Défis de l’après retrait

Isabelle Avran, Pour la Palestine n°47, lundi 17 octobre 2005

Gaza /

Le retrait de la bande de Gaza des colons et de l’armée israé­liens, entamé mi-​​août, s’est achevé le 12 sep­tembre. L’évacuation de quelque 8000 à 8500 colons, ainsi que de 500 autres de quatre petites colonies isolées en Cis­jor­danie, où s’intensifie par ailleurs la colo­ni­sation, spé­ci­fi­quement à Jéru­salem, a été hau­tement média­tisée. Ariel Sharon, pour­suivant la construction du mur d’annexion en vio­lation de l’arrêt de la CIJ, de la décision des Nations unies et du droit inter­na­tional, reven­dique un triple refus : refus d’un retour aux fron­tières de 1967, refus de négo­cia­tions sur Jéru­salem, refus du droit au retour des réfugiés pales­ti­niens. Pourtant, la com­mu­nauté inter­na­tionale se félicite, fei­gnant de croire que ce désen­ga­gement prélude à d’autres phases de mise en oeuvre sinon du droit inter­na­tional du moins de la « feuille de route ».

Rafah célèbre ses retrou­vailles. Située au sud de la bande de Gaza, à la fron­tière égyp­tienne, la petite ville pales­ti­nienne, lour­dement endeuillée par le déploiement de force mili­taire israélien, vient de vivre près de cinq années de des­truc­tions sys­té­ma­tiques. Des cen­taines de mètres carrés, au sud, res­semblent à un vaste champ de ruines. En cette fin d’été 2005, dans la ville coupée en deux depuis la mise en oeuvre des accords israélo-​​égyptiens de Camp David, voici plus de vingt ans, la foule sub­merge la fron­tière. Les familles qui, « telles des fruits coupés en deux » com­mentait alors une habi­tante, ne pou­vaient plus, dans le meilleur des cas, que se parler par haut-​​parleurs de part et d’autre d’un no man’s land sous haute sur­veillance, refont connais­sance. Après le départ des colons et du dernier soldat d’occupation de la bande de Gaza, ce 12 sep­tembre, la mul­titude a débordé les garde-​​frontières égyp­tiens qui, aux pre­miers jours, l’ont laissée passer. Et ces images ne sont pas sans en rap­peler d’autres, celles des mou­ve­ments qui ont suivi, après le 9 novembre 1989, la des­truction du mur de Berlin, pour découvrir l’autre côté. Ici, il s’agit de tester le plaisir simple et inédit du dépla­cement, de la cir­cu­lation, après des années de bou­clages, d’attentes aux checks-​​points et d’arbitraire, de péri­mètres de vie limités à quelques cen­taines de mètres… Mais aussi d’espérer trouver en Egypte, jusqu’à al-​​Arich, dans le Sinaï, des denrées devenues trop rares dans ce petit morceau de ter­ri­toire où l’occupation a empêché tout déve­lop­pement écono­mique et où l’enfermement imposé a réduit la majorité de la popu­lation à la pau­vreté. Médi­ca­ments introu­vables, essence, vivres, ciga­rettes, ont à leur tour franchi les bar­belés découpés, cette fois d’Egypte vers Gaza. D’autres ont juste voulu voir, retrouver ces terres, 40% du ter­ri­toire de la bande de Gaza, que quelque 8000 à 8500 colons se par­ta­geaient après leur confis­cation aux paysans pales­ti­niens, et où l’armée d’occupation n’a laissé que des tonnes de décombres. Voir, récu­pérer, ou même parfois chercher à venger sym­bo­li­quement des années d’oppression en détruisant ce que la même armée avait choisi de laisser debout. D’autres encore ont regoûté aux plaisirs jusqu’alors interdits de la plage, réservés peu avant aux colons. Gaza s’est octroyé un répit d’euphorie. Faute de pouvoir croire à un début de normalité.

