Depuis Annapolis les attaques israéliennes contre Gaza ont fait 113 morts

Initiative nationale palestinienne, vendredi 18 janvier 2008

"Ce que fait Israël au peuple de Gaza est un crime. Ce siège est une punition col­lective, en vio­lation fla­grante du droit huma­ni­taire inter­na­tional, qui ne ren­contre qu’un silence total de la part de la com­mu­nauté inter­na­tionale. De plus, Israël a inten­sifié ses attaques contre la bande de Gaza depuis Anna­polis, tuant 113 Gazaouis et en blessant 270 autres."

Ramallah, 15 janvier : la mort de 15 Pales­ti­niens tués par l’armée israé­lienne lors d’une opé­ration à l’aube, aujourd’hui 15 janvier, sur la bande de Gaza­porte le nombre de Gazaouis tués depuis la ren­contre d’Annapolis pour la paix à 113, dont 52 tués depuis seulement début 2008 [1]. Au total, 121 Pales­ti­niens ont été tués depuis Anna­polis en Cis­jor­danie et dans la bande de Gaza.

Husam Zahhar, Rami Farhat, Ahed Ashour, Mahmoud Abu Laban, Radwan Odeh, Taleb Al Mughani, Khallil Mudallal, Mustafa Salim et Tafish Asad (67 ans) ont été tués par des tirs d’artillerie dans une attaque ter­restre et aérienne de l’armée israé­lienne lancée sur Sejaiyeh et Zaitoun, des quar­tiers de la ville de Gaza, ce matin.

Ces opé­ra­tions se pro­duisent juste le len­demain où trois Gazaouis ont été tués par des tirs d’avions israé­liens sur la voiture dans laquelle ils se dépla­çaient à Gaza ville. Deux autres étaient gra­vement blessés dans l’agression. De tels meurtres repré­sentent une forme d’assassinats extra­ju­di­ciaires et sont illégaux au regard de l’article 3 * de la Qua­trième Convention de Genève. En outre, ces assas­sinats sont des meurtres déli­bérés et à ce titre sont qua­li­fiables de crimes de guerre en vertu de l’article 147 ** de la Convention.

Le secré­taire général d’Initiative nationale pales­ti­nienne (PNI), le Dr Mustafa Bar­ghouthi, député, a condamné ces meurtres et vili­pendé Israël pour son hypo­crisie, dis­cutant de la paix tout en main­tenant une poli­tique mani­feste d’assassinats et d’agressions contre le peuple palestinien.

« Ce que fait Israël au peuple de Gaza est un crime. Ce siège est une punition col­lective, en vio­lation fla­grante du droit huma­ni­taire inter­na­tional, qui ne ren­contre qu’un silence total de la part de la com­mu­nauté inter­na­tionale. De plus, Israël a inten­sifié ses attaques contre la bande de Gaza depuis Anna­polis, tuant 113 Gazaouis et en blessant 270 autres. Israël a tou­jours pour­suivi ses bom­bar­de­ments contre Gaza, avant, pendant et après la visite du pré­sident US, George Bush » dit le Dr Barghouthi.

« Israël ne peut parler de paix tout en faisant la guerre » a-​​t-​​il ajouté. « Si Israël veut vraiment la paix alors, pour ce qui concerne Gaza, alors il doit mettre fin immé­dia­tement au siège et cesser son agression contre le peuple gazaoui, il doit revenir sur sa décision de déclarer Gaza "entité ennemie" et appliquer un cessez-​​le-​​feu global et réciproque ».

* Article 3 de la Qua­trième Convention de Genève : En cas de conflit armé ne pré­sentant pas un caractère inter­na­tional et sur­gissant sur le ter­ri­toire de l’une des Hautes Parties contrac­tantes, chacune des Parties au conflit sera tenu d’appliquer au moins les dis­po­si­tions suivantes :

1) Les per­sonnes qui ne par­ti­cipent pas direc­tement aux hos­ti­lités, y compris les membres de forces armées qui ont déposé les armes et les per­sonnes qui ont été mises hors de combat par maladie, blessure, détention, ou pour toute autre cause, seront, en toutes cir­cons­tances, traitées avec humanité, sans aucune dis­tinction de caractère défa­vo­rable basée sur la race, la couleur, la religion ou la croyance, le sexe, la nais­sance ou la fortune, ou tout autre critère analogue.

A cet effet, sont et demeurent pro­hibés, en tout temps et en tout lieu, à l’égard des per­sonnes men­tionnées ci-​​dessus :

a) les atteintes portées à la vie et à l’intégrité cor­po­relle, notamment le meurtre sous toutes ses formes, les muti­la­tions, les trai­te­ments cruels, tor­tures et supplices ;

b) les prises d’otages ;

c) les atteintes à la dignité des per­sonnes, notamment les trai­te­ments humi­liants et dégradants ;

d) les condam­na­tions pro­noncées et les exé­cu­tions effec­tuées sans un jugement préa­lable, rendu par un tri­bunal régu­liè­rement constitué, assorti des garanties judi­ciaires reconnues comme indis­pen­sables par les peuples civilisés.

2) Les blessés et les malades seront recueillis et soignés.

Un orga­nisme huma­ni­taire impartial, tel que le Comité inter­na­tional de la Croix-​​Rouge, pourra offrir ses ser­vices aux Parties au conflit.

Les Parties au conflit s’efforceront, d’autre part, de mettre en vigueur par voie d’accords spé­ciaux tout ou partie des autres dis­po­si­tions de la pré­sente Convention.

L’application des dis­po­si­tions qui pré­cèdent n’aura pas d’effet sur le statut juri­dique des Parties au conflit.

** article 147 : Les infrac­tions graves visées à l’article pré­cédent sont celles qui com­portent l’un ou l’autre des actes sui­vants, s’ils sont commis contre des per­sonnes ou des biens pro­tégés par la Convention : l’homicide inten­tionnel, la torture ou les trai­te­ments inhu­mains, y compris les expé­riences bio­lo­giques, le fait de causer inten­tion­nel­lement de grandes souf­frances ou de porter des atteintes graves à l’intégrité phy­sique ou à la santé, la dépor­tation ou le transfert illégaux, la détention illégale, le fait de contraindre une per­sonne pro­tégée à servir dans les forces armées de la Puis­sance ennemie, ou celui de la priver de son droit d’être jugée régu­liè­rement et impar­tia­lement selon les pres­crip­tions de la pré­sente Convention, la prise d’otages, la des­truction et l’appropriation de biens non jus­ti­fiées par des néces­sités mili­taires et exé­cutées sur une grande échelle de façon illicite et arbitraire.

[1] Ce sont en fait 19 per­sonnes qui ont été tuées à Gaza le 15 janvier : , 7 le 16 janvier dont un enfant, 7 autres le 17 : <span class="numbers">17</span> janvier, Jabalyia, et encore trois à Gaza et une en Cis­jor­danie ce 18 janvier. De plus les auto­rités d’occupation ont "cade­nassé" la bande de Gaza depuis hier. Même l’entrée des denrées huma­ni­taires est interdite. Olmert annonce "une guerre sans merci".