­loppe au-​​delà de la ligne verte, fron­tière consacrée par les accords inter­na­tionaux. Par ailleurs, il est question de contrats signés entre 2005 et 2007 pour une durée de 12 ans, visant des finan­ce­ments de Dexia garantis par l’Etat israélien, à 80 com­munes dont 7 colonies en ter­ri­toires occupés.

60 asso­cia­tions et com­munes belges ont rejoint cette plate-​​forme et 22 autres com­munes ainsi qu’une pro­vince ont voté une motion à ce sujet, en tant qu’actionnaires de Dexia via le holding communal.

Les syn­dicats actifs au sein de Dexia relaient à présent l’interpellation, et à l’étranger, le mou­vement rebondit : ainsi, des orga­ni­sa­tions israé­liennes ont demandé au Fonds Nor­végien du Pétrole de ne plus investir dans l’entreprise Dexia.

A l’heure où le Congrès amé­ricain appelle Neta­nyahu à mettre fin à la colo­ni­sation de la Palestine, ces pres­sions mul­tiples sur un acteur financier majeur en Europe rap­pellent les meilleures heures de la lutte anti-​​apartheid.

Puissent ces démarches com­plé­men­taires porter des fruits… Les moins amers possible.