Victoire inachevée

Car nul se fait d’illusions. Ni sur les moti­va­tions israé­liennes, clai­rement affi­chées, ni sur les contours d’un nouveau mor­cel­lement imposé, non plus seulement entre Pales­ti­niens de « l’intérieur », ceux vivant sous occu­pation et ceux contraints à l’exil, mais également par ce nouveau zonage des destins entre Gaza et Cis­jor­danie. Ni même sur l’avenir immédiat de la bande de Gaza tou­jours pri­son­nière de fron­tières closes. Pourtant, dans ce morceau de terre, la résis­tance a fêté comme une vic­toire le départ du dernier soldat israélien après trente-​​huit ans d’occupation. Mais une vic­toire inachevée. Tel est du reste le double message du défilé organisé, mi-​​septembre, par quelque 10 000 mili­tants du Hamas, armes à la main. Il s’agissait pour eux tout à la fois de reven­diquer le retrait de Gaza comme un succès de la lutte armée et de signifier dans la rue que les milices ne ren­draient pas les armes tant que l’occupation de la Palestine se pour­sui­vrait. Un message destiné aux forces israé­liennes, mais aussi à l’Autorité palestinienne.

En fait, même si les chan­cel­leries affichent une léni­fiante méthode Coué, saluant, jusqu’à la tribune des Nations unies, garantes négli­gentes d’un droit inter­na­tional pris en otage, le « courage » et « l’efficacité » d’Ariel Sharon pour la célérité impec­cable de ce retrait, et faisant mine de le consi­dérer comme un début, les projets et les actes du gou­ver­nement israélien sont connus. Il n’en fait aucun mystère. Voici plu­sieurs mois déjà, on s’en sou­vient, Dov Weis­glass, conseiller d’Ariel Sharon, défi­nissait le retrait de Gaza comme ce qui doit per­mettre aux diri­geants israé­liens de « geler dans le formol » toute pers­pective de négo­ciation et de solution poli­tiques. Shimon Pérès, vice-​​Premier ministre, ne dit pas autre chose : dans un entretien au Monde, réclamant le désar­mement des orga­ni­sa­tions pales­ti­niennes, il assure que l’on ne négocie pas sous la contrainte des armes. Comme si l’occupation ne réduisait une popu­lation à la contrainte per­ma­nente des chars, et des bull­dozers. Comme si la négo­ciation n’avait pré­ci­sément pour objectif d’y mettre un terme. Ariel Sharon, après lui, a réitéré son triple refus : refus d’un retour aux fron­tières de 1967 et avec lui projet d’annexion des grands blocs de colonies, refus de toute négo­ciation sur Jéru­salem, refus du droit au retour des réfugiés pales­ti­niens. Tandis que 8000 colons quit­taient le petit ter­ri­toire de Gaza, il entamait dans le silence bien­veillant de la diplo­matie inter­na­tionale la construction de nou­velles colonies en Cis­jor­danie, prin­ci­pa­lement entre Ma’ale Adumim et Jéru­salem, et répétait son refus de se conformer aux recom­man­da­tions de la Cour inter­na­tionale de Justice. La construction du mur d’annexion se pour­suivra. Entre août 2004 et août 2005, ce sont plus de 12.000 colons sup­plé­men­taires qui se sont ins­tallés en Cis­jor­danie… Aux dos­siers essen­tiels qui concernent la fin de l’occupation s’adjoignent cependant aujourd’hui de nou­velles ques­tions. Elles concernent tout d’abord l’avenir immédiat de la bande de Gaza elle-​​même.

