Des sanc­tions contre Israël main­tenant, pas de ren­for­cement des rela­tions avec l’Union européenne !

Michel Warschawski, dimanche 7 décembre 2008

Pendant qu’Israël empêche les livraisons d’aide huma­ni­taire à Gaza, l’UE veut ren­forcer les rela­tions d’Israël avec la Com­mu­nauté européenne.

“Gaza brûle”, écrit la mili­tante fran­çaise Liliane Cordova Kac­zer­ginski, en citant les paroles d’une célèbre chanson racontant l’histoire d’un village juif détruit par les nazis. Comme il y a 60 ans, Gaza brûle et le monde se tait, attendant l’issue d’un pro­cessus de paix inexistant. « Une entité hostile », c’est la façon dont les diri­geants israé­liens ont défini il y a un an, un ter­ri­toire dans lequel 1.500.000 de civils, de femmes, de vieillards et d’enfants essayent de sur­vivre. En tant que tel, l’Etat d’Israël a le droit, en fait le devoir, de lancer contre lui une guerre d’annihilation.

Il y a quelques années, la défunte Tanya Reinhart utilisa le mot “génocide” pour décrire la féroce répression exercée sur les Pales­ti­niens dans les ter­ri­toires occupés par Israël. J’ai fait partie de ceux qui l’ont cri­tiquée pour avoir utilisé un concept trop fort. De là où tu es main­tenant, pardonne-​​moi Tanya, parce que tu avais raison, tu voyais la vraie nature du projet israélien et moi j’avais com­plè­tement tort : l’Etat d’Israël mène un génocide rampant contre le peuple de Gaza en uti­lisant l’arme de la famine, des cou­pures d’électricité, de la pri­vation d’eau potable, en pro­vo­quant des épidémies et en empê­chant les soins médicaux essentiels.

Gaza est en état de siège et le cri­minel de guerre Ehoud Barak vient juste d’ordonner la réduction de moitié de l’aide huma­ni­taire d’urgence envoyée par les Nations Unies. Quand Sarajevo subissait un siège cri­minel de la part de l’armée serbe et des milices, la com­mu­nauté inter­na­tionale a réagi par des sanc­tions sévères, un boycott du régime you­go­slave et le bom­bar­dement de Bel­grade. Quand l’Irak a occupé le Kuweit, la com­mu­nauté inter­na­tionale a lancé une offensive mili­taire contre l’Irak et décidé d’un embargo radical qui a pro­voqué la mort de cen­taines de mil­liers d’enfants inno­cents. Aujourd’hui, la même com­mu­nauté inter­na­tionale est com­plè­tement muette face au martyre de Gaza. Il est de notre devoir, et du devoir des sociétés civiles du monde entier, d’exiger des ins­ti­tu­tions inter­na­tio­nales et des gou­ver­ne­ments des actions urgentes et dras­tiques contre Israël, un Etat qui viole les règles élémen­taires de la loi inter­na­tionale, des cen­taines de réso­lu­tions de l’ONU et toutes les conven­tions des­tinées à pro­téger les droits humains.

Les crimes de guerre commis par l’Etat d’Israël contre la popu­lation de Gaza l’excluent de la com­mu­nauté des Nations. Comme l’Afrique du Sud de l’apartheid, il devrait être sanc­tionné et boy­cotté et non récom­pensé par un ren­for­cement de l’accord de par­te­nariat avec l’Union européenne.

En tant que citoyen israélien, j’attends de l’Union euro­péenne qu’elle nous aide à mettre la pression sur notre gou­ver­nement pour qu’il cesse ses crimes contre la popu­lation pales­ti­nienne de Gaza. En récom­pensant Israël avec un ren­for­cement de ses rela­tions avec la com­mu­nauté euro­péenne, le message de l’Union euro­péenne est une honte qui devrait être condamnée et com­battue par tous les Euro­péens attachés à la dignité humaine.