Des députés pales­ti­niens appellent à cesser les attaques contre les Pales­ti­niens de Saint-​​Jean d’Acre

Amin Abou Warda et Maisa Abu Ghazaleh, samedi 11 octobre 2008

Jamal Zahalka de l’Assemblée nationale démo­cra­tique à la Knesset israé­lienne a demandé d’intervenir rapi­dement pour arrêter les attaques contre les Pales­ti­niens à Saint-​​Jean d’Acre.

Des jeunes juifs avaient commencé les attaques dans la ville il y a deux jours.

Zahalka a appelé à prendre de mesures concrètes pour mettre fin à ce qui pourrait dégé­nérer dans une « véri­table catas­trophe », dit-​​il, si les foules qui agressent les citoyens arabes ne sont pas arrêtées.

Wasil Taha, un autre membre pales­tinien de l’Assemblée nationale démo­cra­tique à la Knesset, a parlé avec le ministre israélien de la Sécurité inté­rieure Avi Dichter, pour trouver une solution.

Il a évoqué la situation « dan­ge­reuse » et « cri­tique » à Saint-​​Jean d’Acre, où « des extré­mistes de quar­tiers juifs ont attaqué les quar­tiers arabes, en détruisant des biens. »

Taha a exigé la ces­sation immé­diate des attaques qui, dit-​​il, res­semblent à des pogroms.

Après l’attaque sur des maisons pales­ti­niennes advenue la nuit de mer­credi à jeudi à l’est de Saint-​​Jean d’Acre, des affron­te­ments ont eu lieu jeu­disoir dans les rues de la ville mixte en ter­ri­toire israélien.

Des rési­dents juifs ont lancé des pierres sur la voiture de Ahmed Shaban et assiégé sa maison. Le membre pales­tinien de la Knesset israé­lienne, Abas Zkoor, figure parmi les vic­times. Il a fait porter l’entière res­pon­sa­bilité au ministre de la Sécurité inté­rieure israé­lienne et à la police.

Il a déclaré : « Environ 15 per­sonnes se trou­vaient dans la maison de Shaban et des cen­taines de jeunes juifs ont jeté des pierres sur des maisons dans le quartier en brisant les voi­tures, y compris la mienne. »

« J’ai été constamment en contact avec la police de Saint-​​Jean d’Acre, qui n’a pas réussi à trouver assez d’agents pour nous pro­téger et nous faire sortir de la maison assiégée. Des cen­taines de citoyens arabes sont venus dans le quartier quand ils ont entendu l’appel à nous venir en aide à travers les haut-​​parleurs de la mosquée. La police a cherché à les disperser. »

Zkoor a ajouté : « La police n’a pas réussi à résoudre le pro­blème. J’ai alors proposé au chef de police de venir avec une force de police jusqu’à la maison, de façon que je puisse m’adresser à la foule des Arabes et la calmer. Les jeunes juifs ont jeté des pierres sur nous, mais nous avons réussi à sortir et à parler à la foule. »

Le membre de la Knesset a ensuite exhorté les Pales­ti­niens à retourner dans leurs foyers, après avoir assuré que per­sonne n’était en danger. « Mais lorsque les Arabes ont com­mencé à retourner chez eux, des cen­taines de jeunes juifs ont recom­mencé à lancer des pierres. Les Pales­ti­niens ont ensuite refusé de retourner dans leurs foyers en raison de cette inti­mi­dation raciste ».

Le fonc­tion­naire a dit : « J’incombe la pleine res­pon­sa­bilité à la police et au ministre de la Sécurité inté­rieure Avi Dichter. »

Hier soir jeudi, les Palestiniens ont commencé à combattre dans les rues.

Par ailleurs, tou­jours selon Maisa Abou Gha­zaleh de PNN, suite à une incursion des fon­da­men­ta­listes à la mosquée Al Aqsa le Waqf a fermé plu­sieurs sec­tions de la mosquée Al-​​Aqsa depuis mer­credi, dans une ten­tative de pro­téger le lieu saint de l’assaut de groupes juifs, y compris des rabbins et des hommes poli­tiques israéliens.

La Fon­dation Al-​​Aqsa pour la pré­ser­vation du patri­moine isla­mique a émis un aver­tis­sement après avoir reçu des infor­ma­tions concernant l’intention des fon­da­men­ta­listes d’accéder au lieu saint.

Chaque année des groupes de juifs cherchent à accéder à l’Esplanade lors de Yom Kippour, la fête juive du Grand Pardon, com­mencée mer­credi soir.

Une foule de 100 juifs environ criait des slogans anti-​​musulmans, alors que d’autres accom­plis­saient des rites reli­gieux, dans la cour hors de la mosquée. Un membre due la Knesset, Uri Ariel, était présent également.

Des fon­da­men­ta­listes ont considéré cette action comme un « pèle­rinage », alors que d’autres ont dit qu’il s’agissait d’une « mission pour mettre fin à la Fon­dation Al Aqsa ».

Le Waqf et la Fon­dation Al-​​Aqsa ont demandé une pré­sence plus impor­tante à l’intérieur de la mosquée au cours de Yom Kippour, afin de pro­téger le lieu saint. His­to­ri­quement, c’est lors de cette fête juive que les agres­sions contre les Pales­ti­niens aug­mentent chaque année.

Le directeur du Waqf à Jéru­salem a dit : « Nous rejetons caté­go­ri­quement les pra­tiques israé­liennes et celles des extré­mistes qui consi­dèrent avoir le droit attaquer la sainte mosquée d’Al-Aqsa. ».