Le défi du développement

Près d’un million et demi de Pales­ti­niens, dont au moins 900.000 réfugiés pour la plupart dans des camps, vivent dans la bande de Gaza. Ils viennent de subir trente-​​huit années d’occupation. En 1971-​​1972, déjà, Ariel Sharon avait entamé la des­truction sys­té­ma­tique de ses infra­struc­tures, envoyé les chars raser une partie des camps de réfugiés, décimer la résis­tance et anéantir son enca­drement poli­tique. Béné­fi­ciant d’une aide écono­mique géné­reuse des gou­ver­ne­ments israé­liens suc­cessifs, s’appuyant sur l’omniprésence de l’armée censée « défendre » ces « pion­niers » du « Grand Israël », les colons de Net­zarim s’étaient ins­tallés les pre­miers, en 1972, se déployant dans les der­nières années du régime tra­vailliste. Les vingt-​​et-​​une colonies de la bande de Gaza occu­paient 40% des terres, les meilleures, mais uti­li­saient aussi près de 80% des réserves d’eau du ter­ri­toire. Ces cinq der­nières années, pour les Pales­ti­niens, ont été celles des bom­bar­de­ments, des démo­li­tions sys­té­ma­tiques, qu’il s’agisse des maisons ou de rares infra­struc­tures sani­taires comme les tout à l’égout ; celles de nou­veaux cou­vrefeux, de la pour­suite de l’enfermement et de l’étouffement, des assas­sinats ciblés ou non, dont les effets durables sont loin de se résumer à l’économie. Le siège imposé s’est pour­suivi durant les semaines de l’évacuation, jusqu’à entraver la rentrée sco­laire. Alors que la densité de popu­lation atteint près de 3 430 habi­tants au km2, soit l’une des plus élevées du monde, plus de 57% de la popu­lation du ter­ri­toire (selon le dernier rapport de la Banque mon­diale, près de 70% selon d’autres sources) vit aujourd’hui sous le seuil de pau­vreté avec moins de 2 dollars par jour. Ce taux était de 25% avant la répression massive qui s’est abattue contre l’Intifada. Le revenu annuel moyen par habitant est de 6.000 dollars (un peu plus de 19.000 en Israël, avec de fortes inéga­lités). Alors que 60% a moins de 18 ans, plus de la moitié de la popu­lation active, aujourd’hui, est réduite au chômage.

Le départ des colons et de l’armée ne signifie pas pour autant l’indépendance. D’abord parce que le gou­ver­nement israélien se réserve toute pos­si­bilité de frapper de nouveau. Ensuite, parce que reste entière la question du contrôle des res­sources, des fron­tières, du passage sûr vers la Cis­jor­danie, de l’accès à la mer, alors même qu’Israël se réserve le contrôle de l’espace aérien et entend maî­triser l’entrée et la sortie du ter­ri­toire, pour­suivant de fait le bou­clage exté­rieur de Gaza. Enfin, et peut-​​être surtout, parce que le départ des colons ne trans­forme évidemment pas Gaza en un embryon d’Etat : l’indépendance suppose de vraies pers­pec­tives poli­tiques de paix et des faits concrets …

Reste que les besoins écono­miques sont immenses. Si le déve­lop­pement écono­mique et social, impos­sible sans véri­table cir­cu­lation avec la Cis­jor­danie et l’extérieur, ne saurait se sub­stituer à une solution poli­tique, il n’en demeure pas moins indis­pen­sable. Au-​​delà des res­pon­sa­bi­lités d’Israël en la matière en tant que puis­sance occu­pante, la com­mu­nauté inter­na­tionale doit se mobi­liser. Plu­sieurs prio­rités ont été avancées, en par­ti­culier par la Banque mon­diale. Elles concernent la construction du port, la remise en état de l’aéroport dont la piste a été réduite à l’état de gravats par les bull­dozers israé­liens, les routes, les égouts, mais aussi le logement et la mise en place d’infrastructures écono­miques pour­voyeuses d’emplois utiles… Or rien n’est aujourd’hui assuré. Israël refuse tou­jours l’ouverture d’un aéroport qui per­met­trait le désen­cla­vement du ter­ri­toire. Les construc­tions, elles, dépendent entre autres de la libre cir­cu­lation des mar­chan­dises et des per­sonnes, qui demeure interdite. Le ter­minal de Karni subit tou­jours le « back to back », qui consiste au déchar­gement et au rechar­gement de camions à d’autres, sous entier contrôle israélien. Cela concerne non seulement les matières pre­mières et maté­riaux indis­pen­sables à toute construction, mais aussi les pro­duits agri­coles pales­ti­niens, les­quels pour­rissent sur pied alors que l’accès au marché de Cis­jor­danie reste fermé.

