Deux trêves ont été signées cette semaine entre le Hamas au pouvoir à Gaza et l’Etat hébreu, pour arrêter la vague de vio­lence qui plane sur les deux camps.

Maha Salem, mercredi 27 juin 2012

Plusieurs trêves, aucune avancée

Comme prévu, la trêve entre le Hamas, au pouvoir à Gaza, et Israël était menacée samedi dernier après une nou­velle série de tirs de roquettes contre l’Etat hébreu et de raids israé­liens, qui a fait deux morts pales­ti­niens et plu­sieurs blessés, dont un Israélien.

En pre­mière réaction, le premier ministre israélien, Benyamin Neta­nyahu, a menacé dimanche d’agir « encore plus fer­mement » contre les tirs de roquettes depuis la bande de Gaza, si la trêve fragile annoncée n’était pas res­pectée. « Concernant la situation dans le sud, l’armée israé­lienne a agi fer­mement contre ceux qui tentent de nous atteindre, et si néces­saire, elle agira encore plus fer­mement », a déclaré M. Neta­nyahu. « Notre poli­tique est d’agir avec force pour assurer le calme et la sécurité des habi­tants du sud d’Israël », a-​​t-​​il affirmé.

A son tour, le Hamas s’est dit prêt à res­pecter une trêve avec Israël, sous réserve de réci­procité, après une nou­velle journée de vio­lences. Le Hamas et « les fac­tions de la résis­tance pales­ti­nienne res­pec­teront la trêve tant que les (forces) de l’occupation en font de même, et c’est ce que nous avons dit à nos frères égyp­tiens qui nous ont demandé de cesser le feu », a déclaré un diri­geant du Hamas, Ayman Taha. Les bri­gades Ezzedine Al-​​Qassam, bras mili­taire du Hamas, avaient aupa­ravant menacé de « répondre à l’agression » israé­lienne et de rompre offi­ciel­lement le fragile cessez-​​le-​​feu.

Après une nou­velle vague de tirs de roquettes contre Israël et les bom­bar­de­ments israé­liens sur la bande de Gaza, une trêve a été signée mer­credi dernier entre eux sous médiation égyp­tienne et sous réserve de réci­procité, afin de tenter de mettre fin au nouveau cycle de vio­lences. Res­pectée pour quelques jours, la trêve a été rompue sur le terrain à la suite d’une reprise des vio­lences et elle a été une nou­velle fois renou­velée, samedi dernier.

Dans le même temps, les bri­gades Al-​​Qassam, qui étaient restées depuis plus d’un an à l’écart des hos­ti­lités entre d’autres fac­tions armées de Gaza et Israël, avaient reven­diqué le tir de 120 roquettes en direction d’Israël. « Si notre réponse n’est pas suf­fi­sante pour envoyer un message à l’ennemi, nous sommes prêts à répondre à son agression », ont-​​elles menacé samedi, quelques heures avant la reprise de la trêve. Des mili­tants pales­ti­niens ont inten­sifié samedi leurs tirs de roquettes sur le ter­ri­toire israélien. Les auto­rités israé­liennes ont demandé à la popu­lation du sud du pays de rester chez elle ou de ne jamais s’éloigner des abris anti­aé­riens. L’état-major israélien s’est réuni d’urgence pour décider de la marche à suivre face à ce regain de violence.

« Israël ne peut pas se taire face à ce qui se passe depuis quelques jours », a dit le ministre de la Défense civile, Matan Vilnai. « Nous consi­dérons le Hamas comme tota­lement res­pon­sable de tout ce qui se passe à Gaza. Israël agit et conti­nuera à agir d’une main ferme contre les ter­ro­ristes », a-​​t-​​il ajouté. Les tirs de roquettes pales­ti­niennes n’ont pas été reven­diqués, mais, selon une source israé­lienne, ils seraient dus à des mili­tants d’un petit groupe sala­fiste. Il s’agit d’une série de trêves signées entre les deux camps, mais elles sont souvent rompues après des vagues de vio­lence causant la mort de plu­sieurs Palestiniens.