Les écono­mistes pré­voient un boom de la construction dopant tran­si­toi­rement l’économie. Le cheikh Khalifa, des Emirats arabes unis, se serait engagé à financer la construction de quelques mil­liers de loge­ments sur les décombres d’anciennes colonies d’où dans l’immédiat se pose la question de l’évacuation des gravats. Les dons prévus par la com­mu­nauté inter­na­tionale, (Union euro­péenne, Etats-​​Unis pour les infra­struc­tures, Japon pour cer­taines routes, pays arabes…) non négli­geables, semblent cependant loin de répondre à l’ampleur des besoins - alors que, dans le même temps, se poursuit l’aide écono­mique, finan­cière et mili­taire à l’Etat d’Israël… Les serres des colonies, restées en place, devraient quant à elles, selon le ministre pales­tinien du Plan Ghassan Khatib, assurer le maintien d’environ 4000 emplois. Le fonds pales­tinien d’investissement met en place à cet effet une com­pagnie spé­ciale pour leur gestion durant six pre­miers mois, avant une pri­va­ti­sation envi­sagée si un début de sta­bi­li­sation attire alors des inves­tis­seurs privés. Plu­sieurs axes de déve­lop­pement, assure-​​t-​​il, ont été par ailleurs débattus durant un an par les minis­tères concernés, les muni­ci­pa­lités (y compris donc avant les élec­tions), et le secteur privé. Ils portent sur l’agriculture, le tou­risme, l’exploitation des réserves natu­relles, l’industrie et le transport. La question du partage des terres sera aussi cen­trale. L’Autorité nationale pales­ti­nienne, qui annonce qu’elle recon­naîtra les titres de pro­priété (mais combien en pos­sèdent ?) considère qu’environ 97% seront terres d’Etat. Qui les gèrera et comment ? Quelle coor­di­nation sera mise en oeuvre pour en décider ? Ces ques­tions demeurent aujourd’hui posées.

Cependant, avance Sarah Roy, cher­cheuse à Harvard qui, depuis plu­sieurs années, consacre ses travaux à la situation écono­mique et sociale de la bande de Gaza, il n’est guère pos­sible d’envisager un déve­lop­pement autonome de celle-​​ci. La dévas­tation métho­dique du ter­ri­toire pendant près de qua­rante ans l’ont privé, au moins pour les années à venir, de tout potentiel. Même si les Pales­ti­niens béné­fi­cient de cadres et de tech­ni­ciens formés, les plus pauvres sont à bout de souffle, et la classe moyenne asphyxiée. Le déve­lop­pement suppose une conti­nuité ter­ri­to­riale sans entrave avec une Cis­jor­danie maî­tresse de ses res­sources et de son destin, une ouverture avec l’extérieur, mais aussi un rat­trapage de déve­lop­pement. On est donc très loin des fables de George W.Bush évoquant un « Etat démo­cra­tique à Gaza », résumant les aspi­ra­tions natio­nales et démo­cra­tiques pales­ti­niennes à ce ter­ri­toire qui repré­sente moins de 5% de la Palestine occupée…

Fait colonial irréversible : un tabou encore fécond…

En dépit des projets du gou­ver­nement israélien qui, pour déve­lopper en Cis­jor­danie les faits accomplis de la colo­ni­sation, s’appuie sur le crédit de temps octroyé par la com­mu­nauté inter­na­tionale après le désen­ga­gement de Gaza, ce retrait n’a-t-il pas cependant levé un tabou au sein de la société israé­lienne ? D’un côté, une mise en scène par­faite. L’affichage médiatisé d’une armée suf­fi­samment pré­parée pour éviter les vio­lences pro­mises par les plus extré­mistes des colons, efficace et humaine, faisant montre de com­passion vis-​​à-​​vis de colons résumés à la souf­france d’une évacuation pré­sentée comme un drame ou un trau­ma­tisme national. De l’autre pourtant, la fissure d’un mythe, qui concerne à la fois l’irréversibilité de la colo­ni­sation et le « Grand Israël ». Un retrait avait déjà eu lieu, celui des colonies du Sinaï après les accords israélo-​​égyptiens ; mais c’est la pre­mière fois qu’a lieu une évacuation de colonies en Palestine occupée. Épilogue d’un tabou, pré­curseur de nou­veaux déve­lop­pe­ments ? En réalité, la presse israé­lienne dévoile toute l’ambiguïté de cette logique. Un éditorial de Ma’ariv résume l’état d’esprit du consensus national, favo­rable au désen­ga­gement de Gaza, mais crispé sur la Cis­jor­danie  : « il faut espérer que les prag­ma­tiques l’emporteront et qu’ils feront enfin consensus avec le centre et la gauche pour conso­lider ce qui existe en Cis­jor­danie et renoncer à ce qui n‘existe pas ou ne devrait pas exister ». Ha’aretz ne dit pas autre chose : « C’est pré­ci­sément main­tenant que le gou­ver­nement devrait décider de pour­suivre sur sa lancée et se tourner vers la Cis­jor­danie pour en finir avec les colonies sau­vages, les implan­ta­tions minus­cules et les bandes de hors-​​la-​​loi ». Si la société est majo­ri­tai­rement favo­rable au plan Sharon, contrai­rement à la majorité de son parti, le Likoud, c’est pré­ci­sément que celui-​​ci s’inscrit dans une pers­pective de pour­suite de la colo­ni­sation de la Cis­jor­danie et d’annexion des grands blocs de colonies. Et aucune remise en cause du principe même de la colo­ni­sation n’est envisagée.

Les colons crient à la tra­hison d’Ariel Sharon qui assurait voici deux ans « Net­zarim est aussi impor­tante que Tel-​​ Aviv ». Ils ont été jusqu’à ins­crire le plan de retrait dans une nar­ration aussi linéaire qu’a-historique de l’Histoire qui le relierait à la des­truction du Temple par les Romains et au génocide des juifs d’Europe, dans le plus grand mépris des vic­times du nazisme, sus­citant l’indignation de thu­ri­fé­raires de la colo­ni­sation eux-mêmes…Pour autant, cela n’a pas empêché que le thème eth­ni­cisant selon lequel « des juifs expulsent des juifs » soit repris jusque dans les médias français, trans­formant le rapport au droit inter­na­tional en question iden­ti­taire. Le tabou est encore fécond dont se nourrit la colonisation.

Le défi de la communauté internationale

Dans un tel contexte, comment concilier la pour­suite de la lutte pour la libé­ration, l’exigence de négo­cia­tions fondées sur le droit, et la mise en place d’institutions démo­cra­tiques en dépit de l’occupation et du mor­cel­lement du ter­ri­toire ? Le défi auquel est confrontée l’Autorité pales­ti­nienne est d’autant plus immense que l’absence de pers­pective, la vio­lence de la stra­tégie israé­lienne et l’inertie de la com­mu­nauté inter­na­tionale nour­rissent les frus­tra­tions. Les Pales­ti­niens ont fait preuve d’une notable retenue durant l’évacuation des colons. L’ensemble des forces de résis­tance a alors res­pecté la trêve uni­la­térale négociée par l’ANP. Elles se pré­parent aux élec­tions légis­la­tives reportées à janvier 2006, qui recèlent de réels enjeux de pouvoir national et local. Pour autant, les impa­tiences légi­times se mani­festent d’autant plus qu’Ariel Sharon réfute tout projet de négo­ciation, exi­geant préa­la­blement le déman­tè­lement des forces armées de résis­tance. Exi­gence qu’il sait évidemment impos­sible tant que dure l’occupation. Le caractère uni­la­téral et non négocié du retrait de l’intérieur de la bande de Gaza libelle, du reste, cette stra­tégie. Une fois encore, face au triple refus israélien, la balle est du côté de la com­mu­nauté internationale.

Isabelle Avran